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Sellal l’a révélé devant les députés : «15 000 kilomètres de
canalisations d’eau potable sont contaminés par l’amiante.»
Quand je vous disais qu’il fallait arrêter l’eau et se mettre à autre
chose.
De plus fort !
Les chiffres sont officiels. La légende veut que les
chiffres officiels ne mentent jamais. Et là, que nous disent ces chiffres
officiels ? Que la population algérienne vieillit très vite, que d’ici à 20
ans, le ratio aura été inversé. Il y aura plus de seniors que de jeunes en
Algérie. Bonté divine ! Comment en est-on arrivé là ? Par quel cheminement
tortueux est-on passé du pays habité par une majorité de 70% de moins de 30
ans à cette contrée de vieillards ? Posons la question brutalement : où sont
les jeunes ? Lorsqu’on pose cette question, et que l’on est doté d’un
odorat normal, on doit pouvoir immédiatement ressentir les sensations
suivantes. Dans l’ordre ou dans le désordre, peu importe. On doit d’abord
sentir des embruns marins. Très forts. Surtout s’ils sont portés par une
brise arrivant du large par bourrasques rafraîchissantes et coquines dans leur
enchevêtrement. On doit aussi pouvoir déceler au pif cette odeur forte et
spécifique aux rivages portuaires, mélange entre de l’eau de mer chargée de
fioul, de restes macérés des cageots de chalutiers lavés à même les bassins
de mouillage, de sel en prise avec les rayons du soleil, de quantité d’objets
flottants ou semi-immergés, vestiges incertains de veillées imbibées autour d’histoires
de vieux loups de mer au nez et aux rêves cabossés. Et l’odorat n’est pas
le seul sens sollicité dans cette histoire. Car dès que l’on pose cette
question, «où sont passés les jeunes ?» nos oreilles doivent pouvoir
déceler le plouf des rames dans l’eau, mouvement cadencé par les ahanements
non moins cadencés des rameurs : «Han ! Han ! Han !» Le nez. Les oreilles. Si
après ces sollicitations des sens olfactifs et auditifs, vous ne trouvez
toujours pas de réponse à votre question «où sont les jeunes ?», il vous
restera toujours les yeux. Pour pleurer le retour de ces jeunes. Rejetés par
paquets par la mer. L’Algérie vieillit. Les chiffres officiels le confirment.
La bêtise elle est toujours aussi jeune et vigoureuse. Et cela, aucun chiffre
officiel ne vous le dira. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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