La population est livrée à elle-même. C’est le constat établi par les élus RCD, à leur tête le député Ali Brahimi, lors d’une rencontre organisée jeudi au centre culturel de Haïzer, commune chef-lieu de daïra, située à 10 km à l’est de Bouira. Cette rencontre initiée par l’élu APW Méziane Chaâbane et qui a vu également la participation du vice-président de l’APW, Ahmed Boutata, président de la Fédération nationale des élus locaux du RCD, a été l’occasion pour les citoyens d’exposer leurs problèmes mais également de dénoncer le laxisme des autorités locales et de wilaya qui n’ont jamais pris au sérieux leurs préoccupations, se contentant, selon les dires de quelques intervenants, de colmater les brèches. Ainsi, lors de cette rencontre, les élus RCD ainsi que les représentants de la presse ont été surpris d’entendre certaines vérités du vécu de ces citoyens livrés à eux-mêmes au sens propre du terme. Un village entier, Ighil Maâmar, abandonné par ses habitants (quelque 40 familles) en 1996 au plus fort moment du terrorisme, a voulu renaître de ses cendres. Début 2005, la majorité des habitants a exprimé son désir de retourner au village. Seulement voilà, pendant toutes ces années d’abandon, la mafia des câbles électriques est passée par là pour voler tous les câbles du village. Résultat : le village est sans électricité depuis plus de quatre ans. Toutes les doléances et les correspondances adressées par les habitants aux autorités (APC, daïra et wilaya), ainsi qu’à la Sonelgaz sont restées lettre mort. La route couverte de tout-venant s’est totalement détériorée à cause des érosions et du manque de fossés. Le village attend toujours sa prise en charge. Au centre-ville de Haïzer, le champ de tir de l’unité républicaine de police est pointé du doigt par un citoyen qui rappelle à l’assistance que la semaine dernière, et pour la troisième fois, une femme a été touchée par une balle perdue. Le représentant du village Aïn Alouane informe l’assistance que la conduite d’AEP est faite avec des tuyaux en plastique depuis 1974, et que, dans ce village, un hameau complet des Oudeni, Tasemmourt et Boulil n’est pas alimenté par le château d’eau, celui-ci étant situé sur une colline plus bas. Résultat : ce hameau s’alimente à partir d’une source en plein air, avec tous les risques que cela suppose. Au village Lemroudj, la conduite d’AEP a été déterrée et transportée ailleurs et les habitants attendent toujours une nouvelle conduite. Pour les routes, pratiquement tous les habitants des villages Lemroudj, Tigfhilt N’seksou, Ighil Maâmar, Guentour, Lâch Oufalkou, Aïn Alaouane ont évoqué ce problème puisque, selon eux, l’Etat a réalisé un tapis pour la RN33 afin de relier le chef-lieu de la wilaya à la station touristique de Tikjda alors que toutes les autres routes de la commune de Haïzer qui donnent accès à cette route et qui mènent vers les villages sont délabrées. L’assainissement fait défaut dans beaucoup de villages ; quant aux infrastructures de jeunes, même le chef-lieu de la commune en est dépourvu. Le centre culturel où s’est déroulée la rencontre est un exemple éloquent. Le centre de santé pourtant promu au rang de polyclinique attend toujours cette promotion et le personnel nécessaire car à l’état actuel, comme le soulignera un autre intervenant, il est beaucoup plus un bureau d’administration puisqu’à 16h il est fermé aux malades. Enfin, le problème crucial que les citoyens évoquent est le gaz de ville. Après avoir exposé ces problèmes, le député Ali Brahimi ainsi que les deux élus de l’APW ont promis de prendre en charge leurs doléances. Signalons, enfin, que l’APC de Haizer est pratiquement bloquée et le ministre de l’Intérieur n’a pas écarté la possibilité de la dissoudre au même titre que l’APC de Raouraoua et d’organiser de nouvelles élections, si les élus locaux n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente. Cela étant, notons que le mérite de la rencontre des élus RCD aura été de dresser la situation qui prévaut en kabylie. Car, ce qui est perçu comme sentiment de mépris et de marginalisation l’est partout dans des communes comme Ouled Rached, Saharidj, Ath-Laâziz, Taghzout, Aghbalou, Ath-Mansour ou Aïn Turk et Ahnif pour ne citer que celles-ci. Une situation explosive conjuguée au chômage endémique qui frappe la masse juvénile. Y. Y.
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