samedi 05 juillet 2008
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Actualités : DIXIÈME JOURNÉE DE DÉONTOLOGIE MÉDICALE
«15 médecins purgent des peines de prison»


«Médecine et nouvelles technologies de l’information et de la communication.» C’est le thème retenu par le conseil national de déontologie médicale pour la 10e journée de déontologie médicale organisée mercredi dernier à Constantine. Durant cette journée, les participants ont abordé, en plus de la thématique principale de ce séminaire, des sujets ayant trait à la formation à distance, la sécurité sociale et également le médicament générique.
Aussi, le président de l’Ordre national des médecins, le Dr Bekkat Berkani, a tenu un point de presse en marge des travaux de cette journée où il a parlé des positions de son instance, chargée essentiellement de donner la qualification aux médecins éligibles à pratiquer la profession, par rapport à l’état actuel du système national de santé. Il fustigera notamment les médecins en exercice dans le secteur public et qui jugent «inutile» l’inscription au tableau de l’Ordre des médecins. «Nous constatons une déperdition (médecins non inscrits sur le tableau de l’Ordre) d’environ 10% parmi les praticiens du secteur public mais, d’ici le mois de novembre, nous allons engager des actions plus strictes surtout vis-à-vis de leur employeur pour les obliger à se conformer aux réglementations en vigueur parce que, seul l’Ordre des médecins peut statuer sur les qualifications de ces médecins et le fait d’avoir un diplôme ou exercer dans un hôpital public ne veut rien dire» dira-t-il. M. Bekkat, qui a souligné la caducité de la législation algérienne encadrant la santé publique en générale, a, en effet, insisté sur la nécessité de l’abroger afin de pouvoir prendre en charge l’ensemble des évolutions enregistrées dans notre société. A ce sujet, il a recommandé l’organisation d’assises nationales sur la santé pour discuter de l’avenir de notre système de santé à la lumière de ces évolutions qui constituent, selon ses termes, un mouvement d’ensemble à agencer. Et de donner pour illustrer cet état de fait l’exemple de la permission aux spécialistes et aux chirurgiens du secteur public d’exercer, deux après-midi par semaine, dans des cliniques privées. A ses yeux, il est temps de bannir cette mesure puisque, ajoute-t-il, rien ne la justifie maintenant à partir du moment où l’Etat, qui n’avait pas les moyens de leur donner satisfaction, salariale notamment, jouit actuellement d’une aisance financière confortable et peut, de facto, les satisfaire et mettre fin à cette «malaxation » entre le public et le privé qui n’a pas réussi l’effet escompté. Sur un autre chapitre, le président de l’Ordre national des médecins a évoqué, dans la foulée de ses réponses, s’agissant de la formation continue pour les médecins, l’idée selon laquelle il serait plus adapté de concevoir une sorte de «permis à points» pour les médecins. C’est-à-dire, revoir périodiquement les qualifications de ces derniers et ceux qui sont aptes à pratiquer la médecine à un moment donné ne le seront pas forcément dans quelques années. «C’est ainsi que nous pouvons réduire la marge d’erreurs dans l’exercice de la profession » avancera-t-il. Dans ce sens, il a indiqué que son ordre avait traité 500 plaintes contre des praticiens durant les trois dernières années et ce, malgré le fait que les Algériens sont beaucoup plus enclins à porter leurs préoccupations devant les tribunaux et cours de justice en vue de chercher des indemnisations matérielles que de saisir des instances de déontologie. En fait, si l’Ordre des médecins s’est contenté de «distribuer» des avertissements ou des blâmes dans le pire des cas, la justice, par ailleurs, a décidé d’écrouer un nombre de médecins. 15 praticiens, précise-t-il, purgent actuellement des peines, parmi lesquels des psychiatres ayant délivré des ordonnances de complaisance et d’autres ayant dirigé des avortements. Enfin, il a beaucoup plus disserté sur les actes médicaux qu’autre chose. A ce titre, le Dr Bekkat a dénoncé l’asservissement des médecins par certains laboratoires pharmaceutiques. «C’est vrai que le médecin est indépendant dans l’établissement de l’acte médical mais la vente concomitante est intolérable. Quelque part, c’est de la corruption. Idem pour les pharmaciens qui n’ont pas encore le droit de substitution aux médecins dans l’exécution des ordonnances médicales» s’indignera-t-il. «Financer des stages pour certains médecins afin de promouvoir, pour des raisons financières, des produits sur le dos des malades ou de faire du marketing pour telle ou telle firme est strictement interdit. Il faut qu’il y ait une transparence de ce côté-là» conclut-il. Il convient de noter qu’une conférence portant sur l’expérience française des médicaments génériques a été donnée par A. Certain et E. Orru-Bravo du CHU Bichat Claude Bernard de Paris dont il est à retenir l’institution du TFR (tarif forfaitaire de remboursement) en 2004. Il s’agit de l’alignement de la valeur remboursée pour la même molécule que ce soit d’un produit générique et de princeps. Une mesure qui a permis d’augmenter la part du générique dans le marché, réaliser une baisse significative des prix du médicament de princeps et réduire la facture des soins.
Lyas Hallas

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