|
«El Tarf. Des femmes barrent la route au wali.»
Le veinard !
Il est gentil Boukerzaza ! Sans se démonter, sans trébucher sur les mots, le
porte-parole du gouvernement a répondu aux journalistes qui l’interrogeaient sur
les retards dans l’exécution du programme de Abdekka : «Tout va bien ! » Y
aurait eu un orchestre dans les parages, il lui aurait ordonné d’exécuter sur
place «la marche triomphale». Je ne sais pas où Boukerzaza est allé chercher ce
«tout va bien» ? Dans quel film pas encore tourné il l’a croisé ? Dans quel
livre pas encore écrit il l’a lu ? Mais j’ai l’impression qu’il est bien le seul
à diagnostiquer un aussi tonitruant «tout va bien» pour un programme malade,
grabataire, en phase de choisir entre l’accompagnement médicalisé en douceur ou
l’euthanasie brutale et immédiate. Il devrait y avoir des instances habilitées à
sanctionner un responsable, quel qu’il soit, qui prononcerait cette sentence,
«tout va bien», à propos du quotidien des Algériennes et des Algériens. Il faut
militer pour intégrer dans le code pénal le délit de «tout va bien». Les juges
devraient être instruits pour punir avec la plus extrême sévérité la ou les
personnes qui lanceraient à la face de désespérés cette mention assassine et
sadique, «tout va bien ! ». Ben, non M’sieur le porte-parole du gouvernement !
Dans leur monde à eux — et dont visiblement vous ne portez pas la parole — les
citoyens n’ont, eux, qu’une seule sentence dans la bouche : «Tout va mal !»
Alors ? Par quel phénomène bizarre vous et la poignée de dirigeants dont vous
portez la parole affirmez que «tout va bien» alors que 35 millions d’individus
moins vous jurent que «tout va mal» ? Y a forcément l’une des deux parties qui
ment ou, du moins, qui délire grave. Laquelle ? Le petit groupe ? Ou les 35
millions restants ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
|