La poule «A» qui a déjà désigné son premier représentant aux quarts de finale, le Portugal, auteur de deux succès pour autant de matches, disputera aujourd’hui sa dernière journée. Au programme un match de gala entre les Suisses, éliminés en dépit d’un statut d’organisateurs et de bonnes prestations face à la République tchèque et la Turquie, et le Portugal qui présentera cet après-midi un onze foncièrement remanié. Le choc de cet ultime round mettra aux prises les Tchèques avec les Turcs. Un duel qui ne fera qu’un heureux. La victoire permettra à l’une des deux sélections de passer aux quarts tandis que le nul entraînera une série de tirs au but. Captivant.
TURQUIE-RÉPUBLIQUE TCHÈQUE (STADE DE GENÈVE, 19H45)
Un choc, un heureux
Le match du groupe A entre la Turquie et la République tchèque, qui
s'apparente à un véritable huitième de finale qualifiant le vainqueur
pour le tour suivant de l'Euro-2008, ne fera qu'un heureux ce soir au
stade de Genève.
Le vaincu restera à quai, obligé de quitter l'Euro-2008 au terme de
la phase des poules. Les deux équipes, battues par le Portugal et
victorieuses de la Suisse lors des deux premières journées, possèdent le
même nombre de points (3), la même différence de buts (-1), le même
nombre de buts marqués (2). Elles se disputent la deuxième place du
groupe derrière le Portugal d'ores et déjà qualifié et assuré de
terminer en tête. Selon l'article 7.08 du règlement du tournoi, en cas
de match nul, dimanche au terme des 90 minutes de jeu, il faudrait donc
départager les deux formations par une séance de tirs au but. Jamais
pareille situation ne s'est produite par le passé à ce stade de
l'épreuve. Ce duel a élimination directe promet un beau suspens tant les
deux équipes semblent se tenir de près.
Koller de retour ?
Véritables miraculés de la compétition, les Turcs partiront avec un
moral au zénith. Vainqueurs 2 à 1 de la Suisse mercredi sur un but de
Arda Turan dans le temps additionnel, ils rêvent d'être à nouveau bénis
des dieux. Leur passage vendredi à la mosquée de Genève doit sans doute
être interprété comme tel. Emre Belözöglu et Tümer devraient déclarer
forfait, mais cela ne tempère pas l'optimisme de joueurs à qui aurait
été promise une prime de qualification conséquente. «Si nous jouons
comme face à la Suisse, nous n'aurons rien à craindre de la République
tchèque», affirme le défenseur Hamit Altintop. Voilà le sélectionneur
tchèque Karel Brückner prévenu, lui qui a passé l'essentiel de ces
dernières 48 heures à requinquer le moral de joueurs balayés par le
Portugal (3- 1) mercredi. Brückner s'est aussi attelé à travailler deux
chantiers : la défense et l'attaque. Vidéos à l'appui, il a d'abord
remonté les bretelles à ses quatre arrières, insuffisants face aux
Lusitaniens mais qui devraient être reconduits face à la Turquie. Le
sélectionneur planche aussi sur l'animation offensive de son équipe. Là,
rien ne filtre. Brückner s'était dit très satisfait de la prestation de
Milan Baros, il est vrai très remuant mercredi. Mais la présence
physique de Jan Koller avait manqué. Et compte tenu de l'importance que
pourraient avoir les phases arrêtées dans un match aussi important, il
ne serait pas étonnant de voir le géant tchèque associé à Baros. Afin
d'éviter tant que possible de revivre le scénario du Mondial-2006 il y a
deux ans en Allemagne. Après avoir remporté leur premier match (face aux
Etats-Unis), Petr Cech et ses équipiers s'étaient ensuite inclinés lors
des deux autres rencontres (Ghana et Italie). Pareil cauchemar hante
forcément les esprits.
ITALIE
Confiance et détermination
Le président de la Fédération italienne (FIGC) Giancarlo Abete s'est,
hier, dit confiant quant au déroulement des deux derniers matches dans
le groupe C de l'Euro-2008, France-Italie et Pays-Bas-Roumanie,
programmés mardi à Zurich et Berne. La Roumanie sera qualifiée pour les
quarts si elle gagne face aux Pays-Bas — lesquels sont d'ores et déjà
qualifiés et sûrs de terminer en tête du groupe — et ce aux dépens de la
France et de l'Italie. En cas de défaite des Roumains, le vainqueur de
France-Italie se qualifiera. La frayeur des Français et des Italiens,
c'est que les Néerlandais ne jouent pas le jeu à fond et alignent une
équipe composée majoritairement de réservistes face aux Roumains. «Il
faut que la dernière journée soit décisive pour tous», a déclaré
Giancarlo Abete lors d'une conférence de presse tenue près de Baden (sud
de Vienne), là où est situé le camp de base des champions du monde. «Les
Pays-Bas ont nettement battu l'Italie et la France, tandis que la
Roumanie a nettement peiné face aux Français et encore plus devant nous,
a-t-il continué. Logiquement, les Pays-Bas doivent gagner. C'est pour
cela que nous sommes confiants sur le fait que France-Italie soit
décisif. » «J'espère que la troisième journée de notre groupe donnera la
preuve que le système de groupe fonctionne encore, il en va de sa
crédibilité, a-t-il cependant ajouté. Autrement, je me demanderais s'il
ne faut pas changer de système.» «Ce discours ne vaut pas seulement pour
l'Italie, il peut également être celui de la France», a-t-il ajouté.
ROUMANIE
Contra remonté contre Domenech
Le défenseur roumain Cosmin Contra s'est demandé hier pourquoi
Raymond Domenech, qui a sousentendu vendredi que les Pays-Bas allaient
laisser filer leur match face à la Roumanie afin d'éliminer les Bleus et
l'Italie de l'Euro-2008, faisait «tout le temps ça». «Domenech fait tout
le temps ça, dire ces choses... Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs», a
réagi Contra après le décrassage des Roumains. Le sélectionneur français
Raymond Domenech avait déclaré après la défaite des Bleus vendredi face
aux Pays-Bas (4-1), qu'il «était écrit» que les Roumains allaient gagner
face aux Pays- Bas et «se qualifier tranquillement». Une défaite des
Néerlandais déjà qualifiés et assurés de finir premiers du groupe C face
à la Roumanie mardi éliminerait à la fois la France et l'Italie qui
s'affrontent dans le même temps lors de la dernière journée du groupe.
«C'est une phrase provocante», a estimé l'attaquant roumain Ciprian
Marica. «Je n'espère pas que cela se passe comme ça. Les Néerlandais ont
envie de gagner, cela paraît évident», a-t-il expliqué. «A ce niveau,
tous les joueurs qui rentrent sur le terrain, c'est pour gagner», a
abondé Contra. «Les Pays-Bas vont certainement faire tourner l’effectif,
comme nous l'aurions fait si nous étions déjà qualifiés. Mais si Van
Nistelrooy ne joue pas, ce sera alors Van Persie... (sourires)», a
ajouté le défenseur de Getafe. «Je connais bien les Hollandais, et ce
n'est pas du tout dans leurs gênes (de laisser filer une rencontre, ndlr).
Cela n'existe pas dans leur sang», a estimé le capitaine roumain Cristi
Chivu, ancien joueur de l'Ajax Amsterdam. «Nous devrons jouer comme lors
des qualifications», a ajouté Chivu. Lors des qualifications à
l'Euro-2008, la Roumanie avait battu les Pays-Bas (1-0) chez elle après
avoir arraché un nul (0-0) à l'extérieur.
SUISSEPORTUGAL (À BÂLE, 17H)
Baroud d'honneur pour la Nati
La Suisse, coorganisatrice de l'Euro-2008, déjà éliminée, affronte
cet après-midi le Portugal à Bâle (groupe A) dans un match pour
l'honneur où les Helvètes auront à cœur de sortir la tête haute de
«leur» tournoi face à des Portugais déjà tournés vers leur quart de
finale. Cela aurait pu être une finale rêvée pour le pays hôte, qui
disputait son 3e Euro après les éditions de 1996 et 2004, mais ce ne
sera qu'un match sans enjeu. La Suisse a vu ses espoirs de quarts de
finale anéantis prématurément après le but encaissé face aux Turcs dans
les arrêts de jeu de son deuxième match (1-2), mercredi. «On va essayer
de montrer du beau football», avait assuré après cette deuxième défaite
le sélectionneur suisse Köbi Kuhn, qui dirigera la Nati pour la dernière
fois après sept ans aux commandes et cédera sa place à l'Allemand Ottmar
Hitzfeld, en provenance du Bayern Munich. Le public suisse «mérite un
match à haut niveau, presque chacun est prêt à jouer, mais on va jouer
certainement avec une équipe compétitive», avait également déclaré le
sélectionneur helvète. Le Portugal, assuré de terminer premier du groupe
après ses deux victoires contre la Turquie et la République tchèque
(3-1), va, quant à lui, pouvoir répéter ses gammes avant son quart de
finale, qu'il disputera le jeudi 19 juin face au 2e du groupe B
(Allemagne, Pologne ou Autriche), à Bâle. Son sélectionneur, le
Brésilien Luiz Felipe Scolari, qui occupera le poste de manageur de
Chelsea à partir du 1er juillet, devrait très certainement faire tourner
son effectif et ménager plusieurs de ses cadres. Preuve de l'importance
de la rencontre aux yeux des Portugais, battus en finale de l'Euro-2004
par la Grèce, chez eux : la permission accordée au meneur de jeu Deco de
faire un aller-retour à Barcelone pour «régler des affaires
personnelles», selon la fédération portugaise.
Quarts de finale, mode d’emploi
Conditions de qualification pour les quarts de finale dans les
groupes A, B et C avant la dernière journée de la première phase, à
partir des matches d’aujourd’hui.
Groupe A
PORTUGAL : qualifié et assuré de finir 1er du groupe
REPUBLIQUE TCHÈQUE : qualifiée en cas de victoire sur la Turquie.
TURQUIE : qualifiée en cas de victoire sur la République tchèque. En cas
d'égalité entre la République tchèque et la Turquie à l'issue du temps
réglementaire, il sera procédé à une séance de tirs au but pour
départager les deux équipes.
Groupe B
CROATIE : qualifiée et assurée de finir première de son groupe
ALLEMAGNE : qualifiée en cas de victoire ou match nul contre l'Autriche
AUTRICHE : qualifiée en cas de succès sur l'Allemagne et de défaite ou
match nul de la Pologne face à la Croatie
En cas de succès de la Pologne sur la Croatie, l'Autriche et la Pologne
seront départagées vraisemblablement à la différence générale (avant la
dernière journée, Autriche - 1, Pologne -2)
AUTRICHE : qualifiée en cas de succès étriqué (1 but d'écart) sur
l'Allemagne et de succès de la Pologne (avec deux buts d'écart) sur la
Croatie, à condition que l'Autriche ait marqué plus de buts que la
Pologne dans son match. L'Autriche devancera alors la Pologne grâce à un
nombre supérieur de buts marqués dans tous les matches du groupe.
POLOGNE : qualifiée en cas de succès large avec au moins trois buts
d'écart) sur la Croatie et de succès étriqué (1 but d'écart) de
l'Autriche sur l'Allemagne. Pologne qualifiée en cas de succès (avec
deux buts d'écart) sur la Croatie et de succès étriqué de l'Autriche (1
but d'écart) sur l'Allemagne, à condition que la Pologne ait marqué plus
de buts que l'Autriche dans son match. La Pologne devancera alors
l'Autriche grâce à un nombre supérieur de buts marqués dans tous les
matches du groupe. Dans le cas où la Pologne gagnerait avec deux buts
d'écart et l'Autriche avec un but d'écart, tout en marquant le même
nombre de buts dans leurs matches respectifs, les deux pays seront à
égalité parfaite (même nombre de points, de buts marqués et encaissés).
La Pologne devancera alors l'Autriche grâce à un meilleur coefficient
UEFA.
Groupe C
PAYS-BAS : qualifiés et assurés de finir premier du groupe
ROUMANIE : qualifiée en cas de :
- Victoire contre les Pays-Bas.
- Match nul contre les Pays-Bas, doublé d'un match nul entre la France
et l'Italie.
- Défaite avec moins de trois buts d'écart, alors que la France et
l'Italie se séparent sur un 0-0. La Roumanie se qualifie à la meilleure
différence de buts dans tous les matches du groupe.
- Défaite avec trois buts d'écart en marquant au moins un but et que la
France et l'Italie font match nul 0-0. La Roumanie se qualifie au nombre
de buts marqués dans tous les matches du groupe.
FRANCE : qualifiée en cas de succès sur l'Italie doublé d'une défaite ou
d'un match nul de la Roumanie face aux Pays-Bas.
ITALIE : qualifiée en cas de :
- Victoire sur la France et de défaite ou match nul de la Roumanie face
aux Pays-Bas.
- Match nul contre la France en marquant au moins un but alors que la
Roumanie perd. L'Italie se qualifie au nombre de buts marqués dans les
rencontres entre les équipes à égalité.
- Match nul (0-0) contre la France alors que la Roumanie perd 3-0.
L'Italie devance la Roumanie grâce à un meilleur coefficient UEFA.
- match nul (0-0) contre la France alors que la Roumanie perd par plus
de trois buts d'écart. L'Italie devance la Roumanie à la différence de
buts dans tous les matches du groupe.