La population du village Ighraïne, commune d’Idjeur, 60 km à l’est de Tizi-Ouzou, s’est mobilisée mardi matin pour fermer le siège de l’APC, ultime recours, indiquent les villageois, pour faire entendre raison aux autorités locales restées, d’après eux, sourdes à leurs revendications qui concernent des anomalies relevées sur des projets d’utilité publique. Mercredi, ils ont carrément installé une tente devant l’enceinte de l’institution pour se prémunir du soleil brûlant mais surtout «devant l’indifférence des autorités». Le bureau de poste compris dans cette enceinte a également fait les frais du blocage de l’APC. En tête des revendications, le projet de réaménagement du stade, dont les anomalies ont été constatées par un huissier de justice. Les citoyens qui craignent également des risques de MTH au niveau de la conduite d’AEP menacée, selon eux, par un réseau d’assainissement, soulèvent des irrégularités dans le projet de caniveaux «au mépris d’un PV de 2005 prévoyant de recouvrir le tronçon en dalles de béton armé», tout comme ils indexent le réseau d’assainissement et évoquent le projet du cimetière des chouhada et l’inexistence de ralentisseurs sur le chemin communal traversant leur village. Arguant être en possession de toutes les pièces justificatives prouvant leur requête, ils déplorent, dans une correspondance adressée au chef de daïra et transmise aux plus hautes autorités du pays, le refus par les services concernés de l’APC de leur transmettre les fiches techniques pour information et collaboration après avoir «détecté plusieurs anomalies d’exécution», tout comme ils déplorent «le refus catégorique» par le P/APC de prendre en charge leurs doléances, ce qu’ils assimilent à une fuite de responsabilités «comparativement au cahier des charges des marchés publics et aux fiches techniques». Le P/APC soutient pour sa part n’avoir jamais fermé les portes du dialogue et qu’il n’a jamais été question d’autres revendications mise à part celle du projet d’aménagement du stade. Selon lui, le village manifeste pour obtenir un changement d’intitulé du projet pour le transférer en projet de terrassement grande masse, chose qui n’est pas dans les attributions de l’ APC en tant que maître d’œuvre. Tout comme il affirme que l’entreprise a reconnu les erreurs constatées sur PV et qu’elle s’engage à refaire les travaux conformément à la fiche technique. L’empêchement de l’entreprise par le village n’est pas une solution, selon lui, car dans ce cas l’APC devrait alors lui payer sa feuille d’attachement. Concernant le caniveau, le maire relève que c’est un projet sectoriel alors que l’assainissement est un projet de 2006 relancé en dépit de multiples oppositions. Pour mettre fin à son action, le village Ighraïne exige une commission d’enquête «afin de situer les responsabilités et prendre les mesures appropriées pour arrêter la dilapidation des deniers publics». S. Hammoum
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