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Crise du lait. L’Algérie a acheté des vaches brésiliennes.
Faudra quand même vérifier le sexe
Tous les jours, je dis bien tous les jours, et pas un jour sur deux, en
ouvrant le matin vos journaux vous lirez une information faisant état de
l’arrestation d’un groupe de harraga ou du repêchage de plusieurs corps de
clandestins au large de nos côtes ou sur nos plages. L’info est la même. Y a
juste les chiffres qui changent. Un groupe de 20. Un groupe de 38. Un groupe de
40. Le plus terrible, c’est cette récurrence. Parfois, j’ai l’impression
désagréable de me trouver face à une rubrique fixe, permanente du journal. Comme
la rubrique société, la rubrique nationale ou la rubrique sportive. Nous sommes
en train d’admettre comme normal le «rubricage» de la harga. Et il n’est pas
loin le temps où la page «harga» aura sa place pleine et entière dans le corps
d’un quotidien. Les rédacteurs en chef des journaux traceront des organigrammes
dans lesquels il faudra prévoir le poste de chef de la rubrique harga. Ils
devront discuter avec les directeurs de publication de l’utilité de monter la
page Harga en tête des pages, au milieu ou de la décaler en fin d’édition. Rien
n’interdit d’imaginer un entretien hebdomadaire avec le «clandestin de la
semaine» élu par un vote SMS des lecteurs du journal. L’ignoble se fait son trou
dans notre vie, et nous réagissons à cette ignominie avec l’énergie d’un dolmen.
Rien ! Ça ne choque plus personne, presque plus personne, de lire tous les
matins que le pays se vide de ses enfants, de son sang. Ça ne scandalise plus
personne, presque plus personne, de lire que des agents pénitentiaires algériens
sont en formation en Espagne, que les Britanniques auditent nos prisons alors
que, dans le même temps, ces prisons nous les bourrons de malheureux repêchés en
mer et plongés en taule. A quand le festival annuel de la harga. Ou l’année de
la harga en Algérie ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L
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