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Limogeage de Belkhadem. La tension monte entre …
…Alger et Téhéran.
Mes consœurs et confrères des rubriques politiques, plus éclairés que moi,
plus avertis, plus au fait des signifiés et signifiants du sérail, vous disent
déjà et vous diront les jours qui viennent toute la signification de la
re-nomination d’Ouyahia à la tête du gouvernement. Je n’ai pas la prétention de
le faire, ici. Après, peut-être. Mais pas maintenant. Maintenant, souffrez,
tolérez que je goûte à mon plaisir. Que je prenne mon pied du départ de
Belkhadem. Je laisse le loisir aux nouveaux amoureux d’Ouyahia de dire tout le
bien qu’ils pensent subitement de lui, maintenant qu’il revient aux affaires.
Claustrophobe, je ne supporte pas l’ambiance fermée des harems. Surtout ceux qui
se forment en une nuit, celle des changements d’exécutifs. Je préfère rester à
mon air libre, celui de la luxure vaporeuse que suscite en moi le dégommage de
l’«empastillé». C’est rudement bon ! C’est vachement bon ! Pas au niveau de la
symbolique politique. Non ! C’est charnellement bon de savoir que nous n’aurons
plus à supporter les déguisements soudanais, le vendredi à la mosquée. Nous
n’aurons plus à loucher sur la marque d’appartenance forcenée à l’intégrisme
qu’il affichait sadiquement en face des caméras du pays et du monde. Nous
n’aurons plus à souffrir la vue d’un «chuchoteur patenté», confident énamouré de
ceux qui voulaient nous étouffer vivants dans leur étendard vert. Ça vous semble
puéril ? Vous vous dites que nous ne gagnons pas au change avec le remplacement
de Belkhadem par H’mimed ? Peutêtre. Mais que voulez-vous ! Aujourd’hui,
maintenant, je ne me priverai pas de ces plaisirs puérils. L’idée même, ces deux
dernières années, d’être contraint d’admettre que Belkhadem était le chef du
gouvernement de mon pays me devenait une torture. Cette torture a pris fin.
Cette torture-là précisément. Pas les autres. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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