
Actualités : IL NE PRÉSENTERA PAS DE PROGRAMME AU PARLEMENT Premier Conseil du gouvernement Ouyahia ce samedi
Le chef du gouvernement fraîchement rappelé, Ahmed Ouyahia, a convoqué une réunion du Conseil du gouvernement pour samedi prochain, nous confie une source bien informée. Une réunion où il sera question «de faire le point» avant le grand départ. Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Vingt-cinq mois après, Ouyahia fera ainsi face quasiment à la même équipe qu’il avait laissée au bout d’un printemps 2006 particulièrement cauchemardesque. Frappé de disgrâce et décrété persona non grata par le palais d’El-Mouradia, le patron du RND reprendra, donc, les rênes d’un gouvernement dont la mission a été négociée, selon notre source, autour de trois points fondamentaux : «Préparer le terrain à la révision constitutionnelle, assurer la réélection de Bouteflika en 2009 et imaginer un plan pour relancer l’économie.» C’est, en fait, un programme de campagne électorale que l’on a confié à celui qui avait déjà accompli la même mission en 2004. «Pour la réunion de samedi prochain, aucun ordre du jour n’a été arrêté», précise notre source. «Il s’agit tout simplement de la première réunion du Conseil du gouvernement.» Cette phrase, a priori à cataloguer dans le chapitre de la langue de bois, est en fait introductrice à ce qui a été convenu : Ouyahia présidera un gouvernement qui «travaillera dans la continuité», comme il le disait lui-même lundi dernier lors de la cérémonie de passation de consignes avec Abdelaziz Belkhadem. Autrement dit, et comme nous le confirme notre source, Ouyahia ne présentera pas de nouveau programme de gouvernement, ni ne se rendra au Parlement comme lors de ses deux derniers passages à la tête de l’exécutif. Le président est intransigeant sur ce point : «Un chef du gouvernement n’est là que pour appliquer son propre programme plébiscité par le peuple et qui n’est donc plus sujet à débat». Cela en dépit des dispositions constitutionnelles ? Le président n’a jamais caché son hostilité envers ces carences dans la Constitution qui fait de «notre régime ni tout à fait présidentiel, ni tout à fait parlementaire » tente de justifier notre interlocuteur. C’est dire que la révision de la Constitution n’est plus qu’une question de temps. Et tous les regards sont d’ailleurs désormais braqués sur «le très important discours à la nation que prononcera le président à l’occasion du 46e anniversaire de l’indépendance ». Bouteflika annoncera-t-il à l’occasion cette fameuse révision de la Constitution ? «Ce n’est pas exclu», se suffit de répondre notre source. Mais ce qui reste certain est que Bouteflika et son entourage sollicitent, dans le plus grand secret, les plus grands juristes et spécialistes de la Constitution avec une seule et unique consigne : «imaginer» la meilleure formule à même de permettre une révision de la Constitution sans passer par la voie référendaire. Et le moins que l’on puisse dire est que les résultats restent pour le moment «en deçà» des espérances présidentielles ! K. A.
|