Hier, de Bruxelles, l’agence Reuters confirmait l’information que je vous ai livrée. L’Union européenne négocie bien avec Israël l’intégration de cet Etat dans ses structures de discussions, de projections stratégiques et de décisions. Les termes très alambiqués pour dire cette réalité ne peuvent cacher le fait qu’Israël sera le 28e membre de l’Union européenne à l’insu des peuples européens et hors de tout contrôle démocratique. Israël fait déjà partie d’une structure secrète de l’Otan chargée de préparer d’éventuelles interventions dans des pays producteurs de gaz — donc le nôtre aussi — en cas de dangers sur la sécurité énergétique de l’Europe. Dans cette structure, les officiers et les experts parlent de «leur» gaz dont ils nous considèrent provisoirement comme les gardiens à tenir sous haute surveillance. Le gouvernement le sait-il ? En a-t-il parlé aux Européens ? S’est-il inquiété du double statut d’Israël dans cette Union pour la Méditerranée ? Considère- t-il que cette question vitale pour notre avenir concerne aussi les citoyens ? Nul ne peut répondre. L’Union européenne a utilisé, à son habitude, un euphémisme pour dire cette place spéciale, hors normes et hors contrôle, réservée à Israël. En fait, elle cherche à prévenir un scandale car un groupe de députés européens ont eu vent de l’affaire traitée dans le plus grand secret et ont dénoncé une manœuvre récompensant un Etat colonial coupable de crimes permanents. Le communiqué de l’Union européenne informe que cette dernière a accepté le principe d’une intensification des relations avec Israël. Elle ajoute intensification modeste. C’est tout à fait modeste de permettre à un pays non européen de participer aux décisions de l’Union. Et pour calmer la colère des députés, le communiqué ajoute la condition d’une position plus constructive d’Israël dans le processus de paix. Plus constructive en pleine intensification de la colonisation que même Rice n’arrive plus à avaler ? Quelle hypocrisie ! Et pour ne pas laisser place à une mauvaise interprétation, le communiqué ajoute : «L'Union européenne est déterminée à développer un partenariat avec Israël.» Le reste c’est des mots. Israël et la France viennent de nous en donner une nouvelle preuve. Dès que Bachar Al-Assad a accepté le principe de se rendre à Paris et de saluer une unité de l’armée qui occupe une partie de son pays, Sarkozy met la pression pour qu’il rencontre Olmert. Une rencontre à trois. Et ces eux dirigeants disent cyniquement que la rencontre suffit à elle-même. Quelle place faite aux symboles. Ils savent qu’une pantalonnade ne coûte que par le premier pas. Après, ils entraîneront Al- Assad dans le dédale interminable de négociations sans fin et sans principes au cours desquelles il lâchera un à un ses points forts, ses atouts, allant de reniement en reniement. Comme M. Abbas. Tout à fait. Il faut bien alors poser la question clairement à notre gouvernement. Acceptera-t-il le double statut d’Israël ? Est-il conscient que cette première concession l’emmènera à en faire d’autres de plus en plus graves, de plus en plus attentatoires à notre indépendance et à notre souveraineté ? En l’absence d’un débat national sur la question et à cause du monopole gouvernemental sur les AE, il sera le seul à en porter la responsabilité. Et être seul, c’est déjà être le gouvernement d’un Etat faible. M. B.
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