Il est établi que le massif forestier de la wilaya de Mascara a subi pour diverses raisons, d’énormes dommages ces dernières années, notamment au niveau des monts de Stamboul et Timixi qui constituent le gros du patrimoine forestier. Les incendies, les surpaturages ou les coupes illicites de bois sont autant de facteurs qui favorisent cette atteinte au patrimoine forestier avec les conséquences que l’on sait c’est-à-dire l’érosion des sols. Cette année, plus que jamais nous avons observé des troupeaux lâchés à Stamboul et du côté de Chorfa. Ce sont des nomades à la recherche de pâturages qui se sont installés et le préjudice risque d’être important. C’est un combat permanent que mènent les gradesforestiers et à ce propos, le conservateur nous déclarera : «Nous agissons pour délimiter les zones de pâturage accessibles.» A ceci, s’ajoutent les maladies véhiculées par les insectes la chenille processionnaire qui a détruit une partie du pin d’Alep qui constitue la grande proportion des forêts. Les actions de lutte contre celle-ci pour l’année 2008 se sont traduites par le traitement par voie aérienne d’une surface de 365 ha alors que pour 2009, elle devrait être de 635 ha. Le programme global de traitement aérien pour tenter de préserver le massif forestier se situe aux environs de 700 ha. La tâche est ardue, nous dira notre interlocuteur, car, ajoute-t-il, le reboisement doit être perpétuel et la prévention contre les incendies de mise. A ce propos, nous apprenons que certains postes d’observation seront à nouveau fonctionnels cet été alors que le désherbage sur les bords de chemins mitoyens des forêts doit être impérativement effectué. Côté lutte et pour les premières interventions avant que les feux ne se propagent, des véhicules seront stationnés en permanence sur les sites forestiers. Globalement, nous dira le conservateur des forêts, les incendies sont causés par les feux involontaires et pour 50 à 60% d’entre eux, les causes sont inconnues. Le territoire de la wilaya de Mascara, à l’instar des autres wilayas, n’échappe pas à la menace de désertification et des actions sont menées pour reconquérir les terres arides comme, le programme de PPDR dont la concrétisation commence à donner des résultats probants. Il suffit, par exemple, de vous rendre du côté de Béni Chougrane, donc sur les hauteurs pour réaliser le changement opéré où la plantation d’arbres fruitiers a changé le paysage. D’autres contrées sont également concernées par ces actions qui comprennent également la reconstitution de l’oliveraie, celle-ci pour cause de sécheresse dont elle en a pâti a perdu particulièrement de son lustre du côté du périmètre de Sig alors que vers la commune de Aouf, où le déficit en eau est moins important, se profile un bel avenir. La salinisation des sols qui progresse sur le périmètre de Habra (Mohammadia) est également une menace latente et un signe de désertification. Les indices sont manifestés à El Mactaâ près de la zone humide où des tâches blanchâtres sont visibles qui traduisent donc sa salinisation. Les terres touchées par l’aridité et devenues stériles sont recensées vers Bouhanifia et Hacine et elles ont peu de chance d’être sauvées. Dans le sud d’Aouf et El-Bordj, les dégâts sont beaucoup moins importants et la replantation de la vigne et des arbres fruitiers ralentira certainement la désertification. La menace permanente d’érosion est présente surtout sur la chaîne des monts Béni Chougrane dont la surface avoisine les 260 000 ha dont 80 % se trouvent sur le territoire de la wilaya de Mascara et le reste dans celles de Sidi-Bel-Abbès et Relizane. Aouf, sur les monts de Saïda, n’est pas aussi sensible à l’érosion. Nous relevons au cours de cette séance avec les différents responsables des forêts, ce souci de sensibiliser et de faire prendre conscience à l’opinion publique les dangers qui les menacent. C’est un éternel combat entre la nature et l’homme et la lutte contre la désertification est une responsabilité collégiale, conclura le conservateur des forêts de Mascara. M. Meddeber
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