mercredi 25 juin 2008
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Régions : PÂTISSERIE «LE SAUVAGE» À MOSTAGANEM
Rien n’a changé depuis plus d’un demi-siècle !


Qui ne connaît pas la célèbre pâtisserie flanquée sous les arcades du centre-ville ? Qui n’a pas un jour dégusté les succulents gâteaux chez «Le sauvage», là où M. Abdelkader Benabbou, patron de son état, veille à la bonne marche de son commerce ?
La particularité de ce grand monsieur est le fait qu’il soit pâtissier de métier et qu’il continue jusqu’à nos jours, à l’âge de 75 ans, à mêler ses doigts à la pâte et préparer ses délicieuses pièces pour les proposer chaque jour que Dieu fait à sa nombreuse clientèle, ravie de consommer d’aussi bons gâteaux, cuisinés dans les meilleures conditions d’hygiène possibles. Ammi Abdelkader s’occupe de la préparation de ses pâtisseries pour, plus tard, se mettre à la caisse, la journée durant. Et cela dure depuis au moins près d’un demi-siècle. Ce qui est frappant pour les Mostaganémois de souche, c’est le fait que tout est resté intact chez Benabbou. Ainsi le goût et la saveur, la forme, l’esthétique et les couleurs de ces si attrayantes gourmandises sont quasiment les mêmes que dans les années 1962 lorsqu’enfant, je traînais encore aux basques de ma grand-maman qui avait intérêt à faire une halte chez «Le sauvage» pour me payer l’éclair, le millefeuilles, le pudding, la tartelette ou le biscuit roulé de mes rêves d’enfance. En 2008, en foulant le sympathique magasin en question, on a vite l’impression de reculer d’au moins une cinquante d’années en arrière, tellement les choses sont demeurées intactes. Même les lieux en question datant de l’ère coloniale ainsi que tous les équipements qui meublent cet endroit magique, ont gardé toute leur splendeur. De la superbe vitrine de baies vitrées et de façade marbrée, aux petites étagères intérieures toutes en verre ainsi qu’au support fait de bois, petites vitres et marbre noir, le tout servant à déposer les petits plats en chromé garnis de pâtisseries aussi variées que délicieuses, tout sans exception, est prétexte à de sacrés moments d’évasion et un brin de nostalgie, qui en fait, ne dira jamais son nom. Comparées à la pâtisserie «Le sauvage», toutes les autres existant dans la ville changent d’ouvriers pâtissiers comme on change de chemise, c’est selon la performance, la rentabilité et les humeurs. Les conditions d’hygiène ne sont pas toujours en vigueur chez certains et puis on est toujours pressé chez ces gens, de transformer les locaux, façades et devantures à coups de présentoirs, carrelage et faïence. Non, franchement, quiconque à Mostaganem qui fut depuis toujours un habitué des lieux en question, ne contestera ce fait, tant et si bien que la pâtisserie «Le sauvage» demeurera un modèle de local commercial où l’on ne badine guère avec les principes du travail bien fait pour le plaisir des yeux et du ventre et aux fins de satisfaire une clientèle qui a pris cette manie d’y venir se lécher les babines avant de se rassasier à satiété. Il faut dire que Benabbou père, selon son fils aîné Dadi, n’aurait jamais daigné qu’on vienne le bousculer dans ses sacrées habitudes de pâtissier impénitent, un métier qu’il chérit tant qu’il affectionne depuis toute une vie et qui ne le veut qu’à lui et à lui seul. Sacré M. Benabbou !
Sid-Ahmed Hadjar

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