Culture : UNE NOUVELLE COMMISSION CULTURELLE À CHLEF

C'est le siège de la Radio de chlef qui a été choisi pour abriter l'événement. M. Karim Dziri préside la cérémonie en compagnie de Aïssa Benhachem, directeur de la radio locale. Le présentateur souhaite la bienvenue aux artistes ; une sono assourdissante distille ses décibels, sans aucun respect pour le voisinage. La troupe folklorique Omar-Mokrani fournit une belle prestation. Les chanteurs avec leurs burnous immaculés, leurs turbans, leurs guesba et leurs bendiront fait sensation lorsqu'ils ont rappelé un barde, Abdelkader Bouras, chantre du melhoun à Chlef.
Ça hume bon le terroir. Ensuite le chef de l'exécutif communal a dressé les bilans financier et moral de la gestion de la commission précédente dirigée par le désormais ex-président Kadouri Hamid. Il s'attellera à mettre en exergue les grands moments qui ont jalonné cette période comme les fresques exécutées par les élèves des Ecoles des beaux-arts de Sidi-Bel- Abbès et Oran, qui ont illuminé le centre-ville. Il citera aussi les prestations des groupes de rap et de hip-hop ainsi que le défilé de chanteurs nationaux de chaâbi et andalou. Il tient aussi à faire l'annonce de la réouverture prochaine du plus grand cinéma de la ville, vestige de l'époque coloniale, qui a été admirablement rénové dans un style très moderne. Il invite les artistes à aller le visiter pour donner leur avis et proposer d'éventuelles modifications. Il ne manque pas d'adresser tous ses remerciements aux troupes qui ont porté très haut le flambeau de la culture à chlef comme le groupe El Hachimia dirigé par le neveu de Guerrouabi qui interprète les grands tubes de ce barde algérois, ainsi que la troupe Abtal Chlef qui a même fait un concert à Wembley (Londres). Puis il présente le nouveau président fraîchement désigné, en l'occurrence M. Sadouki et ainsi le coup d'envoi est donné pour de nouvelles joutes culturelles sous la houlette d'une nouvelle équipe. Ce responsable promet aux jeunes de se dépenser sans compter pour satisfaire leurs exigences car la culture est une composante non négligeable dans l'équilibre psychosomatique de l'individu et la préservation de nos valeurs. Côté ambiance, la troupe théâtrale du centre Larbi- Tebessi va présenter un nouveau produit intitulé «Star Ac féminin». C'est l'histoire d'une jeune fille qui ambitionne de devenir une star de la chanson au grand dam de sa mère qui rêve pour sa fille d'un prince charmant et d'études de haut niveau. La tonitruante artiste en herbe va s'entourer d'autres femmes et atteindre son but. Elle arrivera à la consécration et prouvera que la chanson épanouit l'individu. Le festival de la marionnette occupe tous les esprits. Institutionnalisé à Chlef, il devrait s'y tenir le 28 juin comme l'a soutenu Mme Cheriet, conseillère de la ministre de la Culture. Les troupes concernées sont en droit de se poser des questions car aucune information ne leur est parvenue jusqu’à présent. D'autre part, il n'y a aucun budget alors que l'on est à quelques jours de la date retenue. D'aucuns avancent que le festival a été déplacé à Témouchent ou alors carrément annulé. Personne n'est en mesure d'avancer quoi que ce soit de crédible, tout baigne dans un flou total. On fait même le lien avec le Musée régional qui a été mis hors d'usage lors des dernières émeutes. Le bel édifice est dans un état pitoyable. La direction de la culture a exprimé le besoin d'une rallonge budgétaire pour entamer les réparations. Nous pouvons constater un marasme culturel patent, la seule activité littéraire digne de ce nom a été une initiative individuelle de l'écrivain Mohamed Boudia qui a remué ciel et terre pour organiser des conférences pendant quatre mois. La nouvelle équipe a du pain sur la planche. Souhaitons qu'elle gagne son pari et tienne ses promesses.
Medjdoub Ali



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