samedi 05 juillet 2008
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Vox populi : MONSIEUR TOU ET LE BERKOUKÈS

Dans nos hôpitaux, tout le monde sait que depuis l’arrivée d’Amar Tou à la tête du ministère de la Santé, il est strictement interdit de faire entrer des plats cuisinés à l’extérieur et même des effets de couchage pour un malade hospitalisé. La note émanant de la tutelle est claire là-dessus.
Cela suppose que durant son séjour dans un établissement hospitalier, le patient algérien n’a nullement besoin de ses proches pour être entièrement pris en charge en matière de soins, de nourriture et de literie bien évidemment. Malheureusement, la réalité est toute autre et les choses ne se passent pas comme elles devraient normalement se passer. Car une fois admis à l’hôpital, le patient apprend à ses dépens que les draps mis à sa disposition, quand ils ne sont pas en loques, ne sont pas aussi blancs qu’on le prétend. Quant à la nourriture, il vaut mieux ne pas en parler et laisser le puits avec son couvercle comme dit un adage de chez nous. Aujourd’hui, pour avoir vécu lui-même l’expérience ou avoir assisté un ami ou un membre de sa famille, tout Algérien est au courant de la piteuse prestation et la cahotique prise en charge qu’assurent nos hôpitaux aux malades. Ceci étant, et pour avoir vécu personnellement l’expérience, j’ai dû vérifier récemment cet état de faits et la triste réalité dans laquelle se débattent les malades dans nos structures hospitalières. Au CHU M., la prise en charge des malades n’est pas aussi reluisante qu’on laisse entendre. A l’heure de la visite, devant la porte principale, les agents de sécurité veillent au grain. Les couffins, les sachets et même les sacs des dames n’échappent au contrôle de peur qu’un anonyme patient puisse «illégalement » profiter d’un repas que sa famille lui aurait copieusement préparé. Alors rien ne filtre et les malades restent sur leur faim. Quelques quarts d’heure plus tard, à l’heure du dîner, les patients tous sans exception ni distinction aucune (opérés ou devant l’être incessamment), ouvrent droit à une louche de «berkoukès» ou de «tchaktchouka», sans plus. Un repas qu’un bagnard refuserait. Le lendemain, comme tous les matins, les blouses blanches passent dans les chambres des malades pour leur prendre la température et la tension. Histoire peut-être de vérifier si le «menu» de la veille a eu de l’effet sur l’organisme du malade. Néanmoins, il ne faut surtout pas nier que nos hôpitaux regorgent de compétences. Des professeurs de renom, des médecins de talent, un corps paramédical hautement qualifié y exercent et ne ménagent aucun effort pour le bien de leurs semblables. Le hic réside malheureusement dans le mode et la façon dont sont gérées nos structures hospitalières. Disons, enfin à Monsieur Tou, qu’il est grand temps de revoir sa politique. Il a peut-être une fausse idée sur le fonctionnement des hôpitaux et la prise en charge des malades.
Ali Sebaâ
P. S. : Cet article a été écrit avant le dernier remaniement ministériel.

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