jeudi 17 avril 2008
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Périscoop : BAZOOKA
Merci, les autonomes !
Par Mohamed Bouhamidi>
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Existe-t-il une espérance Algérie ? Souvent les gens me posent cette question. Le temps de voir une Algérie combative leur semble long, très long et le poids des jours et des problèmes leur pèse sur les épaules. Dans une récente réunion de famille, après l’habituel tour d’horizon sur les problèmes, la liste interminable des difficultés quotidiennes et la conversation autour du couffin, si pénible à remplir de nos jours, un ancien des camps d’internement pendant la guerre de Libération pose la question à brûle-pourpoint : mais quand donc ce peuple se réveillera-t-il pour lutter pour ses droits ? Quand sortira- t-il de sa torpeur ? Il accepte de voir les prix flamber tous les jours sans réagir.
Bien sûr, dans sa tête, il est trop vieux pour faire quelque chose et, au fond, il pense qu’il a fait ce qu’il fallait faire à son époque. Il m’était très difficile de répondre qu’il valait mieux que ce peuple reste tranquille car s’il devait réagir par des émeutes telles qu’on les voit, il n’ira pas loin et surtout pas dans le bon sens. J’ai parlé des syndicats autonomes et de leur travail patient de mobilisation et de protestation sociale. Mais ce discours ne marchait pas car aucun des présents n’appartenait à la Fonction publique, personne n’était médecin, infirmier, enseignant et ces couches sociales imprécises de petits travailleurs indépendants sont plutôt impatientes et très rétives à l’organisation et aux constructions politiques patientes. Elles préfèrent «donner un bon coup», régler rapidement leurs problèmes et s’en retourner à leurs affaires. J’ai pensé à tout cela hier en apprenant la répression des autonomes. Ils étaient combien : 100 ou 150 militants syndicaux, hommes et femmes, à affronter ouvertement la police envoyée par le gouvernement ? Ce n’est pas beaucoup mais quel courage chez ces hommes et chez ces femmes, quelle conviction, quelle détermination dans le combat. Hier, ils n’étaient pas nombreux à engager l’aventure du syndicalisme autonome et aujourd’hui, ils sont présents sur toute l’étendue du territoire national. J’ai envie de dire à ceux qui me posent la question d’une Algérie plus vive, plus populaire, plus combative : mais regardez les autonomes ! Dans leur courage et dans leur détermination, je vois quelque chose du message des ancêtres qui n’ont pas cédé le pays, le territoire et le sens de la justice. Qui n’ont pas cédé l’espérance et la foi dans l’éveil tôt ou tard de notre peuple et de nos consciences. Rien que pour cela, nous devrions rendre un grand hommage à cette avant-garde des travailleurs et faire ce qu’il est possible de faire pour les aider, les soutenir, les renforcer. Merci les autonomes.
M. B.

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