dimanche 15 juin 2008
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Actualités : HAUT-COMMISSARIAT À L’AMAZIGHITÉ
L’ouverture de l’audiovisuel indispensable pour éviter la propagande


La question de l'ouverture du secteur de l'audiovisuel au privé est revenue avec insistance dans la bouche des spécialistes nationaux en information et en communication. La campagne de propagande menée récemment par des télévisions étrangères sur la question sécuritaire en Algérie trouve sa source dans la faiblesse des médias lourds algériens, aujourd'hui discrédités sur la scène nationale et internationale.
Rosa Mansouri - Alger (Le Soir) - Ce constat a été établi hier, par le docteur Brahim Brahimi, professeur à l'Université d'Alger, lors de son intervention au colloque qui se déroule sur trois jours à la Bibliothèque nationale, organisé par le Haut- Commissariat à l'amazighité et portant sur le thème : «Les médias algériens et les questions liées aux usages de la langue amazigh.» Avant de rentrer dans le vif de cette thématique liée à la place de la langue tamazight dans les moyens de communication, les intervenants ont d'abord dressé un tableau sur la situation actuelle des médias, en passant par le droit à l'information, consacré par les lois de la République pour tout un chacun, et dans toutes les langues et dialectes revendiqués par les communautés régionales. Autrement dit, les Algériens avec toutes leurs différences ethniques devraient avoir des moyens de communications répondant à leurs spécificités régionales et culturelles. «Nous sommes inondés par les chaînes étrangères et la seule manière de préserver notre culture et nos valeurs est d'encourager la production audiovisuelle et cinématographique nationale», a confirmé le professeur Brahimi, qui avoue que «parler aujourd'hui de presse régionale peut paraître paradoxal au moment où tout le monde parle de mondialisation.» «Il n’est malheureusement pas possible de répondre à ces chaînes étrangères avec un produit médiocre et de très mauvaise qualité, comme ce que les chaînes et radios nationales nous proposent», déplore le conférencier, en illustrant ses propos par les différentes radios régionales qui devaient constituer un relais médiatique important mais dont la mission à été réduite à la reprise de l’information transmise par la télévision, s’éloignant de fait de l’information de proximité et régionale. Cependant, la dérive ne concerne pas uniquement les médias lourds, sachant que le presse écrite est victime également du monopole de l’Etat, même si juridiquement et statutairement on parle de presse privée. «Sur une liste de 66 journaux, on constate que plus d’une quarantaine qui tirent entre 5 000 et 20 000 exemplaires, sont manipulés par des forces occultes», souligne M. Brahimi en s’attardant sur les 39 stations radios existantes et dont les moyens de fonctionnement sont insignifiants, avec en plus une censure et un contrôle immensurable. «Il faut libérer la communication. L’Etat doit être le promoteur de la communication locale et régionale, s’il souhaite avoir une meilleure crédibilité sur la scène nationale et étrangère», accentua-t-il. Revenant par ailleurs au thème du colloque qui devait aborder la place de la langue amazigh, M. Djaâfar Ouchellouche, directeur de communication du HCA a identifié la problématique, dans son fond, dans les difficultés de cette langue à trouver la place qui lui revient dans les moyens de l’information et de la communication. «Les langues arabe et française raflent une bonne partie des moyens de l’information, tandis que tamazight subit un marasme médiatique inqualifiable », a attesté M. Ouchellouche. Intervenant sur la qualité de peu de produits transmis en langue amazigh, comme la Chaîne II de la radio nationale, notre interlocuteur plaide pour une unification de la terminologie utilisée par les mêmes supports médiatiques. Le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de la Communication sont amplement sollicités pour ce travail scientifique et de recherche linguistique. Le lancement de l’Académie de la langue amazigh devait également apporter un soutien pédagogique à cette problématique. Par ailleurs, il est important de signaler que le Haut- Commissariat à l’amazighité est appelé à un changement de statut, dans les prochains mois. Le projet de création d’un Conseil supérieur de tamazight, qui est une copie conforme du premier organe, est actuellement en phase d’étude au gouvernement. Il a été adopté par le Conseil de gouvernement et devait atterrir en Conseil des ministres.
R. M.

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