Un remaniement sera observé dans les jours à venir au sein du secteur bancaire. C'est, entre autres, ce qui ressort des dernières déclarations du président de la CCFC, Mahmoudi Karim. M. Mahmoudi a laissé entendre, lors d'une conférence animée hier à Alger, que les banques publiques connaîtront «l'installation de nouveaux conseils administratifs» dans les deux semaines à venir. Après avoir déclaré que ce secteur est «dans un état lamentable», le président de la CCFC soutiendra qu'il ne peut y avoir de réformes dans ce secteur sans une réorganisation. «La banque doit apparaître à l'avenir plus humble et plus transparente. Malheureusement, il y aura toujours des gens parrainés par des clans» qui encourageront la corruption et les malversations. En fait, Mahmoudi a dressé un tableau peu reluisant de la situation économique du pays. Corruption, marché parallèle, blanchiment d'argent, cadres malmenés, manque de sécurité juridique sont les termes souvent revenus lors de cette conférence. Pour Mahmoudi, l'Algérie est devenue la «décharge» où tous les pays du monde viennent déverser toutes sortes de produits, et où les achats groupés sont estimés à 30 milliards de dollars. Ce que révèle la presse sur les affaires liées au blanchiment d'argent et à la corruption représenterait un dixième de la réalité, selon le conférencier qui explique que les chiffres sont «maquillés». La corruption serait «sponsorisée» et dépasserait toute réalité. Celle-ci est notamment soutenue par «le marché parallèle» qui bat son plein, surtout dans le secteur de la monétique. Dans cette visée, M. Mahmoudi annonce que le centre de traitement du renseignement aurait dernièrement découvert trois affaires de blanchiment d'argent qui pourrait être considérées comme de nouveaux «scandales». En réponse à une question relative à la loi de finances complémentaire, M. Mahmoudi estime «qu'il n'existe aucun élément technique susceptible de nous expliquer ce passage de 19 à 37$» du prix de référence. Et d'ajouter : «Il s'agit d'une décision politique dont le seul but est d'avoir la paix sociale.» Cependant, il existe plusieurs signaux positifs émanant de certains responsables. Une certaine volonté de s'améliorer serait perçue, affirme l'orateur, notamment dans le secteur des impôts, celui des douanes et au niveau de l'IGF. Mais l'Etat devrait miser un «peu» sur les moyens matériels et humains. «L’Inspection générale des finances souffre de carence en matière de cadres. 200 ou 250 inspecteurs ne peuvent pas faire face à la situation», souligne M. Mahmoudi qui préconise le renforcement des ressources humaines. Abordant le sujet d'incarcération des cadres, M. Mahmoudi «prédit» une vague d'arrestations dans une quinzaine de jours. Il avance le chiffre de 150 à 200 cadres qui seront pénalisés. A noter, par ailleurs, que la CCFC organise, les 22 et 23 du mois en cours, son université d'été. Le thème choisi sera consacré aux stratégies de développement de la PME en Algérie. Des experts au nombre de 27, dont 13 étrangers, participeront à ces rencontres. Wassila Z.
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