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Ça y est ! C’est maintenant officiel. Abdekka s’est dit
partant !
Pour le projet de francophonie
Prenez les médias publics, entre radios, télévision et journaux, sur ces
quatre derniers jours. Tous, je dis bien tous ont couvert le colloque
international d’Alger sur l’émir Abdelkader. Et tous, je redis bien tous ont
repris en chœur cette rengaine : «L’émir était précurseur en matière de droits
de l’homme.» J’ai même entendu un illustre invité de la radio nationale affirmer
que Abdelkader avait devancé Genève et sa Charte des droits de l’homme. Je veux
bien. Mais alors, à suivre ce raisonnement, ce cheminement, qu’est-ce qu’il doit
être en colère contre nous, aujourd’hui, l’émir ! Je l’imagine fulminant,
rageant et pestant contre ses descendants qui ne trouvent pas mieux comme
occupation depuis qu’ils ont bouté le colon hors du pays au bout de 7 longues
années que de donner la chasse à leurs compatriotes chrétiens et de fermer les
bars. Si l’émir Abdelkader était un pionnier en matière de droits humains — et
je le crois aisément— alors, le procès de Habiba la chrétienne est un acte de
profanation de la mémoire sacrée de Abdelkader. Traîner cette femme devant les
tribunaux, faire durer son calvaire (celle du chemin de croix, je ne la ferai
pas !), c’est insulter l’œuvre de l’émir, c’est fouler aux pieds son action
civilisatrice, c’est dire merde à son héritage et c’est renier son esprit
avant-gardiste. Plus que jamais Djaout avait raison, Djaout a raison : il s’agit
du combat de la famille qui avance contre celle qui recule. Honorer le droit
humain à la pratique religieuse non contrainte et libre, c’est honorer l’émir,
la démocratie et la famille qui avance. Dresser les tréteaux des nouveaux
bûchers de l’inquisition contemporaine comme cela vient d’être fait à Tiaret et
un peu partout à travers le pays, c’est renforcer les katibates, les divisions
brunes de la famille qui recule et tuer une seconde fois l’émir Abdelkader. Il
faut choisir. Mais en aucun cas, comme on y assiste en ce moment, on ne peut se
réclamer des deux familles en même temps. Ça ne se peut pas ! Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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