lundi 26 mai 2008
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ILS SONT GENTILS, MAIS FAUT
LES PRÉVENIR MAINTENANT !


Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Arrêté en possession de 5 kilos de cocaïne pure, l’homme au bras tatoué d’une croix a été condamné pour…

…prosélytisme

Il ne passe pas un jour sans que je ne lise dans un journal que le «tribunal de Boumerdès a condamné à la peine capitale un groupe terroriste» ou que le même tribunal a «confirmé en appel la condamnation à vie d’un émir du GSPC». Je trouve que l’existence même de ce tribunal est miraculeuse. Je ne connais ni de près ni de loin les magistrats qui composent cette structure de Boumerdès. Mais je tenais à leur rendre hommage. Faire condamner à mort des tangos par les temps qui courent, c’est un acte de courage et de bravoure. Décider en appel, dans une affaire d’émirs du GSPC, de commuer leur condamnation à vie en peine capitale, c’est proprement héroïque. Mais en même temps, il faudrait leur dire à ces magistrats de Boumerdès. Il faudrait les prévenir. Il faudrait les alerter. L’heure — l’heure algérienne s’entend — n’est pas à faire condamner les tangos. L’heure algérienne semble s’être réglée sur la montre de Belkhadem. Et Abdelaziz a dit. Et Abdelaziz a parlé. Sur un ton clair. Sans fritures sur sa ligne à haute tension à travers laquelle il rêve de nous faire tous frire un jour : «La Constitution algérienne, c’est le Saint Coran !» Dans ce décor-là, il n’est jamais bon, amis magistrats de Boumerdès, d’en faire baver aux braves combattants des montagnes. Je sais et je suis profondément convaincu que vous jugez en votre âme et conscience la vermine terroriste, lui administrant la seule peine susceptible d’être appliquée à ces monstres. Mais les choses ont changé. Et les 70 kilomètres qui vous séparent de la capitale vous ont sûrement empêchés de prendre connaissance des principaux changements. L’Algérie au nom de laquelle vous rendez la justice, vous dites le droit, cette Algérie-là, par la voix de Abdelaziz Belkhadem, vient de décréter le Coran texte constitutionnel régissant le pays. Et selon les saintes écritures, on ne condamne pas les combattants du djihad. N’est-ce pas ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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