mercredi 25 juin 2008
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Actualités : DES PÉRIPÉTIES ENTRAVENT L’AVANCÉE DU PROJET
Un tramway nommé dérive


Le tramway d’Alger serait-il sur le point de subir le même sort que le métro de la capitale ? Considéré comme stratégique par les plus hautes autorités du pays, la réalisation de ce projet connaît aujourd’hui un important retard. Blocages dans les travaux de déviation des réseaux et dans la réalisation des infrastructures, absence de coordination, défaillances, tractations opaques… Le tramway semble partir à la dérive.

Enquête réalisée par Tarek Hafid

Pourtant, rien ne laissait présager une telle situation au lancement des travaux. Les membres du groupement Méditérrail — composé d’Alstom, de Todini et de l’ETRHB Haddad — étaient plutôt enthousiastes en donnant le premier coup de pioche. Mais la tâche s’avère plus ardue que prévu : les études de déviation des réseaux remises par les concessionnaires (SEAAL, Sonelgaz et Algérie Télécom) ne sont pas fiables. Alstom, désigné comme chef de file du groupement Méditérrail, décide de revoir ces études. Au mois d’août 2007, l’entreprise française lance une longue campagne de sondage pour reconstituer l’ensemble des réseaux. Les études du secteur 5 sont finalisées par Alstom au mois de novembre. Elles sont validées par Systra, qui est en charge de la maîtrise d’œuvre. Le 5 décembre 2007, le maître de l’ouvrage, l’Entreprise du métro d’Alger en l’occurrence, assiste au coup d’envoi des travaux de déviation des réseaux du secteur 5.
Fiasco

L’opération, qui se déroule de 20 heures à minuit, est un véritable fiasco : les études revues et corrigées par Alstom sont tout aussi fausses que les premières ! Dans une lettre datée du 8 décembre, l’EMA dénonce «le manque de rigueur, la négligence et la légèreté dans les travaux de sondage des réseaux et leur validation sur le secteur 5». «Nous avons le regret de constater à nouveau le manque de sérieux qui caractérise la préparation des travaux liés à la réalisation de la ligne Est du tramway d’Alger tant du côté du groupement que du côté du suivi de la réalisation. En effet, alors que les travaux de déviation des réseaux devaient être effectivement entamés le mercredi 5 décembre, notre visite technique sur site a laissé apparaître que les plans d’exécution élaborés par Méditérrail et validés par Systra ne sont pas conformes à la réalité du terrain (…) Nous vous demandons de faire montre de rigueur, de responsabilité, de célérité et d’efficacité positive dans l’accomplissement respectif de vos tâches», souligne dans cette correspondance Fayçal Labraoui, le chef de projet tramway à l’EMA. La situation devient ingérable. Et pour cause, la déviation des réseaux est l’une des phases les plus importantes dans ce type de projet. Mais dans le cas du tramway d’Alger, elle est quasiment irréalisable sans études fiables. L’ETRHB, qui devait réaliser l’ensemble des déviations de réseaux, travaille à tâtons. Après avoir accompli le secteur 5 à hauteur de 80%, l’entreprise algérienne finit par céder les autres secteurs à Alstom.
Défaillance
Méditérrail est également confrontée à d’importantes difficultés dans la réalisation des ouvrages d’art. Au nombre de six, les chantiers de ces derniers sont quasiment à l’arrêt. Ce dossier fait même l’objet de litige entre les membres du groupement. L’ETRHB, qui est chargée de la construction de deux ponts, est, là aussi, confrontée à des problèmes d’étude. Les travaux sur l’ouvrage d’art n°6 (OA6) ne débuteront qu’au mois de décembre 2007. Mais l’ETRHB sera obligée de stopper les travaux suite à des «réserves» émises par Systra sur la qualité des pieux. La réalisation de l’OA5, qui enjambe l’autoroute au niveau de Bab-Ezzouar, n’a, quant à elle, toujours pas débuté faute… de plans. La situation est bien plus confuse dans le cas de Todini. Le co-traitant italien avait à charge la construction des quatre autres ouvrages d’art. Il sera toutefois déclaré défaillant par Alstom vu son incapacité à réaliser ces infrastructures. «Malgré les notifications répétées constituant des demandes claires de remédier adressées par le chef de file du groupement Méditérrail, aucune mesure réellement significative n’a été prise par Todini de nature à permettre d’éviter que le maître d’ouvrage mette en œuvre la résiliation du marché aux torts exclusifs de Méditérrail (…) Nous sommes donc contraints, en tant que chef de file du groupement Méditérrail, de déclarer la société Todini défaillante au titre de l’article 10.1 de la convention de groupement et de vous retirer de ce fait la part de travaux dont vous aviez la responsabilité, ainsi que tout pouvoir de décision et de droit de vote au sein des organes du groupement», écrit Marc Chagnas, président de Méditérrail, dans une correspondance datée du 11 avril 2008. Réponse de Michel De Capoa, général manager de l’entreprise italienne : «Todini conteste le plus vivement cette déclaration de défaillance et la rejette dans le fond et dans la forme (…) Todini constate qu’ATSA (Alstom) a notifié sa propre défaillance à son co-traitant (…) Contrairement à vos affirmations infondées, nous avons maintenu nos engagements indiqués dans notre courrier du 12 mars dernier. En effet, tous les démarrages de front de travaux annoncés ont eu lieu comme prévu et le chantier est en plein déploiement de jour comme de nuit.» Dans ce courrier daté du 14 avril 2008, De Capoa dénonce avec vigueur «le blocage des paiements» décidé par le chef de file.
Qui perd gagne
Néanmoins, les relations entre les deux partenaires semblent subitement s’améliorer au courant du mois de mai. Le 29 mai 2008, De Capoa adresse une correspondance à Marc Chagnas dans laquelle il évoque «un accord acceptable par les parties dans l’intérêt principal du projet». Des informations font état de négociations entre Todini et Alstom. Les responsables de l’EMA et l’ETRHB confirment, sans pour autant donner plus de détails, l’existence de ces tractations (voir entretiens). Certains observateurs font état du deal suivant : Todini se retirerait du projet en contrepartie d’une compensation financière. Le tramway d’Alger se transforme en une partie de «qui perd gagne» pour Todini. Pour sa part, le groupe Alstom dément formellement ce qu’il considère être une «rumeur». «La rumeur que vous évoquez est totalement infondée et nous avons clairement l'intention de continuer à travailler ensemble sur ce projet. Tous les projets sont guidés par la recherche d’une performance optimale. Cette règle s’applique au projet du tramway d’Alger, comme aux autres projets que mène Alstom avec ses partenaires dans le monde. Un projet est donc par nature en évolution permanente et il est tout à fait normal que les partenaires évoquent ensemble la meilleure façon de remplir les exigences en matière de coût, qualité et délai. Tous les partenaires du tramway d’Alger discutent continuellement entre eux de la meilleure façon de s’organiser, ce qui est le cas entre Alstom et Todini», note Bertrand Blaise, directeur de la communication d’Alstom transport. Pourtant, sur le champ des opérations, Todini est quasiment absent du projet du tramway. Cette situation ne semble pas inquiéter outre mesure les pouvoirs publics. Un projet d’un demi-milliard d’euros qui prend l’eau de toute part est un fait plutôt banal en Algérie. Pourtant, le tramway a été visité par de nombreux responsables politiques, tant algériens que français. Lors de ces visites officielles, les représentants de l’EMA et de Méditérrail n’ont jamais évoqué les défaillances, blocages et autres arrêts de chantiers. Ni même les retards dans la livraison du tramway. Ce retard est aujourd’hui une réalité. Et l’Entreprise du métro d’Alger est la première à le reconnaître. Là encore, Bertrand Blaise contredit totalement l’EMA. «Nous n'avons pas eu connaissance d'une déclaration de retard émanant de notre client EMA. La mise en œuvre du contrat du tramway d'Alger est effective depuis le mois de mars 2007, pour une durée de 30 mois concernant la phase 1 du projet. Le chantier progresse et n'a pas révélé, à ce jour, de nouveau problème de ce type. En parallèle, les travaux de construction du dépôt se déroulent conformément au planning d'origine, ainsi que la pose des voies qui a déjà commencé. Concernant le matériel roulant, les tramways sont en production et les premières livraisons se dérouleront comme prévu en novembre 2008 avec des essais dynamiques qui débuteront en août 2009.»
T. H.

Black-out de Todini
Tous les responsables de Todini en Algérie ont refusé de s’exprimer au sujet du projet du tramway d’Alger. Nos nombreuses sollicitations n’ont pas abouti face au blackout imposé par Todini.
T. H.

AFFAIRE DES RAILS CONTAMINÉS
Le flou persiste
L’affaire des rails de tramway contaminés par de l’engrais n’a toujours pas livré tous ses secrets. Ce lot de rails, d’un total de 1300 tonnes, a été déclassé par le fabricant Thyssen Krupp et rejeté par Systra. Contre toute attente, Alstom avait décidé de nettoyer ces rails au Kärcher. Un fait des plus étranges. Les responsables du projet tramway à l’Entreprise du métro d’Alger affirment que leurs services étaient au courant de cette affaire. «Nous savions qu’il y avait des rails défectueux. Ce lot a été rejeté par l’EMA et par la maîtrise d’œuvre (Systra)», a précisé Amar Khalouia. «C’est l’assureur d’Alstom qui a exigé à ce que ces rails soient lavés. C’est donc une affaire entre Alstom et son assureur», a-t-il ajouté pour expliquer le nettoyage de ce lot. Alstom transport, par la voix de son directeur de la communication, présente une tout autre version des faits. «Alstom n'a jamais eu l'intention d'installer les rails défectueux, mentionnés dans un précédent article (voir Le Soir d’Algérie du 5 juin 2008). Une expertise réalisée par le fabricant a clairement identifié les rails défectueux, qui seront intégralement pris en charge par l'assurance du transitaire, sans aucune conséquence financière pour le projet », a indiqué Blaise Bertrand. Alors, de quel assureur s’agit-il : celui d’Alstom ou celui de son transitaire ? La question reste posée.
T. H.

AMAR KHALOUIA, DIRECTEUR DE PROJET À L’EMA :
«Nous avons un retard approximatif de trois mois»

Le directeur des projets à l’Entreprise du métro d’Alger reconnaît que la réalisation du tramway de la capitale accuse un retard «approximatif» de trois mois. Dans cet entretien, Amar Khalouia revient sur les causes du blocage de cet important projet et sur les tiraillements de certains partenaires du groupement Méditérrail.

Le Soir d’Algérie : Quel est actuellement l’état d’avancement du projet du tramway d’Alger ?
Amar Khalouia :
Nous sommes approximativement à 25% d’avancement physique. Nous avons la partie génie civil qui est en cours et les équipements sont en fabrication. L’essentiel ce sont les rames. Le taux d’avancement est de 25% car nous avons intégré les extensions jusqu’à Dergana. Pour certaines parties, nous n’avons pas encore entamé les travaux et pour d’autres nous sommes à 90%.
Mais dans ce type de projet, la partie la plus difficile à réaliser est la déviation des réseaux. Où en est actuellement cette phase ?
Effectivement, pour libérer le tracé, il est nécessaire de procéder à la déviation des réseaux. Alors, ce tracé est divisé en cinq parties. Le secteur de Bordj-El-Kiffan a été réalisé à 90-95%, le secteur 4 (Bab- Ezzouar/ les Bananiers) nous en sommes à 25% et le secteur 3 à 35%. Quant aux secteurs 1 et 2 nous ne les avons pas encore entamés mais nous avons introduit des autorisations auprès de la circonscription administrative de Hussein-Dey et nous attendons leur accord pour engager les travaux. Ceci étant, les études elles-mêmes de déviation des réseaux sont terminées. Malheureusement, il y a toujours des conduites qui ne sont répertoriées ni au niveau de la SEAAL ni au niveau du service technique de la wilaya.
A propos des études de déviation des réseaux, il s’avère quelles ont été réalisées en deux temps puisque Alstom a décidé de les revoir. Que valent ces études ?
D’abord, il faut savoir qu’il n’y a pas d’études fausses. Celui qui dit que ces études sont fausses se trompe. Simplement, quand on fait des études, on le fait sur la base de données de la SEAAL ou de Sonelgaz. Mais si l’entrepreneur n’a pas d’expérience dans la déviation des réseaux et qu’il découvre une conduite non répertoriée il déclare que ces études sont fausses.
Est-ce que Alstom a refait les études ?
Oui… Mais nous avons refait les études parce que les premières données étaient incomplètes. On a procédé, à partir du mois d’août et septembre de l’année dernière, à des sondages. Même ces sondages n’étaient pas fiables à 100%.
Mais vous avez vous-même remis en cause les études réalisées par Alstom…
Nous n’avons rien remis en cause…
Pourtant, dans une correspondance datée du 8 décembre 2007, l’Entreprise du métro d’Alger fait part du «manque de rigueur, négligence et légèreté dans les travaux de sondage des réseaux et leur validation sur le secteur 5»…
Non, on ne parlait pas en matière d’étude…
Pas en matière d’étude ? Mais vous faites état des sondages qui ont été réalisés dans le cadre de ces études…
Oui… Non… C’est pour la collecte d’information…
Pour les études ?
Oui pour les études…
Dans cette correspondance, vous déclarez que les plans d’exécution élaborés par Méditérrail et validés par Systra ne sont pas conformes à la réalité du terrain…
Oui… Les entreprises chargées de réaliser la déviation des réseaux ne peuvent pas le faire car les études ne sont pas fiables à 100% puisqu’elles sont faites à partir de collecte de données sur le terrain. C’est que le sondage n’est pas fiable à 100% et nous, de notre côté, sommes obligés de demander plus et de mettre la pression sur tout le monde. C’est une stratégie de projet. C’est normal.
La convention de groupement prévoit la création d’organes de direction pour gérer et administrer Méditérrail. Comment expliquez-vous que la majorité de ces organes n’aient toujours pas été installés ?
Officiellement, ils ont été installés. Mais leur fonctionnement est une question interne au groupement. Nous n’avons pas à nous immiscer dans ses affaires. Nous, nous avons affaire avec le chef de file (Alstom), c’est lui qui représente les autres partenaires car c’est lui qui a 90% du marché. Non seulement c’est lui le chef de file et c’est également lui le mandataire des autres mandataires.
Pour revenir aux partenaires. Qu’en est-il de Todini ? L’entreprise est quasiment absente sur le terrain.
Todini était défaillante. Certains travaux qui lui ont été confiés n’ont pas été réalisés. Todini devait réaliser 4 ouvrages d’art et la déviation des réseaux des lots 1, 2 et 3. Pour l’EMA, lorsqu’il y a défaillance, nous saisissons le groupement. Nous avons émis des mises en demeure concernant les lots déviations des réseaux et ouvrages d’art. Vu cette défaillance, Alstom s’est entretenu avec Todini et a décidé de prendre 90% des activités de son partenaire. Actuellement, Todini ne réalise que quelques travaux secondaires.
Et l’ETRHB ?
L’ETRHB, qui est une entreprise algérienne, nous lui avons mis la pression et avons demandé à Alstom de la renforcer dans le domaine de la déviation des réseaux. On lui a même confié deux ouvrages d’art. Pour le premier ouvrage d’art, je m’excuse, mais la réalisation des pieux a été une catastrophe. L’ETRHB, qui n’est pas spécialisée dans ce domaine, a fait appel à Spic, une entreprise étrangère. Mais sur le terrain, il n’y a eu ni suivi, ni rien du tout. Spic était absent. Seul l‘ETRHB était sur le terrain. Nous avons constaté des insuffisances en matière de management du chantier et en matière de réalisation, négligence en matière de suivi. Ils ont réalisé 41 pieux mais une bonne partie est à renforcer. Nous avons donc émis un ordre d’arrêt des travaux et nous nous sommes tournés vers le chef de file pour exiger des solutions le plus rapidement possible.
Donc autant Todini que l’ETRHB ont été défaillantes sur les lots qui leur ont été attribués ?
Todini a été défaillante sur les parties qu’elle devait réaliser. Mais on ne peut pas dire que l’ETRHB a été défaillante sur les lots qu’elle devait initialement prendre en charge. Elle a été défaillante sur les ouvrages d’art car ils lui ont été confiés en second lieu. Todini défaillante, elle a signé un contrat de retrait partiel avec Alstom et c’est Alstom qui a pris en charge les ouvrages d’art.
Certaines informations font état de négociations entre Todini et Alstom pour un retrait total de l’entreprise italienne. Etes-vous au courant de ces tractations ?
Oui. Ils sont en négociations, mais aujourd’hui ils ne sont pas sortis à 100%.
Mais un tel retrait est-il possible sur le plan légal ?
Bien sûr que c’est possible ! C’est la convention qui le prévoit. Au cas où un des membres est défaillant, le chef de file est obligé de prendre des mesures.
Est-ce que cela pourrait être possible pour l’ETRHB ?
Bien sûr! Il suffirait qu’il y ait une entente entre l’ETRHB et Alstom. C’est entre eux. S’il sont d’accord, il n’y a aucun problème.
Finalement, on est face à une situation de blocage. Mais qui bloque ce projet ?
Non, il n’y a pas de situation de blocage
Mais qui est la cause de ce blocage…
Les causes sont multiples… Nous avons un retard en matière d’ouvrages d’art. Il y a également un retard sur les déviations des réseaux. D’après les dernières informations en notre disposition, nous avons un retard approximatif de 3 mois. L’essentiel est que nous avons un engagement de la part du chef de file pour la fin des travaux du premier secteur ( Bordj-El-Kiffan/ les Bananiers) pour le mois d’août 2009. Et le deuxième secteur qui va jusqu’aux Fusillés, il est prévu pour janvier ou février 2010. A partir de là, débuteront les essais. On estime à 6 mois la marche à blanc.
Les autorités sont-elles informées de la situation ?
Les autorités sont informées et elles nous rendent visite. Nous envoyons des rapports mensuels au ministère des Transports. Les autorités locales sont impliquées dans le projet.
T. H.

MOHAMED HAKEM, RESPONSABLE DE LA COMMUNICATION DE L’ETRHB :
«Les études sont séquestrées»

L’ETRHB (Entreprise de travaux routiers, hydrauliques et bâtiment) rejette la responsabilité des retards dans la réalisation du tramway d’Alger sur le chef de file du groupement Méditérrail. Selon Mohamed Hakem, responsable de la communication du groupe Haddad, Alstom «séquestre les études» et agit en prédateur.

Le Soir d’Algérie : Un retard est constaté dans la réalisation du projet de tramway d’Alger. Quelles sont, selon vous, les raisons de ce retard ?
Mohamed Hakem :
Effectivement, un grand retard dû aux études est constaté dans la réalisation de ce projet stratégique. La première raison est exogène et objective car les études de déviation des réseaux fournies par les concessionnaires étaient sommaires. Elles ont été reprises par Alstom avec des résultats semblables, ce qui n’est pas permis pour une multinationale de cette envergure. La deuxième raison est endogène et subjective car les études sont exagérées. Elles sont actuellement séquestrées pour des raisons que nous ignorons. Plus de la moitié des délais sont écoulés et nous n’avons pas encore les études BPE, notamment pour les ouvrages d’art.
L’EMA estime que l’ETRHB a été défaillante dans certaines parties qui lui ont été attribuées…

En aucun cas l’ETRHB n’a constitué un problème quelconque pour la réalisation de ce projet car elle n’intervient qu’en aval du processus, à savoir lorsque les études sont approuvées et validées. La seule chose que l’on puisse reprocher à l’ETRHB est de s’être mobilisée depuis janvier 2007, avant même la signature du contrat, sans pour autant avoir perçu un dinar à ce jour.
Quelle est actuellement la situation au sein du groupement Méditérrail ?

L’absence volontaire de concertation de la part du chef de file, la non-mise en place des organes de gestion prévus à cet effet, l’exclusion de l’ETRHB et la prédation du chef de file font que la situation n’est pas bonne. A Constantine et à Oran, où Alstom n’est pas chef de file, les travaux semblent se dérouler normalement.
On évoque des négociations entre Alstom et Todini pour le retrait total de l’entreprise italienne du groupement. Une proposition similaire a-t-elle été faite à l’ETRHB ?

Nous avons effectivement pris connaissance d’un échange de courrier entre Alstom et Todini évoquant ce retrait. Todini pour des raisons économiques et Alstom pour défaillance. Dans les deux cas, cette opération n’est pas légale et n’est pas conforme aux dispositions de la convention régissant le groupement Méditérrail, conjoint et solidaire, notamment son article 16. En ce qui nous concerne, cette question n’est pas évoquée. Elle n’est pas et ne sera pas à l’ordre du jour. L’ETRHB est une entreprise nationale et citoyenne.
T. H.

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