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Agissant sur la foi de renseignements fournis par un
repenti, les forces de l’ordre ont découvert une casemate
pleine de bibles artisanales prêtes à l’emploi.
Deux brebis égarées ont pu être récupérées, ainsi
qu’un lot important de croix, de bénitiers et de suaires
de calibres différents.
Amen !
Les musulmans contre les chrétiens. Les Arabes contre les Mozabites. Les
ibadites contre les malékites. Les sunnites contre les chiites. Les supporters
du RCK contre ceux de l’USMH. Les chômeurs du Grand Sud contre les employés
ramenés du nord. Les désœuvrés contre les prostituées. Les comités de quartier
contre les débits de boissons alcoolisées. Les amis de la Grande Mosquée d’Alger
contre les architectes algériens. Le public contre le privé. Le clan d’Oujda
contre le BTS. Le groupe de Tlémcen-Nord contre celui de Tlemcen- J’dida. Les
oulémas contre les zaouïas. Les zaouïas contre les zaouïas. Les enfants de
chouhada contre les petits-enfants de moudjahidine. Le FLN légitime contre la
Doberman Connection. L’armée de l’intérieur contre l’armée de l’extérieur.
L’armée des casernes contre l’armée des 15 ponts. L’armée contre les services.
Les services contre le royaume des ombres. La guerre des prénoms. La croisade
des patronymes. La charge des pseudonymes. L’embuscade des noms de guerre. La
légitimité du maquis contre les bancs de l’université. Les invités aux
cérémonies officielles du 1er Novembre contre ceux qui n’ont pas reçu leur
carton d’invitation. Les lauréats à l’examen de 6e du lycée international
d’Alger contre ceux qui ne savent pas encore s’ils concourront selon l’ancien,
le nouveau ou le futur programme de Benbouzid. Les enfants boursiers à vie à
Londres, Paris et Bruxelles contre le bac d’ici et ses fuites impossibles à
colmater malgré toute la bonne volonté des plombiers. La justice qui pleure
contre le sourire gras des «enfants de» extraits des cellules et envoyés à
l’abri en Europe. Les lampes de chevet et les traversins à 600 millions contre
le peuple du préfabriqué à Chlef. Le rouge insolent du 4X4 de Layada contre le
gris de la tombe à proximité de laquelle il est stationné. Pourquoi diable
l’Algérie ne m’est jamais apparue aussi divisée, aussi déchirée que depuis
qu’elle a été officiellement déclarée réconciliée et recouverte du doux manteau
de la concorde ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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