Un jeune homme est sommé, par son père, d'aller chercher à
Alger la tête de son frère coupée par les Turcs. Ainsi commence le récit
picaresque, mêlant humour et ironie, du dernier livre de Habib Tengour,
Le Maître de l’Heure. L’auteur s’immerge dans le monde de l’hagiographie
populaire. Il déconstruit le récit biographique, brouille la narration
et, en aventurier de la poésie, il tisonne le foyer poétique pour en
maintenir la combustion.
Le voyage est jalonné d’humour et d’aléas.
Toute l’œuvre de Habib Tengour ressemble, au fond, à ce livre. Cet
entremêlement ludique des styles, des tons et des souffles est sa marque
de fabrique. Ce poète éprouve du plaisir à agiter le lecteur en
s’abandonnant à l’instinct de migrateur, au sens propre et figuré du
terme. Il alterne les époques, les références aux grands textes tout en
restant inimitable, personnel et inclassable. La liberté de ton adoptée
par le poète Tengour, y compris dans ses romans ou ce que les éditeurs
classent comme tels, fait de lui un des écrivains algériens les plus
intéressants et l’un des plus marginalisés. Il est loin des feux de la
rampe qu’il regarde, du reste, avec ironie et suspicion.
Bachir Agour
Le Maître de l’Heure, Habib
Tengour, Editions la Différence
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