mardi 17 juin 2008
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Actualités : BOUIRA
Une autre bagarre entre les travailleurs algériens et les Chinois


Décidément, les choses ne semblent pas s’améliorer entre les travailleurs algériens et les Chinois au niveau de l’entreprise CETIC-CRCC, le consortium chinois chargé de la réalisation du tronçon d’autoroute El-Adjiba—El- Mhir sur 16 km.
D’après des informations que nous avons recueillies hier lundi, les travailleurs algériens ont procédé à la fermeture de la base vie empêchant la sortie d’engins et ce, afin de protester contre l’agression dont aurait fait l’objet un de leurs collègues. Après le déplacement de l’inspecteur du travail et des responsables de l’Anem et du DEJ de Bouira sur les lieux et au cours de la rencontre qui a eu lieu entre les représentants des travailleurs algériens et les responsables chinois, il s’est avéré que l’escarmouche avait eu lieu entre un Algérien et un seul Chinois et le problème a été réglé. Vers 10h, le travail a repris normalement. Cependant, du côté des travailleurs algériens qui sont un peu plus de 250 au niveau de ce chantier, le problème de la relation de travail est toujours posé. Ainsi, et aux dires d’un ouvrier travaillant pour le compte de cette entreprise, la prime de risque n’est jamais perçue, le transport est assuré à l’aller alors que pour le retour, c’est la débrouillardise. Plusieurs fois, des travailleurs arrivés au chantier sont refoulés, car il n’y a pas de travail pour eux ce jour-là et à la fin du mois, ils se voient défalquer cette journée ; le retard est considéré systématiquement comme une absence ; l’eau transportée dans des citernes est pratiquement imbuvable ; enfin, la langue de communication est un handicap majeur et elle serait à l’origine de l’escarmouche de ce dimanche. Pour rappel, lors de la dernière grève qui a eu lieu suite à l’agression de deux travailleurs algériens par des Chinois, il a été convenu la création d’un syndicat UGTA à l’intérieur de l’entreprise. Plus d’un mois après cet événement, le syndicat d’entreprise est créé mais les travailleurs continuent à subir les mêmes diktats de la part de cette entreprise étrangère ; une entreprise que le ministre des Travaux publics n’a cessé de couvrir d’éloges au point que même lorsqu’elle faillit aux règles élémentaires des relations de travail qu’elle se doit d’appliquer étant sur le sol algérien, les responsables ferment les yeux pour que l’image que le ministre fait de cette entreprise soit toujours positive. Quitte à fouler aux pieds les droits élémentaires des travailleurs algériens. Drôle d’époque que celle dans laquelle nous vivons !
Y. Y.

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