
Culture : ATELIERS DE CINÉMA À BOUZEGUÈNE Habiba Djahnine et Bahia Bencheikh Lefgoun sèment la passion du septième art
Deux passionnées de cinéma, Habiba Djahnine, organisatrice de rencontres cinématographiques, consultante et poétesse, et Bahia Bencheikh Lefgoun, assistante à la réalisation, ont encadré du 25 au 30 juin un stage de cinéma à Bouzeguène au profit de douze stagiaires dont quatre filles. Ces ateliers de cinéma qui entrent dans le cadre des activités du cinéclub de l’association Igelfan, en collaboration avec Cinéma et Mémoire de Béjaïa, ont failli ne pas avoir lieu faute de salle. L’exécutif communal ayant refusé de délivrer l’autorisation d’accès au centre culturel pour cette activité bien culturelle. L’événement a été sauvé in extremis par le comité de village et l’association sportive de Wizgan qui ont mis à la disposition des organisateurs leurs moyens et le centre historique Colonel-Mohand-Oulhadj, un projet à la traîne accordé par le chef de gouvernement Ghozali en 1991 et qui en est encore à 30 % à peine des travaux, 17 ans après son lancement. Ce que déplorent bien évidemment les citoyens qui indiquent que leur structure sera ouverte à toute initiative culturelle. Les matinées étaient réservées aux aspects théoriques de la formation portant sur le langage cinématographique, le cinéclub, les métiers du cinéma avec simulation d’un plateau de tournage et les après-midi aux projections publiques avec une assistance fournie d’hommes, de femmes et d’enfants, suivies de débats. Lettre à ma sœur de Habiba Djahnine — documentaire qui sera projeté incessamment en Argentine — a été réalisé en 2005 en réponse à sa sœur Nabila, présidente de l’association Tighri N’tmetut assassinée à Tizi-ouzou le 15 février 1995. Il a fait l’objet de riches débats avec la réalisatrice qui a tourné quelques séquences à Ahrik (Bouzeguène). Tout comme Bamako de Abderrahmane Sissako, Je suis celle qui porte les fleurs sur sa tombede Hala Alabdalla, Algérie d’autres regards de Raphaël Pillosio, Amel du Marocain Ali Benkirane. Deux courts métrages, le labyrinthe des sentiments d’Omar Amroun et Yiwen Niddden de Smaïl Messaoudène, film qui a obtenu le Taghit d’or, ont été également projetés en présence de leurs réalisateurs. La dernière journée a été consacrée au bilan des ateliers à l’issue d’une randonnée pédagogique sur les hauteurs d’Ath-Zikki avec la bienveillante collaboration de l’APC et de la Maison de jeunes de cette commune voisine. Venues apporter l’amour du cinéma à Bouzeguène, Habiba et Bahia sont reparties avec l’amour des gens… S. Hammoum
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