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Michèle Alliot-Marie : «Pour nous, l’Algérie est un
pays-clé.» Pour nous aussi, m’dame. C’est un pays
clé …
… des champs !
Je lis la dépêche et je manque m’étouffer : «L’expérience algérienne en
matière de dialogue social et de négociations collectives a fait l’objet
mercredi (hier), à Dakar, au Sénégal, d’un exposé présenté par Mohamed Khiat,
inspecteur général du travail au ministère du Travail, de l’Emploi et de la
Sécurité sociale.» Ya bouguelb ! L’expérience algérieeeeeeeeeeeenne en matière
de dialogue social ? Mais j’ai peur ! J’ai peur pour le Sénégal. J’ai peur pour
la stabilité de ce pays ami. J’ai la trouille pour ces compatriotes de
continent. Déjà que les équilibres en Afrique sont précaires, fragiles et à la
limite de la rupture, si en plus, il faut que nous leur enseignions notre
«méthode» de dialogue social, c’est foutu ! Bonjour les barricades ! Gare aux
pneus brûlés ! Attention aux grévistes qui s’immolent ! Gaffe aux taux de
suicide ! Tchakh ! Tchakh ! Les chiffres maquillés du chômage. Balak les plans
de recrutement d’un demi-million de personnes en une année. Tout de même ! Que
nous ont-ils fait les frères sénégalais pour que nous leur en voulions à ce
point ? Rien, que je sache ! Le Sénégal, c’est quand même le pays de Léopold
Sédar Senghor. C’est l’île de Gorée et la traite des Noirs. C’est le brassage
culturel et la World Music. C’est Youssou N’dour. Pourquoi leur infliger la
«méthode algérienne de dialogue social» ? Pourquoi leur faire subir ce supplice
? De grâce, s’il vous plaît, Allah yarham babakoum, laissons les Sénégalais
dialoguer socialement comme ils l’ont toujours fait. Nous pourrons toujours leur
exporter d’autres méthodes que nous maîtrisons mieux que celle du dialogue
social. Comme celle du matage d’une manifestation, du bastonnage des
enseignants, de l’emprisonnement de grévistes, du licenciement de syndicalistes
ou de la mise en quarantaine des partenaires sociaux. Ça, nous savons faire ! Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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