Monde : NAISSANCE DE L'INTER- GROUPE PAIX POUR LE PEUPLE SAHRAOUI
Colère marocaine et droit belge
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari


Jeudi 22 mai 2008, Maison des parlementaires (siège de la Chambre basse belge - Bruxelles) à partir de 10h, par petits groupes, par petites grappes humaines, par individus, des citoyens marocains et/ou belgo-marocains veulent forcer le passage pour une intrusion spectaculaire dans l’enceinte parlementaire belge.
Raison invoquée : la réunion de plusieurs députés en vue de la constitution du groupe «Paix pour le peuple sahraoui», à laquelle veulent participer, pour la saborder, ces «envoyés spéciaux» de l’ambassade du Maroc en Belgique. Mme Christianne Vienne, députée socialiste belge et initiatrice du projet, explique, clarifie, tente de persuader : «Ce n’est pas une réunion publique et aucun texte de loi réglementaire n’oblige les députés à convoquer des citoyens ou des journalistes pour des travaux d’un comité ad hoc.» Remontés, gonflés à bloc, en colère et déterminés, les Marocains ne s’avouent pas, pour autant, vaincus. «Pourquoi avez-vous invité les journalistes algériens ?» hurle, sûr de son information, un confrère originaire du Maroc. «C’est faux, réplique, calmement, un député, nous n’avons convié personne. Ni les journalistes algériens, ni personne d’autre ne peut participer, aujourd’hui, au lancement de notre initiative.» Pierre Galand, sénateur, président de la Coordination mondiale de soutien au peuple sahraoui, précise : «Ne vous inquiétez pas, nous convoquerons en temps opportun la presse et nous répondrons à vos questions.» Les 30 parlementaires qui ont constitué, autour de Christianne Vienne, le noyau qui a créé l’intergroupe «Paix pour le peuple sahraoui», et les autres personnalités invitées, dont Jamel Zakar, représentant le Front polisario en Belgique, décident, alors, de rejoindre l’une des salles de la Maison des parlementaires pour l’entame de leurs travaux, sans la présence d’aucun journaliste algérien, comme une manipulation des services marocains l’a laissé supposer. Ce comportement «hystérique» et le «forcing» de l’ambassade du Maroc qui a voulu empêcher, coûte que coûte, Mme Vienne à initier l’action échoue lamentablement. L’intergroupe est né et a même détaillé son programme à court et moyen terme. Programme qui prévoir, par ailleurs, en plus de la visite de la région (camps de réfugiés et territoires occupés), une invitation à l’ambassadeur du Maroc pour venir donner sa version concernant le dossier. Les représentants du Polisario en Europe et en Belgique (Mohamed Sidati et Jamel Zakari) ainsi qu’un porte-parole de l’ONU recevront, dans les mêmes conditions, et selon un timing loyal, des missives dans ce sens. Lors des débats au sein du groupe, l’on a appris que Pierre Galand a longuement évoqué l’historique du conflit sahraoui, le travail de solidarité effectué en Europe et en Belgique. Alors que le représentant du Polisario dans la capitale européenne a mis en relief «la répression féroce exercée, aujourd’hui, par le Maroc, puissance occupante, contre les populations sahraouies à Laâyoune, Dakhla et ailleurs», il a aussi insisté sur «la responsabilité de la communauté internationale, particulièrement l’ONU et l’UE, dans la décolonisation de Seguia El Hamra et de Rio de Oro». Christianne Vienne a, pour ce qui la concerne, informé les présents que d’ores et déjà, le groupe «Paix pour le peuple sahraoui» envisage de s’élargir au-delà, beaucoup plus au-delà, du noyau de la trentaine de députés, membres fondateurs. La Belgique, rappelons-le, est présentement membre non permanent du Conseil de sécurité pour une période de deux ans. M. Karel de Gucht, ministre des Affaires étrangères, a toujours soutenu le plan de règlement onusien concernant le Sahara occidental.
A. M.

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