A quarante-sept ans, Merzak Dahmouche, l’un des rares boxeurs poids lourd algériens encore en activité, s’apprête à disputer un combat sous l’égide de la WBC World Boxing Corporation) face à un opposant turc. Mais auparavant, il devra se mesurer aujourd’hui à un pugiliste camerounais à Jijel en guise de préparation avant le «big» challenge du mois de juillet.
Le Soir d’Algérie : Vous êtes remonté sur le ring à 47 ans en
battant un jeune de 29 ans. Etait-ce une démonstration ou une
préparation ?
Merzak Dahmouche : C’était un gala de boxe et je suis remonté sur le
ring pour préparer un combat que je dois livrer le 19 juin à Jijel face
à un Camerounais et ensuite me mesurer à un Turc dans le cadre de la WBC.
Vous êtes apparu plutôt «enveloppé». Quel est votre poids de forme ?
Mon poids de forme est de 104 kg. Effectivement, lors du dernier combat,
je pesais 112 kg. Mais je travaille énormément et je serai au point lors
du prochain combat.
Vous vous êtes longtemps arrêté et à votre âge, cela doit être difficile
de reprendre la compétition.
Non, je n’ai aucune difficulté parce que je n’ai jamais cessé de
m’entraîner et j’observe une stricte hygiène de vie.
Georges Foreman est devenu champion du monde à 49 ans. C’est son exemple
qui vous inspire ?
Je crois qu’il a gagné le titre de champion du monde des lourds à 52
ans même. Il y a eu aussi dans le passé un certain Archie Moore qui
avait arrêté puis qui avait repris pour être consacré à 48 ans. En boxe,
il ne faut pas compter le nombre d’années mais se référer à la machine
humaine. Personnellement, j’ai toujours l’envie et tant que la carcasse
est solide, je n’ai pas envie de m’arrêter.
Que répondez-vous à ceux qui préconisent le port du casque de protection
pour les boxeurs professionnels ?
Le casque, c’est bien pendant les entraînements quand on a un
sparring-partner par exemple, mais en compétition, je suis contre. La
boxe est née sans casque et elle doit se pratiquer ainsi sinon ce ne
serait plus le noble art comme on l’appelle.
La boxe algérienne ne s’illustre plus comme avant. Et à votre âge, vous
êtes toujours l’un des meilleurs dans votre catégorie. N’y a-t- il plus
de relève ?
Non, malheureusement, il n’y a plus de relève. Quand je constate que
certains jeunes qui s’entraînent pensent plus à se parfumer qu’à suer,
cela me désole. La boxe est un sport très dur et c’est surtout l’odeur
de la sueur qui doit prédominer dans une salle.
Bientôt les JO de Pékin. Pensez-vous que nos boxeurs pourront s’y
illustrer ?
Nos boxeurs sont imprévisibles. Ils peuvent faire quelque chose tout
comme ils peuvent décevoir et collectionner les résultats négatifs. Cela
dit, les Jeux olympiques, c’est un niveau très élevé et ça va être très
difficile pour les nôtres surtout avec des nations asiatiques qui ont
beaucoup progressé dans cette discipline.
Croyez-vous que l’Algérie a une chance de remporter au moins une
médaille ?
Tout est possible, mais personnellement, j’en doute parce que les Jeux
olympiques, ce n’est pas un challenge africain.
Que faut-il faire, selon vous, pour relancer la boxe et avoir de grands
champions comme Loucif Hamani ?
Il faut d’abord un grand changement au niveau de la fédération. Au
niveau de cette instance, il n’y a que des bureaucrates. D’ailleurs, il
y a, paraît-il, un trou de deux milliards dans le budget. Mais où est
passé tout cet argent ? La boxe, ce n’est pas du stylo, c’est de la
pratique. Cela se passe dans des salles et non pas dans des bureaux
confortables.
La boxe aux boxeurs, autrement dit ?
Bien sûr. A la fédération, il y a des gens qui ne savent même pas ce
qu’est la boxe. Moi, quand j’avais débuté, j’avais un ancien qui était
mon coach, en l'occurrence aâmmi Meftah.
Après votre combat contre le Turc, que se passera- t-il en cas de
victoire de votre part ?
Il faut en parler avec mon manager, mais je pense qu’en cas de victoire,
je pourrais continuer pour un éventuel titre mondial version WBC.
Où se déroulera le combat contre le Turc ?
En principe au mois de juillet à Alger, plus exactement à la salle
Atlas.
Propos recueillis par H. B.
Gala commémoratif à Oran
Le Palais des sports d’Oran commémorera la journée du 19 Juin 1956
qui coïncidera cette année avec le 52e anniversaire de la mort du chahid
Ahmed Zabana. Ainsi, en ce jeudi 19 juin 2008 à 17h, un grand gala de
boxe est organisé par la Ligue oranaise de boxe avec la participation de
boxeurs des clubs de l’IRBOEST, l’ASMO, le WB Arzew, l’EM Arzew, le BC
Oran, le DRCO, la JSB Gdyel, l’ASS Hai Mimosas, la 2e Région militaire,
ainsi que les ligues de Mostaganem, Tlemcen et Témouchent. C. Khalil
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