jeudi 17 avril 2008
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Actualités : DÉBUT HIER DU 5E RECENSEMENT GÉNÉRAL DE LA POPULATION ET DE L'HABITAT
Au-delà des réponses, l'espoir d'une vie meilleure


Parole d’agent recenseur : les Algériens nourrissent l’espoir de voir leurs conditions de vie changer après le recensement.
Lotfi Mérad - Alger (Le Soir) Les autorités vont-elles nous donner du travail ? Allons-nous avoir un logement si nous répondons que nous sommes cinq familles à cohabiter dans un F2 ? Autant de questions des recensés qui viennent en réponse à celles des recenseurs. Deux exemples qui illustrent parfaitement l’espoir suscité auprès des citoyens par le 5e recensement général de la population et de l’habitat. Une réaction somme toute normale si l’on prend en compte le tapage médiatique fait autour de cette opération de collecte de données statistiques et qui a laissé croire aux simples citoyens qu’elle vise en premier lieu à «mieux orienter les programmes de développement en fonction des besoins réels des régions» et par la même occasion, améliorer leur situation tant au plan social qu’économique. Cependant et contrairement à l’effet escompté quant à une implication responsable du citoyen dans cette démarche, cette campagne a poussé certains recensés, tout particulièrement ceux vivant dans des conditions modestes, à «ne pas dire la vérité» pour reprendre Tahar Bedjiah, agent recenseur à Ouizrane, petit village de la wilaya de Béjaïa. Selon notre interlocuteur, «les gens évitent de donner des informations réelles concernant l’habitat et l’emploi par peur de se voir écartés des éventuels programmes futurs de développement dans ces deux secteurs ou de se voir privés des aides publiques». En charge d’un district couvrant 14 îlots, Tahar, jeune diplômé en sociologie, au chômage, estime que «dans l’ensemble, les opérations se déroulent dans de bonnes conditions à part quelques difficultés à aborder quelques sujets d’ordre privé». «Les familles algériennes étant conservatrices, nous devons jouer avec les mots pour poser certaines questions», nous dira-t-il. Avec son binôme, il est chargé de couvrir tout le village. Il a commencé son travail de recensement dès 8h du matin. Formulaires et stylo à la main, il fait du porte-à-porte, passant d’une maison à l’autre, d’une construction à l’autre. Il dispose de quinze jours pour accomplir sa mission pour laquelle il a suivi une formation d’une semaine. A la mi-journée, Tahar a réussi à recenser 5 constructions et 7 ménages. Tout compte fait, l’absence de coopération des citoyens, une attitude au demeurant compréhensible au regard de l’absence de crédibilité des pouvoirs publics, risque de remettre en cause la fiabilité des données de ce cinquième recensement pour lequel l’Etat a consacré 2,6 milliards de dinars et mobilisé plus de 60 000 agents.
Lotfi Mérad

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