mardi 01 juillet 2008
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Actualités : L'Entretien du Mois

«Il faudrait pour le bonheur des États que les philosophes fussent Rois et que les Rois fussent philosophes»
Platon «La République»

Vall, l’homme de la transition démocratique mauritanienne

2ème partie et fin

«Dans les pays démocratiques ou en voie de démocratisation, l’intervention de l’armée, quand le sort de la patrie est en jeu, doit être obligatoirement assujettie ou, à tout le moins, concertée avec les dirigeants légitimes du pays.»

(Entretien avec le Président Ely Ould Mohamed Vall mené par Mohamed Chafik Mesbah)


Bio-Express du président Ely Ould Mohamed Vall

Originaire de la région de l’Inchiri, le président Ely Ould Mohamed Vall est né en 1953 dans les environs de Nouakchott, au cours de l’un des nombreux déplacements de sa famille, à la faveur de l’indispensable transhumance que la famille effectuait pour les besoins de son élevage camelin. C’est en 1960 que sa famille s’établit à Nouakchott alors que son père gérait encore un commerce au Sénégal. Cette année marque, justement, de manière indélébile le président Ely Ould Mohamed Vall puisqu’il passe, sans transition, de la vie nomade à la vie citadine, illustrée, notamment, par son entrée à l’école au moment où la Mauritanie accède à la souveraineté internationale. Il effectue un cycle scolaire primaire normal qui le conduit au collège en 1965-1966. La même année, il participe à un concours d’entrée aux écoles militaires françaises organisé par l’état-major à Nouakchott, avec pour ambition de rejoindre les grandes écoles telles que Saint-Cyr, Ponts et Chaussées, Navale et Polytechnique. Le président Ely Ould Mohamed Vall, qui entre à l’école militaire de Mans l’année scolaire 1966-1967, est réorienté vers l’école militaire d’Aixen- Provence puis celle d’Autin, où il obtient son baccalauréat en 1973. La rupture des accords de coopération entre la Mauritanie et la France qui intervient la même année lui ferme toute perspective d’accéder aux grandes écoles françaises. Il est dirigé, alors, vers l’Académie royale de Meknès, au Maroc, pour suivre une formation d’officier. A l’issue de cette formation, il intègre l’Armée mauritanienne avec le grade de souslieutenant. Tandis que la guerre du Sahara bat son plein, il est muté à Bir Oumgrein, puis, successivement, à Aïn Bentili, Atar, Ouadane, Zouerate, Fdérick, Inal et la Gouéra qui étaient autant de points névralgiques, aux premières loges sur le front de la guerre. Il se fait distinguer par son courage, sa discipline et son sens de la responsabilité et se voit, rapidement, promu à de hautes fonctions de commandement. Il est désigné, tour à tour, commandant de Bataillon motorisé sur le front, commandant du Quartier général de l’Etat-major national à Nouakchott, commandant-adjoint de la 2e Région militaire (Tiris Zemmour), commandant de la 7e Région militaire (Trarza) puis de la 60 Région militaire (Nouakchott)et, enfin, directeur général de la Sûreté nationale toujours en qualité d’officier d’active, et avec le grade de capitaine. Il convient de souligner que dans les différentes régions militaires qu’il a commandées, il présidait de facto la Commission régionale des structures d’éducation des masses et était, donc, la première personnalité militaire et politique dans son territoire de commandement. Tout le long de sa carrière militaire, le président Ely Ould Mohamed Vall est amené à prendre une part active aux interventions successives de l’Armée nationale pour résoudre les crises majeures auxquelles le pays était confronté. En 1978, commandant de Bataillon motorisé, il participe à la démarche qui mit fin à la guerre du Sahara. En 1984, commandant de la 6e Région militaire, il joue un rôle de premier plan au sein du Comité militaire de Salut national. De 1985 à 2005, directeur général de la Sûreté nationale, il joue un rôle déterminant dans la gestion des grandes crises que traverse le pays et parvient à neutraliser les tentatives de coup d’Etat infructueuses qui se succèdent. En 2005, face à l’impasse politique où se trouve la Mauritanie, le président Ely Ould Mohamed Vall décide, avec un certain nombre d’officiers constitués en Comité militaire pour la justice et la démocratie, d’initier le changement qui devait conduire la Mauritanie sur la voie de la démocratie et de l’alternance. Le président Ely Ould Mohamed Vall conduit, avec maîtrise, la période de transition délibérément dont il réduit même la durée. Il engage d’importantes réformes, notamment l’amendement de la Constitution pour limiter le nombre des mandats présidentiels et garantir ainsi l’alternance pacifique au pouvoir. Il mène d’autres actions importantes comme la réforme de la justice, la lutte contre la corruption, le rétablissement des équilibres macroéconomiques et la mise en œuvre de projets économiques structurants. Toutes ces réformes qui ont permis de rétablir la confiance avec les partenaires au développement ont permis l’annulation de la dette multilatérale de la Mauritanie. Après l’élection présidentielle qui se déroule dans une transparence parfaite, attestée par les observateurs nationaux et étrangers et à laquelle il refuse délibérément de prendre part, le président Ely Ould Mohamed Vall prend ses distances avec la politique et se consacre à ses activités dans le cadre des fondations dont il est membre. Il s’agit de la Fondation arabe pour la démocratie que préside l’épouse de l’émir du Qatar où il côtoie d’éminentes personnalités à l’image de l’ancien secrétaire général des Nations-Unies, l’ancien président soudanais, les anciens Premiers ministres de la Culture et de la Science. Il s’agit aussi de la Yasser Arafat Foundation et de la Fondation Jacques Chirac qui compte de grands noms tels Abdou Diouf, Kofi Annan et l’ancien Premier ministre canadien Jean Chrétien. Le président Ely Ould Mohamed Vall est, également, membre du comité d’honneur de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed) aux côtés de Felipe Gonzalez, Joschka Fischer, Hubert Védrine, Alain Juppé et Mouloud Hamrouche. Le président Ely Ould Mohamed Vall consacre l’essentiel de son temps à participer aux nombreux séminaires et colloques internationaux organisés en Afrique et en Europe et où il est invité pour donner des conférences. De même, il est sollicité par des organisations internationales telles que l’Organisation internationale pour la francophonie (OIF) pour des missions de médiation. Le président Ely Ould Mohamed Vall a fait l’objet de plusieurs distinctions nationales et internationales. Il est marié et père de huit enfants.

Mohamed Chafik Mesbah :Venons-en à ce que vous appelez le «changement» du 3 août 2005. Comment expliquez-vous que seules de très rares études de fond aient été consacrées à l’expérience de transition démocratique en Mauritanie malgré son caractère reconnu exemplaire ? Est-ce un défaut de communication des Mauritaniens ou un signe de négligence de l’étranger pour une Mauritanie auparavant réputée sans poids stratégique ?
Président Ely Ould Mohamed Vall :
Je ne partage pas l’hypothèse de cette évaluation. Il me semble que cette expérience a fait l’objet d’une série d’ouvrages, d’articles, de reportages, de rapports et d’études universitaires sans compter sa forte présence dans les thèmes de plusieurs forums nationaux et internationaux. La communauté internationale a manifesté un grand intérêt pour cette expérience démocratique. De même, je ne partage pas votre appréciation sur la réputation de la Mauritanie. Je pense plutôt précisément l’inverse, à savoir que ce pays présente un poids stratégique très conséquent en raison notamment de sa position géographique, du rôle qu’il n’a cessé de jouer à travers l’histoire, de son aura et de son influence culturelle qui ont transcendé son environnement immédiat, mais également au vu de sa diversité, de ses potentialités, de ses ressources et de son appartenance à de nombreuses sphères.
Quelles sont, selon vous, les principales leçons à retenir de l’expérience de transition démocratique en Mauritanie ?
Je crois que la principale leçon à tirer de la transition démocratique en Mauritanie est le fait que les peuples arabes et africains sont parfaitement capables de vivre une démocratie apaisée, dans la cohésion et la concorde, et au sein d’un monde moderne. La propension de certaines élites, ici et là, à ressasser que ces peuples n’ont pas encore la maturité nécessaire pour vivre dans un système véritablement démocratique ne repose, à l’évidence, sur aucun fondement scientifique. Ces peuples n’ont pas besoin de faire le cheminement entier des démocraties occidentales pour parfaire leur propre système. Faisant preuve de pragmatisme, ils peuvent tout autant, et sans contradiction avec leurs propres idéaux, faire «l’économie de l’histoire» et prendre le train à la station où il se trouve.
Revenons sur le rôle de l’institution militaire. Les membres du Comité militaire pour la justice et la démocratie, c’est-à-dire les artisans militaires du renversement du président Ould Taya, semblent s’être contentés, tout le long de cette transition, d’accomplir une mission d’«engineering» politique sans se substituer — ce fut le cas pour les coups d’Etat militaires précédents — aux acteurs réels sur le terrain. C’était, cette fois-ci, une démarche délibérée de votre part ?

Le CMJD a conçu une démarche politique qui consistait à remédier aux causes qui ont toujours été invoquées pour légitimer les coups d’Etat dans notre pays. Par conséquent, il a pensé et élaboré un nouveau système qui fonde les bases permettant au pays de se stabiliser politiquement, de se gérer sereinement ; en un mot, d’asseoir les fondements d’un Etat et des institutions capables de résorber ses problèmes par une gestion politique maîtrisée et non par la violence. Une fois ce système politique soumis à une concertation nationale incluant partis politiques, société civile, syndicats et personnalités ressources, il ne restait plus que la mise en œuvre des instruments de ce processus. Cette mise en œuvre a été supervisée par le CMJD et le gouvernement de transition. Il s’agit d’une démarche parfaitement délibérée dont la vocation essentielle est de légitimer le pouvoir issu de ce processus de manière à lui permettre de fonctionner dans des conditions de réelle démocratie et d’institutionnaliser l’alternance pacifique au pouvoir dans la constitutionnalité et dans la légalité. Après tout, la mission des armées nationales, lorsque leur implication est requise, consiste, en quelque sorte, non plus à se substituer au peuple mais à lui restituer le droit à la parole.
L’une des clefs de la réussite de la transition démocratique en Mauritanie semble tenir à l’adhésion spontanée du peuple mauritanien qui s’est investi dans la démarche engagée par le CMJD. Avec le recul, vous estimez que l’expérience aurait pu réussir sans cette adhésion populaire ?

Non. Il est impossible de conduire à terme convenablement un processus politique sans la concertation et le consensus général. Un tel projet implique invariablement l’adhésion de l’ensemble du peuple. Pour ce qui est du processus engagé à la faveur du changement du 3 août, l’adhésion dont il a bénéficié a été à la mesure du ressentiment populaire et de la demande citoyenne de changement. Ce capital de soutien et d’engagement de toutes les franges sociales a été indispensable pour la réussite de cette expérience qui est l’œuvre du peuple mauritanien dans son ensemble.
L’un des obstacles majeurs rencontrés par le Comité militaire pour la justice et la démocratie semble avoir été la fatuité de la classe politique mauritanienne. Une classe politique décontenancée à l’idée que des militaires la contraignent à s’impliquer dans la vie politique, autrement que par les slogans. Comment êtes-vous parvenu à «redonner à une classe politique amorphe les ressorts de l’action volontaire» ?

Je ne crois pas que la classe mauritanienne soit amorphe. Nous avons une élite politique plurielle et dynamique qui compte des cadres de haut niveau ; une élite qui, à chaque fois que l’occasion lui est donnée, participe par le débat et ne manque pas de formuler son analyse de la situation, son projet pour la société et sa vision de l’avenir. Si cette classe politique a été désemparée à un certain moment, c’est qu’elle s’était retrouvée dans une impasse politique, entravée par un système dans lequel les opportunités de participation étaient limitées. Acquise par essence à un changement qu’elle a longuement espéré, cette élite n’attendait, il me semble, qu’un cadre favorable pour s’investir dans le champ politique. La dynamique constante de concertation, d’échanges et de participation, tout au long de la transition, a servi précisément de catalyseur qui a mobilisé tous les segments de la classe politique mauritanienne.
La Mauritanie, aussi modeste soit son statut, n’en évolue pas moins dans un environnement international. Celui-ci a été, vous l’avez rappelé, d’abord hostile au CMJD avant de finir par adouber l’expérience initiée. Comment êtes-vous parvenu à renverser, ainsi, le rapport de force international ?

Il est tout à fait normal qu’une partie de la communauté internationale exprime sa réticence, voire sa contrariété face à un changement qu’elle n’avait pas initié et peut-être pas prévu. Mais quand des explications convaincantes sur la nature du changement, ses raisons et objectifs, lui ont été apportées, grâce notamment aux missions que nous avons dépêchées à cet effet, quand aussi cette même communauté internationale a pu mesurer l’élan de soutien populaire réel dont bénéficiait ce changement et lorsqu’elle s’est rendu compte de la force des engagements pris par le CMJD et de la volonté réelle de les respecter, la communauté internationale ne pouvait simplement plus ignorer la volonté de tout un peuple.
En ce qu’elle émane d’une volonté strictement nationale et de forces, socialement, enracinées dans le pays, la transition démocratique mauritanienne peut-elle, dès lors, constituer, à votre avis, un modèle de substitution au projet américain de démocratisation forcée des régimes arabes ?

Sur ce point, nous Mauritaniens avons toujours été clairs. Nous nous sommes refusés à ériger la transition mauritanienne en un modèle international. Nous avons également rechigné à donner des leçons aux autres. Nous considérons que la transition a apporté des solutions mauritaniennes à des problèmes mauritaniens. Chaque pays a ses spécificités, ses problèmes et sa propre réalité.
Nous avons insisté sur le rôle circonscrit du Comité militaire pour la justice et la démocratie qui s’est limité à accomplir une mission de régulation politique. Il dispose, néanmoins, à son actif, d’un bilan appréciable jalonné d’actions majeures destinées à rendre irréversible l’avènement du système démocratique. A l’évidence, votre préoccupation principale consistait à passer, au plus tôt, le relais à des instances civiles légitimes, en vous assurant, cependant, qu’elles pourraient gouverner dans la durée…
Nous avons effectivement pris les dispositions nécessaires pour rendre irréversible la dynamique de démocratisation du pays. C’est dans ce cadre que des amendements constitutionnels limitant le mandat du président à cinq ans et le rendant renouvelable une seule fois, ont été adoptés. Des verrouillages constitutionnels supplémentaires ont été apportés, de telle sorte que les dispositions relatives au mandat ne peuvent pas être révisées. Un cadre juridique et institutionnel du scrutin a été défini pour l’organisation d’élections libres et transparentes. A ce titre, une commission électorale nationale indépendante a été instituée, de même qu’une Haute Autorité pour la presse et l’audiovisuel destinée à assurer un accès équitable aux médias publics de tous les candidats et un Conseil constitutionnel pour la validation des candidats et la proclamation définitive des résultats. Toutes ces instances ont été mises sur pied en concertation et avec l’aval de l’ensemble des acteurs politiques. L’administration territoriale en charge de préparer et d’organiser les élections a été instruite pour observer la neutralité la plus absolue. Enfin, des observateurs internationaux issus d’organisations internationales, d’observatoires de la démocratie, de parlements de nombreux pays et d’éminentes personnalités ont pu assister en toute liberté aux opérations électorales à travers le pays.
En tant que militaire, nourrissez-vous un complexe à ce que l’institution militaire intervienne dans la vie politique lorsque le sort de la patrie est en jeu ? Quelle est votre vision du rôle de l’institution militaire dans les pays en voie de démocratisation ?
A l’évidence, un pays ne saurait être considéré démocratique que si les hommes politiques de ce pays ont la capacité de résoudre par la politique les problèmes politiques et si les instances de ce pays ont toute la légitimité démocratique requise. Si de telles conditions sont totalement ou même partiellement réunies, il est certain que toute intrusion de l’armée dans les problèmes politiques est inopportune, parce que de nature à ramener vers un système non démocratique. Dans le cas précité, le devoir de l’armée est de fortifier le régime démocratique en place, même faible, par sa sujétion au pouvoir politique, par sa défense des institutions républicaines et par la confortation de leur rôle en tant qu’instruments au service de la démocratie. Ainsi donc, dans les pays démocratiques ou en voie de démocratisation, l’intervention de l’armée quand le sort de la patrie est en jeu doit être obligatoirement assujettie ou, à tout le moins, concertée avec les dirigeants légitimes du pays.
Que signifie l’esprit de défense à vos yeux ?
Un tel discernement est lié nécessairement à la mission traditionnelle des forces armées et de sécurité dont le rôle dans un pays démocratique est de défendre leur pays contre tout péril extérieur ou intérieur. Dans un pays démocratique, cette action de défense doit se faire dans le cadre de la loi et non en marge de la légalité, ce qui suppose que les objectifs, les méthodes et les buts de cette défense doivent être définis en concertation avec les dirigeants légitimes et exécutés conformément aux lois et règlements du pays. L’esprit de défense, c'est aussi l'esprit de communion qui doit prévaloir dans les rapports de l'armée et des organes de sécurité avec la population.
Nous venons d’évoquer votre souci d’ancrage durable du système démocratique en Mauritanie. Sur le plan institutionnel mais aussi au plan de l’ouverture du champ politique et médiatique, quelles dispositions supplémentaires avez-vous prises en ce sens ?
Sur ce plan, de nombreuses dispositions ont été prises. Je citerai par exemple l’organisation de journées de concertation (NDLR : tenues du 25 au 29 octobre 2005 à Nouakchott en présence de quelque cinq cents personnalités de la société civile) avec tous les acteurs politiques, les nombreux contacts avec les partis, les syndicats, les ONG, l’adoption de textes qui abolissent toute forme de censure des médias qui relèvent désormais du ministère de la Justice et non plus du ministère de l’Intérieur. A cela il faudrait ajouter notamment la création de la Haute Autorité pour la presse et de l’audiovisuel assortie de l’élaboration de nombreux textes consacrant la libéralisation du secteur de la communication.
Le souci de rétablir, sans exclusion, la matrice identitaire de la Mauritanie a constitué un axe essentiel de la démarche du Comité militaire pour la justice et le développement. Qu’il s’agisse de l’interdiction de l’esclavage ou de la réhabilitation de la population noire, vous avez fait preuve, incontestablement, de courage. Etait-ce par conviction ou par calcul politique ?

Nous n’avons jamais rien fait par calcul politique. Notre souci permanent est de voir se construire un Etat dans lequel tous ses citoyens se reconnaissent et où la citoyenneté est la base des rapports des individus avec l’Etat. Il était inconcevable de tenter de créer un Etat démocratique pendant qu’il puisse encore subsister des injustices criantes à l’égard d’un seul citoyen de cet Etat.
Marquons une halte sur le caractère tribal accentué de la société mauritanienne à propos duquel la position du Comité militaire pour la justice et la démocratie semble manquer de clarté. Votre objectif c’était de mettre un terme à cette influence prépondérante de la logique tribale dans le fonctionnement de l’Etat ou, simplement, d’assurer un meilleur équilibre ?

La Mauritanie, à l’instar des autres pays arabes et africains, est une société où l’existence d’entités tribales est une réalité que personne ne peut nier. Mais ces entités tribales ont vu leur influence diminuer progressivement depuis l’indépendance à nos jours. Pour autant, je remarque aussi que cette influence n’existe que dans les domaines où l’Etat fait encore défaut. Cette influence continuera tant qu’il existe un domaine dans lequel elles peuvent avoir une présence politique, économique et sociale en raison de l’absence de l’Etat. L’extinction de ces structures traditionnelles ne peut et ne pourra se décréter par des textes administratifs ou de loi. Seule l’édification d’un Etat fort et à même d’intervenir dans tous les domaines, peut définitivement faire disparaître leur influence. C’est pourquoi nous nous sommes attelés avant tout à créer cet Etat-là.
Quelles sont les actions majeures à retenir du bilan économique et social du Comité militaire pour la justice et la démocratie ?
Je vous en ai cité plusieurs déjà. Il serait fastidieux d’énoncer ici tout le registre des réalisations économiques et sociales. Je mettrai peut-être simplement l’accent sur le fait que c’est la systématisation de la bonne gestion des affaires publiques qui a favorisé un cadre de confiance avec des opérateurs économiques nationaux et internationaux de même qu’elle a contribué à normaliser puis à renforcer nos relations avec nos partenaires au développement. C’est à la faveur de ce nouveau climat de confiance et de transparence que notre pays a pu bénéficier de l’annulation de sa dette multilatérale. Toujours sans être exhaustif, je citerai l’amélioration du taux de croissance, la maîtrise de l’inflation et la croissance du produit intérieur brut. Cela a été rendu possible grâce à la politique économique et monétaire mise en place à la faveur des réformes introduites notamment au niveau monétaire et au niveau des finances publiques. C’est ainsi que toutes les restrictions courantes en matière de change ont été levées, conférant une flexibilité et favorisant une allocation optimale des ressources en devises. Les réformes dans le domaine des finances publiques ont permis la généralisation du transfert du pouvoir d’ordonnancement avec la mise en place de contrôleurs financiers ministériels, la modernisation de la chaîne de la dépense publique grâce à l’introduction d’un progiciel dit Rachad, la création d’un réseau des receveurs des administrations financières, la mise en place d’un identifiant fiscal unique et le renforcement du contrôle de la valeur en douane. Dans le cadre de ces mêmes réformes, les objectifs la Banque centrale de Mauritanie ont été recentrés en vue d’un meilleur maintien de la stabilité des prix tout en garantissant l’indépendance politique, administrative et financière à cette institution. Toutes ces réformes ont viser notamment à initier une tendance vers l’accélération de la croissance et le maintien de la stabilité macroéconomique, l’ancrage de la croissance dans la sphère économique des franges les plus démunies, le développement des ressources humaines et l’expansion des services de base ainsi que l’amélioration de la gouvernance et le renforcement des capacités dans les différents secteurs économiques et sociaux. La bonne performance des recettes à l’époque avait permis de résorber sensiblement l’endettement du Trésor public vis-à-vis de la Banque centrale et des banques primaires. Des projets structurants dans le domaine des routes, de l’hydraulique, de l’énergie, de la santé et de l’enseignement ont été réalisés dans différentes régions du pays. Dans le domaine social, la priorité a porté sur les programmes de lutte contre la pauvreté, la malnutrition, le chômage et l’analphabétisme. Un accent particulier a été mis sur la généralisation des services de base et la garantie d’une meilleure proximité de ces services.
La solidarité, qui devrait profiter aux plus démunis, semble avoir été une préoccupation absente pour le régime déchu. En est-il allé, autrement, durant la transition démocratique ?
La période de transition — en plus des chantiers structurants — a mis l’accent sur la dimension sociale afin de réduire les inégalités et d’améliorer les conditions de vie des citoyens. C’est dans ce cadre que de nombreux projets de lutte contre la pauvreté ont été réalisés, que les salaires ont connu une augmentation de cent pour cent et que les allocations diverses, notamment pour les retraités, ont enregistré des augmentations substantielles. De même, une attention particulière a été accordée à la protection de l’enfance et des personnes handicapées. Sur le registre de l’assurance maladie, il y a lieu de noter que pour la première fois une Caisse nationale d’assurance maladie était devenue opérationnelle. La dimension sociale a été présente et même prépondérante dans les projets conduits durant la transition parce que nous estimons que l’homme est l’acteur et la finalité de toute action de développement.
Bien que nouvel et modeste acteur pétrolier, la Mauritanie semble avoir initié une politique intelligente et courageuse jusqu’à créer un précédent dans ce domaine…

Notre préoccupation majeure a été d’éviter que notre pays se transforme en Etat rentier, tributaire d’une ressource aléatoire et non renouvelable. C’est pourquoi nous avons créé un compte de revenus pétroliers assujetti à des procédures et à des mécanismes rigoureux qui en assurent la transparence et la traçabilité. Ce fonds est destiné à répondre à des besoins de développement dans l’immédiat mais il constitue également une réserve pour les générations à venir. Un comité de surveillance de la gestion de ce fonds a été mis sur pied et des acteurs de la société civile en font partie. Nous estimons que nous n’avons pas le droit de priver les générations futures des ressources de leur pays. Par ailleurs, notre pays a adhéré à l'initiative de transparence dans la gestion des industries extractives. Toutes ces mesures ont été décidées afin d’assurer la plus grande limpidité dans la gestion des ressources pétrolières nationales et de garantir la traçabilité de toutes les opérations y afférentes.
Le Comité militaire pour la justice et la démocratie avait-il conscience de l’état de dégradation gravissime qui frappait l’urbanisme et les infrastructures de la capitale, Nouakchott ? Certains observateurs considèrent que cet état de dégradation est l’illustration parfaite de la trahison de l’élite politique mauritanienne qui n’a cure des conditions de vie de son peuple. Partagez-vous ce jugement ?

Par rapport à cette question, et dans un contexte où, contrairement aux autres capitales maghrébines, le colon n’avait laissé absolument aucune infrastructure, il importe de rappeler que la ville de Nouakchott avait été conçue et planifiée pour abriter vingt mille habitants aux horizons de l’an 2000. Malheureusement, la sécheresse qui a frappé notre pays de 1969 à 1983 a modifié toutes les prévisions. C’est ainsi que, d’une population de quatre-vingt pour cent de nomades nous sommes passés à une population de quatre-vingt pour cent de citadins, en un si court laps de temps. Cet exode rural s’est opéré essentiellement vers la capitale entraînant un développement des bidonvilles. Compte tenu de l’intensité et de la rapidité de ce phénomène, les gestionnaires de la ville n’ont pu planifier l’évolution de la cité que par des régularisations des espaces occupés anarchiquement. Il faut encore préciser que face à un phénomène d’une telle ampleur et aux besoins multiformes que cette situation requerrait, l’Etat, à tout le moins, était assez désarmé. Conscient de cet historique, et pour pallier cette dégradation continue, le gouvernement de transition avait conçu un nouveau plan d’urbanisme pour la ville de Nouakchott qui prévoyait notamment la construction d’un nouveau centre-ville moderne et l'amélioration des infrastructures existantes.
Le Comité militaire pour la justice et la démocratie a-t-il été confronté au phénomène de l’islamisme radical ? Votre qualité d’ancien directeur général de la Sûreté nationale ne vous a-t-elle pas emprisonné dans une vision, excusez le mot, «policière» du phénomène jusqu’à occulter ses fondements d’ordre politique et social ?
Au moment de son accession au pouvoir, le Comité militaire pour la justice et la démocratie était, en effet, particulièrement interpellé par cette question parce que plus de soixante personnes cataloguées islamistes étaient dans les prisons mauritaniennes. D’autres citoyens mauritaniens se trouvaient dans les prisons pour des raisons politiques. L’impératif de réconciliation du pays avec lui-même nécessitait la participation de tous les citoyens au processus démocratique en cours et, partant, l’ouverture d’une nouvelle page sur la base de la promotion des libertés publiques. Il était donc impératif d’examiner attentivement les dossiers de ces personnes cataloguées comme étant islamistes et de confier leurs dossiers à des magistrats compétents de manière à ne pas faire l’amalgame entre les cas à caractère terroriste et ceux de nature politique. Le résultat avait été que sur ces soixante prévenus, moins d’une quinzaine avaient un dossier sérieusement étoffé. Ceux-là furent traduits devant la justice. Tous les autres, c’est-à-dire plus d’une quarantaine, ont été élargis.
Mais cela reste, tout de même, un traitement administratif…

Absolument pas. Qu’appelez-vous traitement administratif ou sécuritaire ? A ce stade-là, ce sont des juges qui ont statué sur le dossier et ils l’ont fait en toute liberté et en toute indépendance. Pour autant, le phénomène du terrorisme qui touche la Mauritanie comme ses voisins et même, au-delà, toute la communauté internationale interpelle, sans conteste, notre pays. Il a touché notre pays avant la transition, pendant la transition et il est en passe de le toucher plus gravement après la transition. Dans la perception de ce phénomène aussi bien que dans son traitement, il convient d’éviter deux erreurs : la première consiste à croire que l’on peut s’en défendre uniquement par le sécuritaire et la seconde consiste à croire que cela n’arrive qu’aux autres. Autrement, les causes profondes de ce phénomène sont diverses ; la pauvreté, l’ignorance et l’injustice figurent parmi ces causes mais l’internationalisation des problèmes de sécurité tout autant. Evidemment, pour faire face à ce phénomène, il est indispensable, parallèlement au traitement sécuritaire, d’engager des politiques économiques et sociales audacieuses, seules à même de tarir les sources de recrutement au profit du terrorisme. Nonobstant toutes les politiques susceptibles d’être engagées et qu’il faut engager, il ne faut pas perdre de vue, cependant, que c’est la capacité d’un Etat à défendre son pays et son peuple contre toutes les dérives que vous évoquez qui reste déterminante. Il est inconcevable, par ailleurs, compte tenu du caractère international que revêt, désormais, ce phénomène, qu’un pays puisse se soustraire à une riposte appropriée de l’Etat laquelle doit s’appuyer sur la nécessaire coopération spécialisée, bilatérale, régionale et internationale… Au demeurant, la société mauritanienne est profondément, existentiellement devrait-on dire, musulmane. Il n’y a nul besoin de lui imposer par la force ce qui constitue déjà sa nature.
Quel est le modèle de développement qui vous semble le plus adapté aux réalités mauritaniennes ? Le modèle socialiste orthodoxe, le modèle capitaliste classique ou le modèle social démocrate ?
J’estime que cette classification des modèles est quelque peu obsolète ou en tout cas très théorique. Aujourd’hui, les modèles politiques et économiques connaissent une certaine uniformisation du fait de la mondialisation. Je pense que le meilleur modèle pour une société est incontestablement celui qui est conforme à ses valeurs, qui lui assure l’harmonie, la cohésion, la stabilité, le progrès et la prospérité. Il reste indéniable, cependant, que le modèle le plus proche des réalités mauritaniennes est le modèle social-démocrate parce qu’il garantit la liberté d’entreprise tout en permettant une présence régulatrice nécessaire de l’Etat. Il est donc préférable de répondre de manière pragmatique aux défis qui interpellent la Mauritanie en restant enraciné dans la matrice identitaire du pays tout en conciliant efficacité économique et justice sociale.
A la charnière de plusieurs mondes, notamment le monde arabe et l’Afrique, la Mauritanie peut aspirer à un rôle diplomatique. Comment le décririez-vous ?
La position géographique de la Mauritanie, son riche ancrage culturel et son appartenance à diverses sphères sont, je le notais, autant d’atouts pour qu’elle soit un vecteur d’échanges et de dialogue. Il est légitime, dès lors, que notre pays veuille bien renouer avec le rôle multiséculaire qui a toujours été le sien. Berceau de vieilles civilisations, carrefour de rencontres et de brassages des hommes et des cultures, terre de dialogue, la Mauritanie a toujours joué un rôle de premier ordre à cet égard. Son influence culturelle s’est étendue au long des siècles au-delà de ses frontières. Au nord comme au sud, son apport reste vivace, d’autant plus qu’un pays peut disposer d’un poids diplomatique plus important que son potentiel économique. Ce capital inentamé et l’appartenance de la Mauritanie à de nombreuses sphères culturelles, politiques et économiques, la prédisposent à jouer un rôle diplomatique de premier plan au service du rapprochement des peuples et des cultures et de l’ancrage de la paix et de la concorde dans le monde. A cet égard, l’équipe du CMJD avait pris acte des impératifs de la mondialisation et sa vision était que le rôle diplomatique de la Mauritanie consiste aussi à concilier les intérêts vitaux du pays et les impératifs sus-évoqués.
Le conflit du Sahara occidental continue de peser de tout son poids sur les relations entre l’Etat du Maghreb. Quelle analyse faites-vous de ce conflit et quelles perspectives de dénouement lui prévoyez-vous ?
Ce conflit n’a que trop duré. Il entrave le développement et l’intégration de cette région. Je pense que la solution consensuelle demeure la meilleure approche pour le résoudre définitivement. Il y va de l’intérêt des parties en conflit et de celui de toute notre région.
L’unité maghrébine, est-ce une chimère ? Sinon, quelle démarche adopter pour y parvenir ?
L’Union du Maghreb arabe est loin d’être une chimère. L’irréalisation temporaire d’un idéal n’entame pas la valeur de celui-ci. C’est, dans ce cas, une aspiration légitime des peuples de la région. C’est aussi un impératif dans le monde actuel qui est marqué par l’apparition de grands ensembles. Il est vrai que cette organisation connaît des problèmes chroniques, mais elle a fait des progrès. Ces structures fonctionnent tant bien que mal et je demeure optimiste quant à son avenir. L’Union européenne a mis une cinquantaine d’années pour voir le jour depuis la création de l’Union des producteurs de l’acier. C’est donc un long chemin ; il nous suffit de persévérer.
L’espace vital de la Mauritanie se rattache, nécessairement, à l’ensemble euroméditerranéen. Quelle est votre vision de la coopération euro-méditerranéenne, ses objectifs et ses modalités organisationnelles ?
Avec les pays de la Méditerranée, nous avons en partage le voisinage, l’histoire et bien entendu les intérêts stratégiques. Aujourd’hui, les pays de la Méditerranée doivent coopérer pour faire face aux questions de développement, d’échanges économiques, d’immigration et de terrorisme. Le dialogue euro-méditerranéen a évolué vers un partenariat qui porte sur des programmes et des actions concrètes. Aujourd’hui, il est question de créer une Union de la Méditerranée. J’estime qu’une telle union est incontournable pour les bassins nord et sud de la Méditerranée, pour autant que nous voulons réellement nous orienter vers des cadres appropriés pour la résolution d’un certain nombre de problèmes politiques, économiques et sécuritaires.
La Mauritanie participe au dialogue méditerranéen qui consacre la présence de l’OTAN au Maghreb et en Méditerranée. Par rapport aux grandes puissances et aux partenaires étrangers majeurs, quelle pourrait être la démarche de la Mauritanie ?
La mondialisation a été accompagnée par le développement de la criminalité transnationale, le développement des réseaux internationaux de drogue, l’intensification de l’immigration clandestine, le terrorisme, la piraterie en haute mer et de nombreux autres problèmes sécuritaires. Ces phénomènes qui dépassent largement le cadre national ne peuvent trouver des solutions efficaces que dans le cadre d’une coopération internationale. L’OTAN présente justement un tel cadre adapté pour ce type de coopération. La Mauritanie doit s’inscrire dans cette approche de coopération internationale avec l’OTAN.
Etes-vous satisfait de l’image que l’opinion publique nationale et internationale retient de l’action du Comité militaire pour la justice et la démocratie et de votre rôle personnel à sa tête ?
Avec le recul, je pense que le peuple mauritanien a exprimé au Comité militaire pour la justice et la démocratie les marques infinies d’estime et de considération tout au long de la période de transition, témoignant ainsi de son adhésion sincère au changement qu’il attendait. Tout le peuple mauritanien, élite politique, cadres, société civile, citoyens ont communié ensemble et porté haut l’ambition de vivre une nouvelle expérience. Notre peuple a eu l’insigne honneur d’avoir été auréolé par l’opinion internationale pour avoir su conduire à terme, dans la transparence et la sérénité, un processus démocratique concerté. C’est là une source légitime de satisfaction et de fierté pour notre pays. Il y a eu, il est vrai, certaines tentatives limitées ou essais infructueux d’écorner cette image, particulièrement sur le plan national et pour des raisons de calculs politiciens. En tout état de cause, nous avons la certitude que plus nous avançons dans le temps, plus cette période s’imposera comme celle d’une expérience qui a été d’un grand apport à notre pays.
De nombreux observateurs considèrent que votre retrait de la vie politique est, sinon, virtuel, du moins provisoire. Vous seriez, en réalité, en position d’attente car vous constituez un recours incontournable en cas de dérapage dans le fonctionnement du système démocratique en Mauritanie. Cette présentation des choses vous indispose-t-elle ?
Ce que je peux vous dire c’est que je serai toujours à la disposition de mon pays et prêt à le servir, sans calcul ni préméditation.
Préférez-vous constituer, seulement, un modèle de leader aimé par son peuple, un mythe à encourager pour entretenir l’imaginaire populaire ?
J’aimerais être ce que je suis, un simple citoyen qui n’a jamais eu pour souci que d’être utile pour son pays de quelque manière que ce soit et quelle que soit la position qu’il occupe.
A quoi consacre son temps, actuellement, le président Ely Ould Mohamed Vall ?

Au-delà d’une activité internationale à laquelle je prends part de temps en temps, des invitations à des colloques internationaux et des missions de médiation pour le compte de certains organismes, je consacre essentiellement le reste de mon temps à la famille, à la lecture et à quelques voyages à l’intérieur du pays.
Vous êtes un lecteur assidu, affirment vos proches. Quelles sont vos lectures préférées ?
Mes préférences vont aux ouvrages d’histoire, de littérature et de politique.
Comme homme d’Etat et comme figure historique, quelle est votre source d’inspiration ?

L’histoire et la culture de mon pays pour l’essentiel et les biographies des hommes d’Etat.
Puisque cet entretien est destiné, en premier lieu, aux lecteurs algériens, quels sont les sentiments que nourrit le président Ould Mohamed Vall pour l’Algérie, ses dirigeants, son élite et son peuple ?

L’Histoire de la lutte du peuple algérien pour son indépendance est une épopée extraordinaire qui a marqué les esprits de tous les Arabes et de tous les Africains. Elle a été une source d’inspiration pour de nombreux mouvements de libération à travers le monde. J’ai également beaucoup d’admiration et de considération pour l’élite de ce pays. Ses efforts visant la construction d’une nouvelle Algérie sont dignes d’estime. L’Algérie est une grande nation. C’est une chance pour ce pays frère et au-delà pour l’UMA et pour l’Afrique. Je souhaite sincèrement que le peuple algérien persévère dans cette voie de construction, dans la paix et la concorde sociale.
Propos recueillis par MCM

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