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L’Algérie consacre 4 millions d’euros à la lutte contre les
tangos. Et le …
…double pour les indemniser
Abdelaziz Belkhadem a dû craquer. N’en pouvant plus d’attendre l’annonce de
l’amendement de la Constitution, il a sauté le pas. Il vient de… changer la
Constitution. Tout seul. Comme un grand. Sans consultation populaire et sans
passer par l’une des deux chambres, l’APN ou le Sénat. La pastille brune bien en
face des caméras, la barbe en avant, agressive et conquérante, il assène : «La
Constitution algérienne, c’est le Saint Coran ! » Ben merde alors ! Et on ne
nous avait pas prévenu ! C’est pas gentil ça de procéder en douce au changement
du texte fondateur de l’Etat. Je veux bien que le Coran soit un texte sacré.
Mais en gouvernance, y a plus sacré, allah ghaleb ! Y a la Constitution votée
par les Algériens. Ben oui ! Si les Algériens avaient voulu se doter du Coran
comme Constitution, ils l’auraient fait. Dès 1962. Avant même 1962. Sans
attendre le «coup de génie» de Belkhadem. Il se trouve qu’ils ont préféré
préserver le Coran des salissures humaines de la gestion quotidienne et ont
rédigé un document moins céleste, beaucoup moins céleste, moins divin, beaucoup
moins divin, mais plus en prise avec la technicité des jours qui défilent, avec
le droit à l’emploi, avec l’assurance maladie, avec la gestion des plans de
carrière, avec les retraites, avec l’organisation de l’université, celle du
sport, celle des salles de cinéma ou encore celle du foncier industriel. Alors ?
Par quel saint miracle Belkhadem nous dote-t-il du Coran comme Constitution à la
place de l’actuelle ? Belkhadem a-t-il agi seul ? Avait-il le feu … vert de son
chef, Abdekka pour annoncer que désormais, la RADP a changé de sigle, devenant
la DIA, la Dawla islamiya d’Algérie ? Je sais bien que l’actualité immédiate est
à un congrès jumelé du FIS et de l’AIS, annoncé l’autre jour, en grande pompe
par Madani Mezrag. Mais est-ce une raison suffisante pour que ce congrès se paie
un chargé de communication du rang de Belkhadem qui vienne ainsi, en public,
reprendre de la voix un slogan de Abassi Madani et de Ali Benhadj : «La mithak,
la doustour, kala Allah kala Errassoul !» ? Pas de charte, pas de Constitution,
Dieu a dit, son Prophète a dit ! Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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