mercredi 25 juin 2008
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Actualités : À L’ISSUE D’UN REGROUPEMENT RÉGIONAL À BOUIRA
Les Patriotes réclament leurs droits


Ils étaient des centaines de Patriotes et de GLD, représentant 5 wilayas du centre du pays, à se rencontrer hier à Bouira, à la salle Errich, pour débattre de leurs problèmes et réclamer leurs droits.
En présence du vice-président de l’APN, Mohamed Seghir Kara, venu les écouter et porter leurs doléances en haut lieu, les Patriotes et GLD présents n’ont pas pu retenir leur colère face à ce qu’ils qualifient de marginalisation caractérisée, leur abandon par l’Etat, cet Etat qui avait trouvé en eux les piliers et les défenseurs de la République pendant les années noires du terrorisme. Nous sommes le 27 mai 1997. Sur la route menant vers Tikjda, une bombe venait d’exploser au passage d’un véhicule de Patriotes. Ils étaient cinq au total. Trois d’entre eux, Zaânoun Ahmed, Bouamrane Ahmed et Karjouj Mohamed, mourront sur le coup. Les deux rescapés s’en sortiront, l’un, Ferradji Akli, avec des blessures légères au niveau de l’épaule, et l’autre, Chikhi Moussa, avec des fractures diverses au niveau des hanches. Il sera handicapé à vie. Présent hier dans la salle, Chikhi Akli fera un témoignage émouvant en racontant son calvaire mais aussi sa fierté d’avoir servi la République. Il sera très applaudi en répétant plusieurs fois la sentence, celle de ne rien regretter et d’être fier d’être handicapé pour avoir servi la République. Aujourd’hui, vivant avec une pension très infime, le pauvre Moussa habite chez ses beaux-parents ; sa maison ayant été saccagée par les terroristes et l’Etat ne voulant plus lui en octroyer une dans la ville. A ses côtés, dans cette salle, un autre cas des plus lamentables : Idahmani Abdeslam, 37 ans, qui est amputé des deux jambes. Il a été victime d’une bombe à Zbarbar le 24 avril 1998. Marié et père d’une fillette, lui aussi est privé d’un logement car l’APC d’Aïn Laloui, où il réside, n’a pas daigné lui en octroyer dans le cadre du récent recasement. En outre, pour refaire ses prothèses, il lui a été demandé, en l’absence d’une couverture sociale, la signature du chef de la 1re Région militaire mais, selon notre interlocuteur, toutes les tentatives pour rencontrer ce responsable ont échoué. Le troisième handicapé présent dans la salle s’appelle D. Yahia. Victime de l’explosion d’une bombe à Zbarbar le 2 août 1997, ce père de deux enfants, amputé d’une jambe, vit les mêmes problèmes que les autres Patriotes. Des autres Patriotes ont été remerciés du jour au lendemain à l’instar de Sellami Messaoud de Dechmia, qui racontera à l’assistance comment l’Etat les a utilisés pendant toute la période du terrorisme et même au-delà pour la sécurisation du gazoduc Beni Mansour – Baraki avant de les mettre à la porte en leur reprenant leurs armes. Lamri Mohand Salah , âgé de 71 ans, éclatera en sanglots devant l’assistance en racontant les circonstances dans lesquelles il avait pris les armes au village Ouattouf, à Ahl Ksar, pour défendre l’honneur de sa femme et ses filles. Il dut abandonner son travail et il se retrouve aujourd’hui livré à lui-même. Lui et des milliers d’autres personnes avaient abandonné leur travail pour rejoindre les Patriotes et les GLD afin de défendre la République. Au lendemain du retour progressif de la paix dans le pays, l’Etat les a abandonnés en prenant certaines mesures consistant en l’octroi d’une faible pension mais sans la prise en charge de la couverture sociale. Aussi, ce qu’il y a lieu de noter, c’est que toutes ces interventions convergent vers une seule demande : celle d’une intégration de cette frange, Patriotes et GLD, qui a soutenu le président de la République dans ses quêtes de concorde civile puis de réconciliation nationale, dans les dispositions portant charte pour la paix et la réconciliation nationale afin de bénéficier des avantages au même titre que toutes les autress franges de la société concernées par la tragédie nationale. Sinon, comme le soulignera l’un des représentants de cette frange à Bouira, Abbas Djamel, les Patriotes et GLD interpellent le président de la République pour un statut particulier qui puisse prendre en charge cette frange et ses ayants droit comme les veuves des martyrs du devoir et leurs enfants. Signalons que le représentant du président de l’APN, Mohamed Seghir Kara, qui a rappelé combien le président de la République est sensible aux problèmes que vit cette frange grâce à laquelle, en compagnie des autres corps de sécurité, la République est restée debout, a promis de transmettre fidèlement ses doléances et les défendre âprement pour les faire aboutir et arriver à soulager les souffrances de ces milliers, ils sont quelque 9 500 au niveau de la wilaya de Bouira et quelque 300 000 à l’échelle nationale, de Patriotes et de GLD dont le pays est fier. Notons que parmi les revendications de ces Patriotes et autres GLD, figure la réintégration de tous les jeunes qui ont déserté leur poste de travail pour prendre les armes et défendre la République.
Y. Y.

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