Erigée là où il ne fallait pas, sur la RN3, prestige oblige du temps des années fastes de l’industrialisation tous azimuts du pays, la cimenterie de Hamma Bouziane n’a cessé depuis de porter préjudice à l’homme et à l’environnement sur un rayon d’au moins 10 km. Didouche Mourad, Hamma Bouziane et une bonne partie de la ville de Constantine en sont les premières victimes et elles en souffrent jusqu’à nos jours ! Le riche potager de Constantine que fut jadis Hamma Bouziane s’est transformé en un périmètre inculte, grisâtre et monotone. Car les nuages de poussière de ciment ont eu raison des volontés les plus tenaces, des terres les plus fertiles, bref, de la vie tout court ! Imaginons l’effet que peut bien provoquer sur la santé publique et sur l’environnement, le déversement dans la nature de 6 000 q de cette substance solide polluante chaque année sur la région. Par un simple calcul d’épicier multiplions cette quantité par le nombre d’années d’existence de cette unité, soit 34 années : cela nous donnera quelque chose comme 20,4 millions de quintaux (204 000 tonnes), c’est tout simplement dramatique et criminel ! Mais où va mener cette conspiration du silence des responsables en charge de ce dossier ? A-t-on le droit de porter préjudice à la santé des populations et à leur bien-être pour une quelconque raison économique ? Plus grave encore, par négligence ou afin de ne pas débourser quelques milliards de centimes pour l’acquisition d’équipements adéquats (électro filtres). Ainsi, pour porter haut et fort les préoccupations d’une population décidée plus que jamais à faire entendre sa voix auprès des plus hautes autorités du pays, est née l’association Afak pour la protection de l’environnement. Créée à Didouche Mourad (Constantine) en décembre 2007 par des victimes de cette tragédie écologique, les responsables de ladite association, que préside M. Ouili Cherif, ont saisi, par un brûlot le directeur général de cette cimenterie avec une copie pour information au président de la République qui a, lui-même, sévèrement sermonné les responsables de cette entreprise (ERCE) lors de ses passages dans la région, et leur a demandé de prendre des mesures, mais en vain. D’autres copies ont également été adressées au wali de Constantine qui ne cesse de rappeler à chaque occasion l’application des recommandations techniques requises, aux présidents de l’APC de Didouche Mourad et de Hamma Bouziane. On mentionne dans cette requête que la situation dans la région est devenue intenable, que ce soit sur le plan de la santé publique (asthme, allergies et autres maladies pulmonaires qui prennent des proportions alarmantes), que sur le double plan écologique et économique. M. Cherif Rahmani, ministre de l’Environnement, qui se montre intransigeant quant à l’application stricte de la réglementation en vigueur, est donc vivement interpellé ! A. M’haïmoud
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