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 | LA MANIPULATION DES NORMES ET DES RÈGLEMENTS |
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Contrairement à certaines idées reçues, la corruption bureaucratique en Algérie n’est pas directement imputable à l’inadéquation des règlements administratifs ni à leur méconnaissance de la part des agents publics. C’est au contraire la bonne maîtrise des codes et des registres normatifs qui constitue le préalable de toute transaction illicite. Les fonctionnaires peuvent jouer avec les normes et manipuler les règlements puisqu’ils en connaissent les subtilités et disposent de pouvoirs discrétionnaires très étendus.
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 | UNE CORRUPTION STIGMATISÉE MAIS BANALISÉE |
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Il faut rappeler que ces conditions de fonctionnement, communes à la majorité des services administratifs étudiés, ont été repérées empiriquement et n’ont pas été déduites à partir d’un quelconque déterminisme culturel ou social.
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 | DE LA DÉSHUMANISATION A LA SURPERSONNALISATION
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Le traitement que l’administration réserve aux usagers est très ambivalent : l’usager anonyme, qui ne dispose pas de contacts au sein du service ( el maârifa), est méprisé, maltraité, voire déshumanisé. Les témoignages recueillis dans les centres de santé et dans les hôpitaux publics sont à cet égard unanimes : «Le personnel de santé nous traite comme des animaux.» En revanche, le cadeau ou la recommandation déclenchent la sollicitude et l’attention de l’agent public : on sort de la sphère de l’anonymat pour devenir un client, un patient, un citoyen digne de respect.
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Entretien du mois
Sid Ahmedi GHOZALI
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