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Pressions de la France sur l’Algérie pour qu’elle intègre
l’Union de la Méditerranée. Après Alliot-Marie, Kouchner et
Borloo, Paris met la sauce et nous envoie l’arme fatale.
Hélène Segara
Ça ne s’invente pas ! La commission des affaires étrangères, de la
coopération et de l’émigration de l’Assemblée nationale, avec à sa tête
l’honorable Abdelhamid Si Affif, organise depuis hier un colloque où l’on se
propose entre autres de répondre à cette question : «Pourquoi les compétences
algériennes installées à l’étranger ne reviennent pas ici, en Algérie, donner un
coup de pouce au développement du pays ?» Belle question que celle-là ! Je
serais émigré et bourré de compétences —ce qui n’est pas le cas, je vous rassure
— j’hésiterai quand même à revenir au bled si, celui qui me le propose, celui
qui insiste pour que je le fasse se trouve être… Si Affif ! Si j’ai été choisi
ailleurs, dans un autre pays pour mes aptitudes exceptionnelles, mon talent et
mon savoir-faire, c’est donc que je dispose d’un minimum de bons sens et d’un
fond de cartésianisme. Et donc, comment pourrais-je prendre au sérieux, ne
serait-ce qu’un court instant, un appel au retour au pays lancé par
l’inénarrable Si Affif ? Comment risquer ma carrière, mon avenir à l’étranger
pour suivre les conseils d’un homme qui n’a pas hésité à donner du doberman
contre ses frères de parti ? En dehors de toute considération partisane, comment
accorder du crédit à un responsable qui estime que la conquête d’une permanence
politique peut se faire à coups de meutes de chiens et de congrès bis bidouillés
dans le noir ? Les nanas et les mecs, algériens de nationalité ou de cœur, ou
des deux à la fois qui ont pignon sur rue à l’étranger sont des gens rationnels.
Alors, de grâce, pour les inciter à venir nous donner un coup de main ici,
faisons faire cette demande par une interface un peu moins en prise avec
l’actualité animale et un peu plus ancrée dans la rationalité. Ça aiderait, je
vous assure ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L
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