Le magistrat instructeur près le tribunal d’Annaba vient de boucler son dossier d’enquête sur la Société de gestion des participations (SGP) Est Sud-Est. Cette affaire, qui avait fait couler beaucoup d’encre, porte sur plusieurs délits dont la passation de marchés contraires à la réglementation, détournements et dilapidation des deniers publics, enrichissement illicite, trafic d’influence, abus de biens sociaux, utilisation des biens de l’entreprise à des fins personnelles et au profit de tiers, non-dénonciation de malfaiteurs et pratiques commerciales illicites. Quinze personnes dont le P-dg du groupe et des cadres gestionnaires sont renvoyées en correctionnelle. Elles comparaîtront le 16 juin 2008 à la barre du tribunal correctionnel d’Annaba aux côtés de plusieurs témoins à charge dont Dalila, une femme de ménage. Les révélations que cette dernière ne manquera pas de faire à la barre seront certainement très intéressantes à suivre. D’autant qu’elle a en sa possession des documents et une photo qui sont révélateurs des pratiques condamnables et des coups dont Dalila a été victime lors de ce qui s’apparente à des séances de torture. Victime d’une cabale montée de toutes pièces pour la faire définitivement taire, cette même jeune femme avait été condamnée à 9 mois de prison ferme. Constitué à l’époque partie civile, le P-dg l’avait accusée d’un vol qu’elle continue, à ce jour, nier avoir commis. C’est ce qu’elle n’a pas cessé de dénoncer durant ses auditions au titre de témoin par le juge d’instruction. Tout autant que les faits, méfaits et comportements contraires à la morale auxquels elle aurait assisté au siège et dans le logement de fonction de sa hiérarchie. Révélée en 2006 avec l’interpellation des présumés auteurs, l’affaire a eu des répercussions négatives sur les activités du groupe et de plus d’une centaine de ses entreprises. Certains parmi les 15 mis en cause ont avoué avoir obéi à des instructions émanant de leur hiérarchie pour engager de faramineuses dépenses dans des opérations douteuses et passer des marchés contraires à la législation. Très vite, la brigade financière de la Sûreté de wilaya a identifié les bénéficiaires des marchés. Il semble que ses éléments aient mis la main sur une caisse noire. Les responsables y puisaient pour offrir cadeaux et autres faveurs à des privilégiés. Les irrégularités à différents niveaux de décision directoriale ont été dénoncées dans les conclusions de la brigade économique. Elles révèlent un préjudice de plusieurs centaines de millions de dinars. Actives ou passives, les complicités sont nombreuses localement ou au plus haut niveau des institutions de la République. Des administrateurs ont accepté sans sourciller d’avaliser de pareilles pratiques ou contresigner des bons de commande et chèques de paiement. Dans cette affaire où des commissaires aux comptes ont authentifié des livres et des chiffres d’affaires par anticipation, les administrateurs ont accepté sans sourciller d’avaliser pareilles pratiques. A. Djabali
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