Membre du comité central du mouvement palestinien Fatah chargé des relations extérieures, Abdallah Al Afrandji a démenti, catégoriquement, que l’Algérie ait, comme suggéré par certains médias, refusé d’accueillir le 6e congrès du mouvement. «On a été surpris par la publication d’une telle information. Nous n’avons pas exprimé le vœu de réunir notre congrès à Alger et, de leur côté, les autorités algériennes ne nous ont pas fait la proposition. La question n’a pas été au centre de notre entretien avec le chef du gouvernement», a-t-il affirmé, hier, lors d’une conférence de presse animée au siège de l’ambassade palestinienne à Alger.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Le responsable du Fatah
palestinien a expliqué que le 6e congrès du mouvement se tiendra en
Palestine, sinon dans un pays limitrophe de la Palestine. Al Afrandji
n’est pas allé jusqu’à révéler le pays qui accueillera ce conclave mais
tout porte à penser que ce sera la Jordanie. C’est en tout cas dans ce
pays que se tiendra samedi la réunion préparatoire du congrès.
Séjournant en Algérie depuis une semaine, Al Afrandji, qui conduit une
délégation du Fatah, a infirmé par ailleurs y être venu pour solliciter
une médiation algérienne dans le conflit qui oppose son mouvement au
Hamas. «On n’est pas venu pour solliciter une médiation algérienne.
C’est un conflit interne, complexe et il n’est pas évident de le régler
à travers une médiation. » Al Afrandji a souligné également qu’il ne
chemine pas sur les pas du Hamas, dont une délégation venait de
séjourner en Algérie. Selon lui, la décision de venir en Algérie a été
prise trois semaines avant de savoir que le Hamas s’y rendrait aussi.
Une pure coïncidence, donc, fait-il valoir. Le conférencier a saisi
l’opportunité de cette rencontre médiatique pour déplorer l’attitude de
la faction rivale, le Hamas qui fait fi des accords de La Mecque. Mais
il demeure qu’il parle du Hamas d’un ton apaisé, laissant même échapper
une disponibilité au dialogue, pour peu que le parti de Khaled Mechaâl
cesse de recourir aux armes. D’ailleurs, il a avoué n’exprimer aucune
réserve par rapport à la rencontre entre l’ancien président américain
Jimmy Carter et des responsables du Hamas prévue prochainement dans la
capitale égyptienne, Le Caire. «On n’a pas de réserves relativement à la
démarche de l’ancien président américain. Il a déjà eu à rencontrer
Khaled Mechaâl.» Interrogé sur l’attitude de certains Etats arabes, à
l’instar du Qatar, qui entretient des relations diplomatiques avec
Israël, Al Afrandji s’est montré extrêmement prudent et finement
diplomate. «Le Qatar, comme certains autres Etats arabes, a son propre
point de vue sur la question. Il pense qu’à travers l’entretien de cette
relation, il dispose d’un moyen d’influer sur Israël. Nous concernant,
on s’interdit de conseiller quiconque sur la position à adopter avec
Israël.» Cette réserve ne l’empêche cependant pas d’apprécier
positivement la position de l’Algérie. «La position de l’Algérie nous
appuie dans nos négociations. » Al Afrandji a souligné que l’Autorité
palestinienne ne peut pas s’offrir le luxe de rejeter les processus de
négociations, en ce sens que ces derniers leur évitent l’isolement
international. Il a dénoncé l’attitude des Israéliens qui travaillent à
vider les négociations de leur contenu et celle des Américains jugée
complaisante à l’égard d’Israël. Le responsable du Fatah a rencontré,
outre le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, Saïda Benhabylès et
Abderrahmane Chibane, le FLN, RND, PT, FNA, Ennahda, MSP et l’ONM.
S. A. I.
Présidentielle et législatives anticipées
Abdallah Al Afrandji a affirmé, hier, que le président palestinien,
Mahmoud Abbas (Abou Mazzen), garde toujours sa velléité d’organiser des
élections présidentielle et législatives anticipées. Le responsable du
Fatah a souhaité que le Hamas souscrive à cette démarche qui
travaillerait à dépasser l’enlisement.
S. A. I.
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