Y aurait-il un seul programme national de mise à niveau ou deux ? Il y aurait deux, à en croire le ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement évoquant la présentation prochaine d’une loi-programme de mise à niveau alors que le ministre de la PME a déjà initié un plan similaire. Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir)- Hier à l’hôtel Hilton, le
ministère de la Petite et moyenne entreprise et de l’Artisanat a
organisé une journée d’étude sur le rôle des organisations et
associations professionnelles dans l’exécution du programme national de
mise à niveau des PME. Une rencontre tenue en collaboration avec
l’Agence nationale de développement des PME (ANDPME) et le programme de
coopération algéro-allemand pour le développement durable. A cette
occasion, une convention a été signée entre l’ANDPME et trois
organisations professionnelles, l’Union générale des entrepreneurs
algériens (UGEA), l’Association nationale des entreprises de formation
agréée (Anefa) et l’Union nationale des industries alimentaires (Unida).
Il s’agit d’impliquer ces associations professionnelles et l’ensemble
des organisations similaires dans la mise en œuvre du programme national
de mise à niveau des entreprises. Un programme initié par le ministère
de la PME depuis plus d’une année d’une enveloppe annuelle de 1 milliard
de dinars.
680 manifestations d’intérêt pour la mise à niveau
A ce propos, le ministre de la PME, Mustapha Benbada, a indiqué
qu’une campagne de sensibilisation avait été lancée durant l’année 2007
visant 47 wilayas et 3 000 entreprises. A la suite de cette campagne, l’ANDPME
a enregistré 680 manifestations d’intérêt et le lancement de 216
opérations de pré-diagnostic d’entreprises. En marge de cette rencontre,
Mustapha Benbada a rappelé que le premier programme de mise à niveau,
initié, supervisé et financé en partenariat avec l’Union européenne, a
abouti pour 445 entreprises privées, et qu’un second programme identique
est sur les rails. Des programmes qui «n’ont pas échoué» selon le
ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement,
Abdelhamid Temmar. Hier, dans les colonnes d’un confrère ( le Quotidien
d’Oran), Abdelhamid Temmar a estimé que ces programmes «ont donné des
résultats mais très inférieurs à ce qui pourrait vraiment changer la
face de nos entreprises».
Vers une loi-programme, selon Temmar
Pour le ministre de l’Industrie, la mise à niveau du secteur public,
essentielle pour la relance de l’appareil de production, concernera
quelque 2 500 entreprises. Toutefois, il a précisé que «l'expertise
européenne pour cette question ne peut se faire sans un cadre du
gouvernement». Dans cet ordre d’idées, Abdelhamid Temmar a annoncé, hier
sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, que dans le cadre
de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie industrielle, une
loi-programme de mise à niveau sera présentée la semaine prochaine au
gouvernement. Il est question d’identifier les secteurs et entreprises à
mettre à niveau selon Abdelhamid Temmar qui relève que «ce qui a été
fait par le ministère de la PME sera intégré dans la stratégie
industrielle. On ne perdra rien. Du point de vue de la responsabilité,
celle économique fait que tout ce qui a été fait sera totalement
récupéré». Un projet du ministre de l’Industrie que le ministre de la
PME semble ignorer même s’il a été accueilli de manière sereine par
Mustapha Benbada.
Benbada appelle à davantage de concret
Pour le ministre de la PME, si la stratégie industrielle impose
d’engager la mise à niveau, les entreprises industrielles ne doivent
cependant pas être délaissées. Mais à charge pour chaque département
ministériel de réaliser ses engagements découlant de cette stratégie, ce
que le ministère de la PME a fait, affirme Mustapha Benbada. Ce dernier
d’en appeler à moins de conceptualisation et davantage de concret, dans
la coordination et la complémentarité sectorielle. Deux conceptions
divergentes de deux membres d’une même équipe gouvernementale qui
laissent entendre qu’il existe deux et non pas un seul programme
national de mise à niveau. Voire, la reproduction du scénario du début
des années 2000 où le ministère de la PME pilotait un programme de mise
à niveau avec l’assistance du programme euro-méditerranéen et le
département de l’industrie en pilotait un autre avec l’appui de
l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi).
Une divergence d’approches, qu’il y ait ou non un conflit de personnes
ou d’ambitions, qui ajoute à la confusion de l’opinion publique et à
l’absence de lisibilité et visibilité de l’action gouvernementale.
C. B.
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