
Actualités : FORUM D’EL MOUDJAHID Le multilinguisme au cœur des débats
La proportion de personnes qui maîtrisent suffisamment bien une langue pour participer à une conversation serait très «faible» dans les pays du Maghreb. Wassila Z. - Alger (Le Soir) - L’Algérie, pourtant plus ouverte au plurilinguisme, n’est pas forcément mieux lotie que ses voisins. Ainsi, malgré un enseignement bilingue, l’Algérien ne maîtrise aucune des deux langues ! Constat alarmant que celui dressé par le président de l’Académie de la langue arabe, le professeur Abderrahmane Hadj Salah. Le multilinguisme à l’heure de la mondialisation a été l’objet d’une conférence de presse, animée par ce professionnel hier au Forum d’ El Moudjahid. Dans son intervention, Hadj Salah a déploré la qualité de l’enseignement des langues à l’heure actuelle. Selon lui, cela serait «une véritable catastrophe». Des ingénieurs et des médecins, qui ont suivi leurs études supérieures en français et doivent de ce fait maîtriser au moins deux langues, n’en maîtrisent au final aucune, estime-t-il. Et d’ajouter que le système d’enseignement adopté donne lieu à «des bacheliers qui connaissent mal la langue arabe et ne maîtrisent aucune langue étrangère». D’où l’importance des programmes d’incitation au multilinguisme dès le plus jeune âge. En rappelant le rôle des langues qui constituent un outil absolu pour véhiculer la connaissance, il soulignera qu’une refonte entière du système éducatif, actuellement «inadéquat», s’impose. Le conférencier a, entre autres, insisté sur l’impératif d’établir «un équilibre» en révisant l’enseignement linguistique. De plus, il mettra l’accent sur la nécessité de s’ouvrir au multilinguisme pour éviter de «s’enfermer » dans le monolinguisme qui pourrait s’avérer «nocif». Le président de l’Académie de langue arabe prône la mise en œuvre d'une nouvelle politique linguistique fondée sur le plurilinguisme. Toutefois, il mettra en garde contre l’utilisation des langues étrangères, notamment l’anglais et le français, comme «seules langues» dans l’apprentissage des matières scientifiques et techniques, aux dépens de la langue nationale. L’académicien encourage la combinaison de la langue nationale aux autres langues étrangères pour un apprentissage et une utilisation équitables. En conclusion, Hadj Salah plaide pour un «multilinguisme fonctionnel». Soit une ouverture à d’autres langues, sans perte d’identité. W. Z.
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