La fin de saison a confirmé la forme réelle de notre football national. Hier, à l’occasion de la 46e finale de l’épreuve populaire, deux équipes, le WAT et la JSMB, ont donné devant le président de la République et les millions de téléspectateurs l’image hideuse d’une discipline gagnée par les scandales.
Et si la JSMB s’est adjugée le 1er grand titre de son histoire, au
prix de la fatidique série de tirs au but, c’est surtout grâce à la
maîtrise de ses vieux briscards. La troupe de Bouali a été certes plus
volontaire, plus généreuse. Sa descente en Superdivision ne pouvait
échouer que sur une belle consolation. N’Jeukam en a décidé autrement.
Dominer n’était pas pour offrir un avantage palpable aux gars de Fouad
Bouali durant les premières quarante-cinq minutes. En effet, les
Tlemceniens ont pris d’emblée la direction des bois du portier béjaoui,
le Camerounais Bruno N’Jeukam, mis à l’épreuve en de nombreuses
occasions notamment par l’entremise de Djellit qui trébuchera dans la
zone de vérité, notamment aux 26’ et 29’ quand il verra ses deux essais
repoussés par N’Jeukam. Pendant ce temps, les hommes de Khezzar
s’organisaient au milieu du terrain et opéraient par des contres menés
superbement par leurs fers de lance, Belakhdar et Deghiche Mesbah. Ce
dernier sera un véritable poison pour la défense widadie qui s’affolera
à chacun de ses débordements. On abordait la 39’ quand un centre parfait
de Deghiche Mesbah, venant de la droite des bois de Gaouaoui, sera
amorti par Ghazi dont la remise instantanée trouvera Belkheir, en pivot,
lequel dévie le cuir de la tête sur Boukessassa bien embusqué dans les
18 yards, qui n’avait qu’à ajuster le gardien international du WAT. Une
réalisation intervenue contre le cours du jeu et à un moment que tout le
monde pensait dramatique pour le moral des Zianides. Ceux-ci semblaient
baisser pavillon en subissant, juste après cette concrétisation de
Boukessassa, la domination des Vert et Rouge de la Soummam. Ces
derniers, plus expérimentés, allaient pourtant céder à une certaine
euphorie qui leur sera fatale quelques minutes après le retour des
vestiaires. Ainsi, à peine huit minutes après le retour des citrons,
Benmoussa, le buteur widadi, trouve le moyen de rétablir l’équilibre
suite à une erreur provoquée par le portier béjaoui, N’Jeukam qui, en
voulant s’interposer à un coup franc botté à partir de la droite de ses
bois, dégarnit sa zone et offre à Benmoussa l’opportunité d’égaliser
devant des buts vides (53’). La déferlante bleue sera davantage vive et
Djellit et Deghiche Rafik avaient le second but au bout de leurs
chaussures. Il faut signaler que le gardien camerounais de la JSMB, qui
avait commis l’irréparable sur l’action de l’égalisation, s’est
rapidement remis en confiance en sauvant son équipe de plusieurs
situations dangereuses, notamment celle provoquée à la 87’ par le corner
de Benmoussa repris de la tête par Deghiche Rafik et qui sera détourné
par N’Jeukam. C’était la dernière véritable occasion remarquable de
cette confrontation «tuée» par la grosse chaleur qui régnait à Blida.
Les 30 minutes de la prolongation étaient une autre corvée que les 22
acteurs et les milliers de spectateurs allaient endurer. Une demie-heure
durant laquelle les joueurs ont peiné à telle enseigne que certains
d’entre eux avaient du mal à conserver le cuir ou de courir derrière le
ballon. Les changements opérés par les deux coaches n’apporteront
absolument aucune note de fraîcheur à la partie, même si, à la 101’, un
coup franc des 30 mètres de Benmoussa percutera l’équerre des bois de N’Jeukam,
qui était loin de sa ligne de but, et redonnera un semblant de gaieté
aux débats. Le remplaçant Dif eut l’occasion d’achever les Béjaouis
quand il réceptionnera au point du penalty un service de Djellit qu’il
ne peut transformer devant l’imparable N’Jeukam (109’). Dès lors, tout
le monde comprit que seule la série des tirs au but pouvait départager
les deux antagonistes.
M. B.
FICHE TECHNIQUE
Blida, stade Mustapha-Tchaker, temps très chaud, terrain en bon
état, affluence très nombreuse, arbitrage de M. Boumaza assisté de MM.
Omari et Tahir. 4e arbitre : M. Abed. Buts : Boukessassa (39’) JSMB,
Benmoussa (53’) WAT. Avts : Messali (52’) JSMB, Benmoussa (53’) WAT JSMB
: N’Jeukam- Megatli puis Meddour (64’)- Bouchetta- Zeghdoud- Messali-
Derrahi- Deghiche Mesbah puis Ousmaïl (103’)- Boukessassa- Belkheir-
Ghazi puis Braham Chaouch (80’)- Belakhdar. Entr. : Khezzar- Boussekine
WAT : Gaouaoui- Kheris- Boudjakdji- Layati- Hebri- Abdelaoui- Chaïb puis
Dif. A (83’)- Djellit- Benmoussa- Deghiche Rafik puis Tebbal (98’)-
Tiouli puis Belgherri (119’). Entr. : Bouali
Bgayet thezha !!!
Le rêve caressé durant des décennies par les fans béjaouis est
devenu réalité. Dame Coupe a enfin souri cette fois aux Kabyles de la
Soummam qui inscrivent ainsi désormais en lettres d’or le nom de la JSMB
dans l’histoire de cette prestigieuse compétition nationale. 72 années
après sa création, le club phare de la Soummam remporte son premier
sacre national à l’occasion de la finale de la Coupe d’Algérie disputée
hier contre l’équipe des Zianides au stade Mustapha-Tchaker de Blida. Il
aura fallu attendre la série des tirs au but pour voir enfin la victoire
se dessiner définitivement et libérer totalement les fans béjaouis. Une
victoire au goût particulier, car arrachée de haute lutte grâce à la
série des tirs au but fortement déconseillée aux âmes sensibles. Une
véritable explosion de joie a été observée à travers toutes le localités
de la wilaya de Béjaïa. Des milliers de fans ont laissé libre cours à
leur joie pour fêter leurs champions. Dès le coup de sifflet final, les
supporters en délire ont envahi les rues pour saluer cette historique
performance. L’émotion fut telle que nombre de fans n’ont pu contenir
leurs larmes. «C’est magique ce qui nous arrive ! Merci la JSMB, merci
pour tous les joueurs, pour tout ce bonheur !» lance avec fierté un
supporter des Vert et Rouge dans le quartier Dawadji. Dans une ambiance
folle où se mélangent le vert et le rouge de la JSMB, le jaune et le
vert de la JSK ainsi que le vert et le noir du MOB, c’est toute la
victoire de la Kabylie qu’on entend fêter après le titre de champion
d’Algérie des Canaris. «C’est une consécration et une joie pour toute la
Kabylie», tels sont les propos qui revenaient dans la bouche des fans.
La foule grossissait au fur et à mesure dans la soirée d’hier dans les
différents quartiers de la cité des Hammadites. Des cortèges
impressionnants de véhicules klaxonnant sillonnaient les quartiers d’Ighil
Ouazoug, Ihaddadhen, Aamriw, El Khemis, Sidi-Ahmed et la Haute-Ville,
important fief des Vert et Rouge. Agglutinées aux fenêtres, les femmes
lançaient des youyous à la gloire des équipiers de Farid Ghazi and co,
les héros du jour. Dans la soirée, c’est une véritable marée humaine qui
a déferlé sur les principales artères de la ville. «Depuis la fête de
l’Indépendance, jamais on a vécu une telle ambiance, c’est la folie
collective», dira un homme pour qui il n’était pas question de rater
l’événement. Dans le reste de la wilaya, que ce soit en région du Sahel
ou dans la Vallée de la Soummam, c’est la même ambiance de liesse
populaire durant toute la nuit. «Il nous fallait ce trophée. Il est
désormais à nous, que la fête soit totale !»
A. Kersani
Un Camerounais à Yemma Gouraya
Jouée sur une pelouse qui commence à se dégrader sérieusement (et
dire qu’on la qualifie de meilleure pelouse d’Algérie !), cette finale
inédite de la Coupe d’Algérie n’aura pas été un modèle du genre en
matière de qualité du jeu, même si elle tint toutes ses promesses sur le
plan de l’intensité et du suspense. Aprement disputée, elle nous révéla
une équipe de Tlemcen dont on se demande comment, avec de tels moyens,
elle a pu s’accrocher à la lanterne rouge durant une grande partie du
championnat ! Face à une équipe de Béjaïa qui a préféré jouer les
contres, Tlemcen développa un jeu de qualité fait de mouvements
collectifs, de bonne circulation du ballon et de maîtrise technique
servie par des individualités de haut niveau. Par contre, et malgré
quelques incursions réussies dans le camp adverse, Béjaïa ne parvint que
rarement à prendre la direction des opérations, le milieu du terrain
étant submergé par des Tlemcéniens très forts dans la récupération du
ballon. En outre, la JSMB étonna par la déconcentration de sa défense et
le nombre considérable de sorties hasardeuses de son fantasque gardien
de buts, le Camerounais N’Jeukam. Cependant, ce dernier se distingua par
deux sorties spectaculaires qui sauvèrent son équipe de deux buts
certains peu avant la fin de la partie réglementaire et au début de la
seconde mi-temps des prolongations. D’une manière générale, l’équipe de
Yemma Gouraya ne semblait guère en bonne forme physique devant une
tonitruante formation des Zyanides, plus fraîche et plus engagée. Au
cours des prolongations que Béjaïa termina sur les genoux, rien ne
changea et ce furent les tirs au but et ce fut la grande démonstration
de ce gardien capable du pire comme du meilleur. Ce Bruno N’Jeukam a dû
être béni par Yemma Gouraya qui s’offre ainsi la première Coupe
d’Algérie de son histoire. C’est Tlemcen qui a fait l’essentiel du jeu
et ce sont ces futés vert et rouge qui l’emportent. C’est ça le football
!
Maâmar Farah
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