Comment concilier la couverture des besoins des Algériens en matière d’alimentation en eau potable avec la prise en charge des périmètres d’irrigation, tout en assurant une meilleure protection de l’environnement ? C’est le défi que veut relever le ministre des Ressources en eau, M. Abdelmalek Sellal, pour les années à venir. De notre envoyé spécial à Jijel : Lyès Menacer Durant sa visite qui l’a mené avant-hier dans la wilaya de Jijel, M. Sellal a clairement affiché son ambition de réussir le défi de l’épuration et du traitement des eaux usées. Il dira à ce sujet qu’une trentaine de stations d’épuration et de traitement des eaux usées (STEP) sont en cours de réalisation à travers tout le territoire national, à côté de celles existantes. La prise en charge d’environ 600 millions de mètres cubes d’eaux usées d’ici 2010, c’est l’objectif à atteindre par le département de Sellal. Plus de 57 millions de mètres cubes de ces eaux finissent actuellement en mer. Concernant la dépollution de l’oued El-Harrach, le ministre des Ressources en eau a déclaré que l’opération de compactage qui a servi, momentanément, à la diminution des mauvaises odeurs ne suffit pas à elle seule. L’oued El-Harrach devrait en partie être asséché en pompant ses eaux vers le barrage de Baraki, au sud-est d’Alger. Il faudrait ensuite enlever la couche de produits pétroliers de Naftal qui s’est formée sur le lit de l’oued. Mais cette opération devrait être menée conjointement avec le ministère de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et du Tourisme, a-t-il précisé. Par ailleurs, les eaux traitées seront en majorité orientées vers l’irrigation de périmètres agricoles qui mobilisent actuellement plus de 65% des ressources hydrauliques du pays. Concernant la côte jijelienne, M. Sellal a déclaré qu’elle sera entièrement protégée grâce à la réalisation d’une énorme STEP d’une capacité de traitement d’environ 30 000 d’eaux usées par jour. Il faudrait toutefois signaler que cette station est en phase d’essai pour une période d’un an et ne traite actuellement qu’environ 10 000 m3/jour. «Elle devra être connectée avec deux autres petites stations, à réaliser en monobloc à l’est et à l’ouest de la wilaya de Jijel», a-t-il affirmé. Une autre station de traitement des eaux du barrage de Kissir (9 km à l’ouest de Jijel) est en cours de réalisation. Mais le ministre ne semble pas satisfait de la cadence du chantier, confié à une entreprise algéro-émiratie. Le délai d’achèvement des travaux de cette station au premier semestre de l’année 2010 a été refusé par le ministre qui a exigé sa mise en service pour fin novembre 2009. D’autres STEP seront réalisées à El-Milia, El- Kennar et El-Aouana, dont une partie de leur financement a été prise dans le cadre d’une stratégie de protection et de sauvegarde du littoral marin. «Le dossier de réalisation d’une autre STEP à Ziama-Mansouriah est à l’étude au niveau du ministère des Ressources en eau», a indiqué hier Sellal. La mise en service de nouveaux barrages, courant 2009, permettra une alimentation en continu des habitants de la ville de Jijel dont les besoins actuels en AEP sont évalués à 30 000 m3/jour. Ces derniers ne sont en effet satisfaits qu’à hauteur de 24 000 m3/jour. La concrétisation de l’ensemble de ces grands projets à Jijel permettra aussi l’alimentation des hauts plateaux sétifiens, notamment la région d’El-Eulma en 191 millions de mètres cubes d’eau potable dont 151 m3 seront destinés à l’irrigation de 25 000 ha de terres agricoles. Le barrage de Boussiaba, en cours de réalisation dans la région d’El-Milia, et dont la capacité de stockage est estimée à 100 millions de mètres cubes, devra assurer le transfert de 11 millions de mètres cubes/an pour l’AEP de la ville. 70 autres millions de mètres cubes/an seront destinés au renforcement des capacités du barrage de Beni-Haroun. «Le barrage de Boussiaba devrait être achevé au cours du premier trimestre 2009», a affirmé M. Sellal. L. M.
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