Il y a tout juste un an, le 9 juin 2007, le moudjahid Hamrene Boualem, dit «Boualem la France» nous quittait à jamais. Pour commémorer ce douloureux anniversaire, ses proches et ses amis ont choisi de republier ce poème écrit par le défunt au moment où la guerre de Libération battait son plein.
CEUX QUI ONT SU MOURIR
Ceux qui ont su mourir
Lorsque sonna l’heure
Ceux qui ont dû partir
Sans changer de couleur
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Dans la grande tempête
Ceux qui ont su partir
Sans détourner la tête
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Dans les sombres
cachots
Ceux qui ont su partir
Le front ceint d’un halo
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Sur un grabat obscur
Ceux qui ont su partir
En riant des tortures
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Au milieu des batailles
Ceux qui ont su partir
Debout dans la mitraille
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Transfigurés, sereins
Ceux qui ont su partir
Sans regret ni chagrin
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
De l’or plein les yeux
Ceux qui ont su partir
Le regard dans les cieux
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Un hymne sur les lèvres
Ceux qui ont su partir
En chantant leur fièvre
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Leur espoir à la main
Ceux qui ont su partir
Au détour d’un chemin
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
En brisant les geôles
Ceux qui ont su partir
Parés d’une auréole
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Pour une juste cause
Ceux qui ont su partir
Pour que les fleurs éclosent
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Pour l’Algérie martyre
Ceux qui ont su partir
Avec un beau sourire
Ils étaient les meilleurs !
Ceux qui ont su mourir
Ne doivent pas partir
Ceux qui ont su partir
Ne doivent pas mourir
Ils étaient les meilleurs !
Un moudjahid
Hamrène Boualem
Poème publié dans Révolution, organe
de la Wilaya 4 en 1957.
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