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Tayeb Belaïz, ministre de la Justice : «Il n’y a pas
de prisons secrètes en Algérie.» En même temps
s’il avait reconnu leur existence, elles…
…ne seraient plus secrètes !
Le 2 juillet, des enseignants algériens se font bastonner et embarquer par la
police algérienne, dans une ville algérienne, sous le drapeau algérien. Et le 5
juillet, aujourd’hui donc, des mecs (des nanas aussi, au demeurant) vont monter
à une tribune nous dire comme il est bon de vivre indépendants et libres du joug
colonial. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve qu’entre le 2 juillet et
le 5, y a un truc qui cloche. Un machin qui passe mal. En 1962, l’une des plus
grosses épreuves qu’il nous a fallu traverser, c’était le manque de profs. A
tous les niveaux. En partant, Fafa a pris ses maîtres d’école, ses enseignants
et ses profs d’université. Il a fallu faire avec ces départs massifs. En formant
à tour de bras. Plus de quarante ans après, c’est à bras raccourcis que les
brigades anti-émeutes tombent sur ces mêmes enseignants et sur leur relève.
Cette image d’une matraque qui s’abat sur une «oustada » m’accompagnera toute la
journée. Elle sera là lorsque Abdekka reviendra sur l’épopée héroïque. Elle sera
là lorsqu’il procédera à des inaugurations, poussant des petits rideaux qui
révéleront des écrits vantant tel chahid et telle bataille, cimentant
symboliquement avec sa petite truelle à manche doré une stèle à la mémoire des
héros. Cette image de maîtres d’école menottés et embarqués dans un panier à
salade sera aussi là lorsque le défilé des officiels «encostumés» jugera
fidélité au message du 1er novembre et conclura à la dignité enfin retrouvée. Au
moment où l’Algérie fête le 5 Juillet, date de son indépendance, des
enseignants, parmi lesquels des profs d’histoire, pansent leurs bleus. Aux corps
et aux cœurs meurtris. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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