
Régions : MOSTAGANEM : GÉNOCIDE DU 19 JUIN 1845 Le Dahra s’en souvient encore...
Si le peuple algérien s’était soudainement soulevé par une nuit sanglante de 1954, par un certain 1er Novembre, cela n’était sans doute pas seulement un élan spontané de patriotisme ou par esprit de nationalisme. Les Algériens avaient décidé alors d’avoir leur propre sort entre leurs mains en se soulevant contre le farouche colonisateur que fut la France et les affreux actes de barbarie commis par des troupes armées issues pourtant d’une nation dite «civilisée». Ils étaient savamment menés par de non moins sanguinaires qui avaient pour noms à l’époque, Cavaignac, Salan, Pelissier et autres Bugeaud... Toute cette armada de notoires criminels de guerre avait alors, de par leurs agissements, suscité l’indignation d’un peuple qui, touché au plus profond de son être, ne tardera pas à braver les risques et aléas des maquis pour prendre les armes et, partant, combattre la haine, l’injustice et le mépris d’un envahisseur dévastateur nommé la France. C’est ainsi que les glorieuses troupes du FLN allaient, dans la dignité d’un peuple meurtri par tant de barbarie, prouver à la face du monde que la liberté des hommes ne s’octroie point mais elle s’arrache quel qu’en soit le prix à payer. Et c’est là d’ailleurs que le destin de la patrie, sous le joug de la colonisation depuis plus de 120 années de souffrance, allait enfin se jouer. Mais bien avant cela, les Algériens auront eu le temps de payer le prix fort du sacrifice tout en subissant les pires humiliations de la part des soldats français, forts de leur imposant arsenal militaire face à la seule volonté et farouche détermination du combattant opprimé, à savoir celle de lutter contre l’oppresseur jusqu’à la victoire ou alors tomber tout simplement en glorieux martyrs de la Révolution. Ainsi, dans les fins fonds de la région du Dahra, au cœur de laquelle est implantée Mostaganem, des crimes de guerre abominables et sans précédent ont été perpétrés par l’armée française contre quelque 1 150 habitants indigènes de la localité des Ouled Riah, dans la commune de Nekmaria. Il s’agira d’une importante opération d’enfumade de femmes, enfants, nourrissons, vieillards et hommes sans défense au fond des sinistres grottes où a eu lieu l’un des plus graves génocides que l’histoire de l’humanité ait connu jusqu’à présent et ce, sous l’ordre de Pelissier, sur instruction de l’administration centrale d’alors. A cet égard, un des soldats français témoin de l’horreur, racontera bien plus tard, les moments de tragédie abominable que nulle plume, dira-t-il, ne saurait décrire. C’est avec d’ailleurs, non sans forte émotion, qu’il évoquera quelques effarantes péripéties inhérentes à cet acte on ne peut plus barbare. Il se souviendra avoir compté jusqu’à près de 800 cadavres gisant à même le sol. L’horreur de la mort était visible et se sentait bien avant de franchir le seuil de ces macabres grottes calcinées. Telle fut en l’espace d’une nuit, la sale besogne effectuée à dessein par des troupes armées déchaînées, soucieuses d’exterminer toute une population et au plus vite, et ce, après 115 années d’occupation sauvage dont la perspective majeure étant de diviser un peuple, plus que jamais uni, pour évidemment mieux régner. Cependant, il était écrit quelque part sur les murs de la vie, que l’Algérie vivra libre et indépendante, souveraine et libérée du joug de la colonisation, et ce, à la faveur d’une farouche résistance populaire digne des grandes révolutions dans le monde et qui, sans coup férir, fera date dans les annales de l’humanité. L’œuvre civilisatrice dont veut aujourd’hui s’enorgueillir la France, c’est aussi la haine et le dédain semés à l’encontre de nos populations, de la spoliation de leurs terres et de leur biens. C’est aussi l’oppression aveugle et le crime abject. La mauvaise semence a donné en fait la pire des récoltes... Sans commentaires. Sid-Ahmed Hadjar
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