Après s’être péniblement sortie d’un blocage le 6 janvier dernier, l’APC d’Imsouhal affronte la grogne du village Aït-Ouatas, qui, dans une correspondance adressée à notre rédaction sous le titre «Un village victime de son choix électoral», dénonce, en des termes particulièrement crus, «la politique d’exclusion et la haine» dont il se dit victime de la part du P/APC. Les villageois dénoncent les «dépassements» de cet élu. Des dépassements qui remontent à 1995, période où il était DEC en 1995. Pour étayer ses dires, le village crie à «l’arnaque» et en cite deux pour justifier ses accusations d’exclusion. La première a trait à un projet d’extension d’un puits de 25 m d’un coût de 300 millions de centimes réalisé par la DAS avec la participation du village à hauteur de 10%. Figurant au premier rang des préoccupations villageoises, ce projet aurait reçu, selon les citoyens, l’aval du P/APC qui leur aurait remis une copie légalisée d’une fiche technique d’un montant de 160 millions de centimes pour prouver sa bonne foi, à savoir son dépôt à la wilaya. Démarche assimilée à un leurre par les citoyens qui font part de leur étonnement après s’être aperçus de l’inexistence de cette fiche au niveau de la DAS et de l’hydraulique. Une fiche qui «ne répondait pas aux normes en vigueur». Le deuxième reproche fait au maire par le village a trait, selon la correspondance, à la non-tenue d’un engagement du P/APC d’aider les citoyens à réaliser des caniveaux au niveau d’un tronçon routier dont les eaux pluviales menaceraient un groupe d’habitations et ce, en leur affectant des matériaux de construction. La goutte qui a fait déborder le vase semble cependant être l’incident dont a été le théâtre le siège de l’APC. Les citoyens s’insurgent en effet contre le fait que le P/APC ait, selon eux, fait appel au chef de la Sûreté de daïra suite à une altercation qu’il a eue avec un membre du comité de village lors d’une audience. Le village s’interroge ainsi : «Est-ce que la police a le droit de s’immiscer dans les affaires internes des villages ?» Après que le citoyen en question se soit vu, selon la lettre, «intimer l’ordre de ne plus servir le village» et interdire l’accès à l’APC. Les citoyens font enfin part de leur déception en déplorant: «Nos responsables continuent encore à pratiquer la politique de l’exclusion, du clanisme, du favoritisme et du communautarisme.» Le P/APC auquel on a rendu visite mardi pour avoir sa version nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Selon lui, le projet d’extension du puits, antérieur à son mandat mais dûment proposé par l’APC dans le cadre des PCD, n’a pas été retenu par la commission d’arbitrage de la wilaya. De plus, il ressort des propos du maire et de son adjoint que les études engagées par un bureau d’études ont conclu à l’inexistence de l’eau dans ce puits. Ce qui a incité l’APC à songer à une autre solution consistant en l’exploitation d’un captage, en aval, avec comme relais le puits déjà équipé pour renflouer la bâche à eau. Une alternative à laquelle a adhéré le village, selon le P/APC et son adjoint. Un projet sur lequel planche, selon nos interlocuteurs, le bureau d’études pour en évaluer la faisabilité dans l’optique de toucher toutes les maisons. S’agissant de la seconde requête du village — réalisation de caniveaux et tout en soutenant que le projet relève en principe de la commune de par sa situation sur le chemin communal —, le P/APC soutient qu’il a mis à la disposition des citoyens les moyens matériels de la commune (rétrochargeur, tracteur...) ainsi que le personnel, affirmant aussi être disposé à leur fournir le sable et le ciment, matériaux que le village n’est pas venu récupérer, selon lui. Le P/APC et son premier vice-président terminent enfin en soutenant que le village Aït Ouatas est le plus «gâté» de la commune citant le projet de réhabilitation de l’école pour un montant de 240 millions de centimes, l’aide de 50 kg de viande et 12 caisses de limonade consentie au village à l’occasion d’une fête ainsi que la clôture, le déblocage du projet de foyer de jeunes concluant qu’il demeure à la disposition du village. «Des projets certes utiles, mais non spécifiques au village et qui n’ont pas un lien direct avec l’amélioration du cadre des habitants du village », analyse un citoyen du village rencontré à la sortie de l’APC. Commentant l’incident avec le citoyen, le P/APC affirme que «la police a convoqué cette personne pour la remettre simplement à sa place suite à la perturbation de la réunion». S. Hammoum
Nombre de lectures : 199
|