Actualités : PROJET DE LOI PORTANT ORIENTATION AGRICOLE
Benaïssa subit l’épreuve parlementaire


C’est un texte sujet à vive critique parlementaire que le désormais ex-ministre de l’Agriculture, Saïd Barkat, a légué à Rachid Benaïssa, son successeur à la tête du secteur. Le projet de loi portant orientation agricole, soumis depuis hier à débat au niveau de l’Assemblée populaire nationale, n’a pas été exempt de reproches parlementaires.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - l’espace d’une plénière, même le député Allioui, également secrétaire général de l’UNPA, s’est découvert des aptitudes à la discordance d’avec le correctement admis chez les partenaires de l’Alliance présidentielle. La raison est qu’il trouve le projet de loi en question alourdi par le trop de renvois aux textes réglementaires à promulguer ultérieurement. Cela l’a tellement exaspéré qu’il a poursuivi sa dénonciation dans les travées de l’Hémicycle. Sur les 92 articles qui structurent le projet de loi, pas moins de 24 renvoient à des dispositions réglementaires. Ce qui a fait dire à un député que ce projet de loi est un projet fantôme. Allioui s’est montré particulièrement soucieux par rapport à la durée du régime de concession des terres agricoles relevant du domaine privé de l’Etat que le projet de loi fixe à 40 ans. Le député s’est déclaré favorable à une durée de concession de 99 ans. Il a également une vive inquiétude par rapport au haut conseil de l’agriculture, dont le projet de loi renvoie la composition à un texte réglementaire à venir. De son côté, la députée Louisa Hanoune a demandé des explications à propos de la dissolution de 11 Offices nationaux d’aliments de bétail (Onab), même si, relativement au projet de loi, elle a avoué noter une nette amélioration en termes de présentation, tant la commission idoine a transcrit l’ensemble des propositions. Louisa Hanoune a déploré qu’il n’y ait pas eu d’évaluation des différentes politiques agricoles suivies depuis 1963. Le nouveau ministre de l’Agriculture, Rachid Benaïssa, exposant le projet de loi, a indiqué que la superficie globale des terres arables est de 47 millions d’hectares, dont 8 millions d’hectares seulement sont exploités. Ceci pendant que la steppe représente 22 millions d’hectares et les forêts 7 millions d’hectares. Selon le ministre, les exploitations agricoles sont de l’ordre de 1 million, se répartissant entre 710 000 dont la superficie oscille entre 0,5 et 10 hectares, 140 000 dont la superficie varie entre 10 et 20 hectares, 88 000 dont la superficie allant de 20 à 50 hectares et enfin 18 000 dont la superficie va de 50 à 200 hectares. La répartition des terres agricoles par habitant est de 0,25 hectare en 2008 alors qu’elle a été de 0,75 hectare à l’Indépendance. La couverture végétale, elle, avoisine les 11% seulement. Entre autres objectifs de ce projet de loi est celui d’atteindre un taux de couverture végétale de 13%.
Les députés RCD se retirent

Les députés RCD ont quitté bruyamment la séance plénière. A la surprise générale. En effet, les parlementaires RCD étaient inscrits parmi les 87 intervenants lors de cette plénière. La décision de leur retrait des débats a été prise au moment de l’intervention de leur collègue député Hakim Saheb. La raison ? Pendant que Hakim Saheb déclamait son intervention, les caméras de l’Hémicycle cadraient un député du groupe des Indépendants qui devisait avec un collègue. Bien évidemment, cela n’a pas été du goût des députés RCD qui, tout en protestant auprès du président de l’APN, ont quitté la salle des plénières. Dehors, le député Noureddine Aït Hamouda pestait de colère et jurait que cela ne se passera pas comme si de rien n’était. Le député RCD se refusait à croire qu’il se serait agi d’un simple incident technique et, même si c’était le cas, pourquoi cela devait-il arriver au moment où un député RCD prenait la parole ? Censure délibérée ? Certains députés RCD en sont fort convaincus. Mais qu’a dit Hakim Saheb pour se voir ainsi zappé par les caméras ? Dans son intervention, le député Saheb a souligné que 70% des besoins en calories sont couverts par l’importation et que 40% des terres agricoles sont inexploitées. Il a dénoncé la non-évaluation et la non-présentation du bilan du plan nation de développement agricole qui a englouti 340 milliards de dinars entre 2000 et 2006. Ceci alors que l’Algérie continue encore d’importer à raison de 7 milliards de dollars l’an.
S. A. I.



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