jeudi 19 juin 2008
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Sports : SÉNÉGAL
Les Lions de la Téranga veulent y croire


Ce lundi 16 juin marquait la commémoration du sixième anniversaire de la victoire 2-1 du Sénégal sur la Suède. Au terme de la prolongation, les Africains avaient décroché leur billet pour les quarts de finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002, ce qui reste à ce jour le plus grand exploit de l'histoire de la sélection nationale. Malheureusement, depuis cette époque, les Lions de la Téranga ont été de désillusion en désillusion.
Pourtant, cette génération dorée qui avait entamé son parcours asiatique par une victoire mémorable sur la France, championne du monde et d'Europe en titre, semblait promise à un bel avenir. En 2002, seule la Turquie était parvenue à freiner la marche triomphale des Sénégalais, en s'imposant par la plus petite des marges en quarts de finale. A l'époque, les plus grands clubs européens se disputaient les faveurs des El Hadji Diouf, Khalilou Fadiga, Salif Diao et autres Henri Camara. Mais les transferts ratés de Diao et Diouf à Liverpool allaient vite tempérer l'ardeur des recruteurs. Au fil des ans, la plupart des héros de 2002 ont dû apprendre à se contenter d'évoluer dans des clubs anonymes de milieu de tableau, que ce soit en France ou en Angleterre. Le Sénégal, qui ambitionnait de révolutionner la hiérarchie mondiale, est vite rentré dans le rang. Pire encore, les Lions de la Téranga ont souvent eu du mal à tenir leur rang sur la scène africaine. Le récent match nul concédé face au Liberia pour le compte des éliminatoires conjointes de la CAN et de la Coupe du Monde de la FIFA 2010 est venu illustrer la terrible crise de confiance que traverse l'équipe nationale depuis quelques années. Malgré cette situation difficile, les footballeurs sénégalais veulent pourtant faire bonne figure. «C'est vrai, nous avons connu quelques difficultés», concède Abdoulaye Faye, interrogé par African Football Media. Le milieu de terrain de Newcastle, blessé, n'a pas participé au match nul (2-2) contre le Liberia. «C'est un mauvais résultat, mais j'ai confiance en mes coéquipiers. Je suis sûr que nous allons retrouver le niveau qui était le nôtre en 2002. Nous nous qualifierons pour la Coupe du Monde et nous irons loin». El Hadji Diouf, qui a posé ses valises à Bolton après un séjour difficile à Liverpool, partage l'optimisme de son coéquipier : «Il est trop tôt pour être inquiet», assure l'ancien Joueur africain de l'année (2001 et 2002), auteur du premier but contre le Liberia. «Nous sommes toujours en tête de notre poule et ceux qui affirment que le football sénégalais est en crise ont tout faux». Pourtant, depuis Corée/Japon 2002, le Sénégal n'a que rarement eu l'occasion de briller. Depuis le départ de Bruno Metsu, une ribambelle de techniciens se sont succédé sur le banc, mais aucun n'a réussi à trouver la recette miracle. Les Lions ont ainsi manqué la qualification pour la Coupe du monde de la FIFA, Allemagne 2006, devancés par le Togo. Ils se sont toutefois consolés en atteignant les quarts de finale (2004), puis les demi-finales (2006) de la Coupe d'Afrique des nations. Malheureusement, la dernière édition au Ghana a, une fois de plus, tourné au désastre pour le Sénégal. Henri Kasperczak, le sélectionneur national, a abandonné son poste après deux matches, tandis que trois titulaires habituels, Diouf, le gardien Tony Sylva et le milieu de terrain Ousmane Ndoye, ont suivi le dernier match depuis le banc des remplaçants après avoir été photographiés la veille dans une boîte de nuit. A l'issue de la compétition, la rupture au sein du groupe paraissait consommée. Diouf avait même publiquement critiqué les responsables de la Fédération sénégalaise et ses coéquipiers dans la presse. Il a donc fallu recoller les morceaux avant de se lancer à l'assaut de ces nouvelles éliminatoires. Mais, une fois encore, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Malgré des résultats en dents de scie, les joueurs plébiscitent toujours l'actuel sélectionneur, Lamine Ndiaye. «Ndiaye est l'homme de la situation», affirmait Diomansy Kamara, l'attaquant de Fulham, à l'issue du match de Monrovia. «Si nous voulons progresser, nous devons nous en remettre à son expérience et à ses consignes.» Néanmoins, la situation n'est peut-être pas aussi rose que les internationaux sénégalais aiment à le croire. En effet, le Sénégal compte cinq points en trois matches et occupe effectivement la première place de sa poule, mais uniquement grâce à une meilleure différence de buts. La Gambie, qui avait été tenue en échec sur son terrain par ces mêmes Sénégalais, affiche pour l'instant un bilan identique. L'Algérie reste en embuscade à deux longueurs et la jeune équipe libérienne a déjà démontré qu'elle avait les moyens de jouer les arbitres en décrochant déjà deux résultats nuls. Sylva se refuse pourtant à évoquer une situation de crise. «Nous aurions pu gagner à Monrovia, remarque-t-il. Si vous consultez le classement, vous verrez que nous sommes en position de force, d'autant que nous n'avons pas encore atteint notre meilleur niveau.» «Nous devrions gagner les deux prochains matches assez facilement», estime, pour sa part, le Stéphanois Moustafa Bayal Sall. Le 21 juin, le Sénégal recevra le Liberia, avant d'accueillir la Gambie en septembre. «Nous n'avons pas l'intention de revivre les mêmes événements qu'en 2006. Nous serons présents en Afrique du Sud.»

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