|
Arrêté en possession de 5 kilos de cocaïne pure, l’homme au
bras tatoué d’une croix a été condamné pour…
…prosélytisme
Il ne passe pas un jour sans que je ne lise dans un journal que le «tribunal
de Boumerdès a condamné à la peine capitale un groupe terroriste» ou que le même
tribunal a «confirmé en appel la condamnation à vie d’un émir du GSPC». Je
trouve que l’existence même de ce tribunal est miraculeuse. Je ne connais ni de
près ni de loin les magistrats qui composent cette structure de Boumerdès. Mais
je tenais à leur rendre hommage. Faire condamner à mort des tangos par les temps
qui courent, c’est un acte de courage et de bravoure. Décider en appel, dans une
affaire d’émirs du GSPC, de commuer leur condamnation à vie en peine capitale,
c’est proprement héroïque. Mais en même temps, il faudrait leur dire à ces
magistrats de Boumerdès. Il faudrait les prévenir. Il faudrait les alerter.
L’heure — l’heure algérienne s’entend — n’est pas à faire condamner les tangos.
L’heure algérienne semble s’être réglée sur la montre de Belkhadem. Et Abdelaziz
a dit. Et Abdelaziz a parlé. Sur un ton clair. Sans fritures sur sa ligne à
haute tension à travers laquelle il rêve de nous faire tous frire un jour : «La
Constitution algérienne, c’est le Saint Coran !» Dans ce décor-là, il n’est
jamais bon, amis magistrats de Boumerdès, d’en faire baver aux braves
combattants des montagnes. Je sais et je suis profondément convaincu que vous
jugez en votre âme et conscience la vermine terroriste, lui administrant la
seule peine susceptible d’être appliquée à ces monstres. Mais les choses ont
changé. Et les 70 kilomètres qui vous séparent de la capitale vous ont sûrement
empêchés de prendre connaissance des principaux changements. L’Algérie au nom de
laquelle vous rendez la justice, vous dites le droit, cette Algérie-là, par la
voix de Abdelaziz Belkhadem, vient de décréter le Coran texte constitutionnel
régissant le pays. Et selon les saintes écritures, on ne condamne pas les
combattants du djihad. N’est-ce pas ? Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
|