mercredi 25 juin 2008
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Sports : LA TURQUIE EN DEMI-FINALE DE L’EURO 2008
Fatih Terim, «l’empereur» aux portes de l’Europe


Derrière le surnom «l'empereur» accolé à Fatih Terim se cache un sélectionneur orgueilleux, roublard et paternaliste qui a su transcender un groupe turc miné par les blessures et suspensions pour l'amener en demi-finales de l'Euro-2008.

Si la gestion dans l'adversité était le critère numéro un pour désigner le meilleur coach du championnat d'Europe, alors le titre reviendrait à ce technicien de 54 ans. Avant les quarts de finale, face à la Croatie, la Turquie ne disposait plus que de 15 joueurs de champ et 2 gardiens, après une mauvaise combinaison avertissements-pépins physiques. Et pourtant, la bande d'Hamit Altintop se retrouvera ce soir en demi-finales contre l'Allemagne à Bâle. La situation ne s'est pas arrangée. Les Turcs pourraient ne disposer que de 14 joueurs pour ce match, dans le pire des cas. Pourtant, les Turcs ne s'affolent pas. Ils se raccrochent à l'aura de leur coach, qui continue à renvoyer une image de force tranquille, arpentant les terrains d'entraînements avec sa feuille de schémas tactique à la main. Fatih Terim donne l'impression de savoir où il va et ses troupes le suivent.
Assurance
Dans tous ses discours, il joue habilement sur le registre de l'assurance, quand d'autres sélectionneurs sortent la carte du doute salvateur. «La chose la plus importante est d'avoir une approche la plus rationnelle possible, trouver des solutions aux problèmes », martèle-t-il. En interne, il impose la discipline. Tactiquement, la rigueur est de mise. Deux points de sa méthode hérités de son passage en Italie. Entre son premier mandat à la tête de la sélection turque (1993- 96) et le dernier en date (depuis 2005), Fatih Terim s'est en effet assis sur les bancs de la Fiorentina et de l'AC Milan. Aujourd'hui son coaching est unanimement salué. Par trois fois, les Turcs ont remonté un score qui leur était défavorable. Il y a d'abord eu la Suisse, qui menait (1-0), battue (2-1), puis la République Tchèque menant (2-0), douchée (3- 2) et enfin les Croates, en quarts de finale, qui ouvrent le score à la 119’, avant de se faire rejoindre dans les dernières secondes (120’+2’) et de s'incliner aux tirs au but (1-1 a.p.; 3-1). Et au-delà du coaching, il y a les mots qui font que ses joueurs n'abandonnent jamais. «Je leur dis juste de ne pas avoir peur de perdre, de ne pas avoir peur de prendre des buts», a-t-il confié après le quart de finale. Et quand le Croate Ivan Klasnic a marqué à la 119’, il a ajouté deux mots : «Jouez long». Dont acte et but de Semih, le super remplaçant de la Turquie, sous le charme de son coach.
«Comme un père»
«Il nous traite comme un père, explique l'attaquant de Fenerbahçe. Mais quand il nous fait la morale, c'est bon pour nous. Que je joue ou non, il vient me voir pour me dire «je sais que tu peux bien jouer, je connais tes capacités, joue ton vrai football ». Tactiquement et psychologiquement, c'est le meilleur entraîneur que j'aie jamais eu.» Le technicien aux sourcils hérissés a aussi appris à calmer son caractère bouillonnant. En novembre 2005 quand un match de barrage face à la Suisse pour les qualifications au Mondial-2006 s'était terminé dans un incroyable pugilat, Fatih Terim avait perdu son sang-froid, pris dans la tourmente. Depuis il soigne son image. Juste avant les quarts de finale, il avait même lancé un appel au calme devant la presse internationale, demandant aux gens de ne plus utiliser d'armes à feu au pays pour célébrer les succès de son équipe, afin d'éviter des blessures par balles comme cela s'était produit. Mais il aura du mal à calmer la passion autour de sa sélection. Car comme il l'avait prédit lui même au début du tournoi : «L'Europe du foot va se souvenir de cette équipe».

FACE À L'AFFLUX DES SUPPORTEURS ALLEMANDS ET TURCS
Bâle retient son souffle

Les forces de l'ordre de la ville de Bâle demeurent en état d'alerte, même si elles n'envisagent aucune mesure particulière, à la veille de la demi-finale Allemagne - Turquie de l'Euro-2008, ce soir, alors que près de 100 000 supporteurs sont attendus. Quelque 50 000 Allemands et de 20 000 à 30 000 Turcs devraient faire le déplacement dans la ville suisse pour soutenir leur équipe, avec à la clé une place en finale, a précisé le porte-parole de l'organisation, à Bâle. Ces chiffres demeurent néanmoins largement inférieurs à la vague orange - 180 000 personnes - qui avait déferlé sur la ville samedi, à l'occasion du match Pays-Bas - Russie (1-3 a.p.). La rencontre d’aujourd’hui, la dernière de l'Euro jouée à Bâle, n'est pas considérée par les forces de l'ordre comme étant à risque, même si celles-ci restent en état d'alerte. «Les mesures vont rester les mêmes» que pour les autres rencontres, a précisé à l'AFP une porte-parole de l'Office fédéral de la police. «Il ne s'agit pas d'un match classé à risque", a-t-elle ajouté, précisant toutefois que des physionomistes allemands et turcs seraient présents pour identifier les éventuels fauteurs de troubles connus. Aux postes-frontières avec l'Allemagne et la France, les douaniers suisses vont poursuivre leurs contrôles simultanés avec leurs homologues allemands et français, a indiqué, de son côté, un porte-parole des douanes à Bâle. Les douanes française, suisse et allemande ont croisé leurs fichiers pour faciliter les échanges d'informations sur les personnes à risque, a-t-il souligné. Après 17 jours de compétition, les douaniers de la région bâloise ont refoulé une soixantaine de personnes et confisqué une trentaine d'armes blanches, de battes, de gaz lacrymogènes et d'engins pyrotechniques. La police municipale a indiqué ne pas disposer «d'informations particulières» sur l'arrivée potentielle de hooligans allemands ou turcs. Elle a refusé de chiffrer le dispositif des forces de l'ordre pour des raisons stratégiques. Le 11 juin, le match Suisse-Turquie, qui s'était soldé par la défaite 1-2 de la Nati, s'était déroulé sans incident dans une ambiance bon enfant illustrée par des scènes de fraternisation entre supporteurs suisses et turcs.

ARAGONES MÉCONTENT
L’Espagne jouera en jaune face à la Russie

L'Espagne devra jouer avec sa tenue jaune réservée aux matches disputés à l'extérieur contre la Russie, en demi-finales de l'Euro-2008, jeudi à Vienne, ce qui a fortement déplu à son sélectionneur superstitieux Luis Aragones, qui déteste cette couleur. Pour cette rencontre, la «Roja» est considérée comme l'équipe «visiteuse» et devra donc se passer de son habituel maillot rouge, un coloris également utilisé par la Russie, qui «reçoit» son adversaire. Lors du match du premier tour entre les deux sélections, l'Espagne, «hôte», avait pu jouer en rouge, obligeant les joueurs du sélectionneur néerlandais de la Russie, Guus Hiddink, à se vêtir de blanc. Aragones, qui déteste le jaune, avait notamment demandé à l'attaquant du Real Madrid, Raul, de retirer un maillot de cette couleur lors d'un rassemblement de la «seleccion» avant le Mondial-2006. L'Espagne avait, cependant, battu la France (1-0) au mois de février à Malaga (sud), en arborant un maillot jaune. Le milieu de terrain international de Villarreal, Marcos Senna, habitué à jouer en jaune avec son club, n'a lui pas semblé dérangé par cette affaire. «Cela me va bien», a-t-il affirmé en souriant.

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