Je continue à vous soumettre des points de vue des lecteurs.
Processus de Barcelone, UPM… ? Ce ne sont que de nouvelles «éditions»
et étapes de la course à l’hégémonie sur la Méditerranée, inaugurée par
l’Empire romain, qui dure depuis vingt siècles. Dans cette course, les
deux premiers califats, umayyade et abbasside, n’ont pas totalement
réussi à s’imposer.
Ce sont généralement les pouvoirs maghrébins surtout
qui prennent, un moment, une part à l’accès à la mer (Xe au XIIIe
siècle). Mais l’Europe lance les Croisades, dont l’action finale est
d’implanter un «pion bloquant» en Méditerranée orientale (les royaumes
francs en Syrie-Palestine) pour affaiblir et occuper les Etats de la
rive sud ! Entretemps, les Etats de la rive nord, empires et royaumes,
consolident du XIIe au XVe siècle, leurs assises politiques et, surtout,
leurs économies. Le commerce européen s’implante aussi bien en Orient
qu’en Afrique du Nord. Même les transports du fret ou des voyageurs
celui des pèlerins par exemple) sont assurés depuis la fin du XIIe
siècle par les navires de la rive septentrionale ! Les comptoirs et
concessions italiens, français, espagnols, anglais… s’installent dans
nos ports, sans réciprocité : les consulats de ces pays et leurs
résidences n’ont jamais cessé d’exister, ce qui n’est pas le cas pour
nous. Les Seldjouks fondent l’Empire ottoman (XVe siècle), le troisième
califat qui participe à la course à l’hégémonie en Méditerranée. Il
s’impose comme concurrent-partenaire de l’Europe des empires jusqu’à
Lépante (7 octobre 1571). Depuis, la maîtrise de la Méditerranée échappe
totalement à la rive sud. Les pays de cette dernière, éliminés des
courants commerciaux, sont réduits à recevoir les marchands d’Europe,
venant écouler leurs productions et acquérant, presqu’en monopole, les
matières premières, et à pratiquer la course pour compléter leurs
besoins, car les commerçants de la rive sud sont pratiquement interdits
de participer au commerce interméditerranéen librement. Les révolutions,
scientifique et industrielle, en Europe, achèvent non seulement
d’imposer l’hégémonie totale de la rive nord sur la Méditerranée mais
aussi d’imposer l’annexion de la rive sud (colonies et protectorats). Un
calcul simple fait ressortir que la rive sud n’a pu «s’imposer»
qu’environ cinq siècles, en discontinu. A cela il faut ajouter le bilan
scientifique, économique et militaire de la rive nord, face à une
Méditerranée méridionale retardataire et régressive dans ces domaines.
Alors, est-ce que ce contentieux historique est pris en compte ? Que
vont mettre sur la table les Etats de la rive sud : «exporter les
richesses» et «importer la pauvreté» ? Sachant que leur majorité
n’assure pas le minimum de leur subsistance alimentaire. Peut-on parler
sérieusement d’Union pour la Méditerranée face au nouveau saint empire
romano-germanique, version Sarkozy-Merkel-Berlusconi ?
S. A.
J’ajoute pour nos jeunes lecteurs que le bataille de Lépante a opposé
la flotte turque dirigée par Ali Pacha, Euldj Ali et Scorrocco à une
coalition des flottes chrétiennes, sous le nom de Sainte Ligue,
commanditée par le pape Pie V, dirigée par le fils naturel de Charles
Quint, Don Juan d’Autriche, et composée de navires appartenant
essentiellement au pape, à l’Espagne et à Venise.
M. B.
Nombre de lectures : 474