
Régions : BOUIRA La RN15 bloquée pour une banale histoire
Tout a commencé lorsque le directeur des services agricoles de Bouira, soupçonnant de mauvaise foi les déclarations des parcelles ayant bénéficié d’aide dans le cadre du FNRDA, au niveau de la commune d’Aghbalou, 70km à l’est de Bouira, a ordonné, au mois de mars dernier, la constitution de brigades pour vérifier sur le terrain la véracité des déclarations. Etant situées en haute montagne, les parcelles de la commune d’Aghbalou, déclarées au niveau de la subdivision et qui sont «candidates» aux aides dans le cadre du FNRDA, sont difficiles à identifier ni même à être vérifiées sur terrain. De fait, la DSA s’est retrouvée avec des dossiers d’aide pour une superficie de plus de 1 400 ha alors que la superficie réelle existante ne dépasse pas les 600 ha. Le problème est très grave ; l’Etat allait donner de l’argent pour des parcelles imaginaires. Pour régler définitivement ce problème, le DSA a décidé d’installer des brigades qui se déplaceraient sur les lieux pour vérifier la parcelle et la délimiter. Et pour plus de sécurité et éviter tout amalgame entre une parcelle et une autre, et sachant que les aides concernent dans la majorité des cas les tailles de régénération et les cuvettes pour les oliviers, le DSA a donné des instructions aux brigades pour le marquage des oliviers et leur dénombrement. Ayant pris connaissance de cette décision, des dizaines de paysans d’Aghbalou ont envahi la subdivision de M’chédallah et l’ont fermée. Les uns estimaient innocemment que la DSA ne devait pas se douter de leur bonne foi mais beaucoup d’autres avaient agi par ruse pour éviter d’être débusqués. Poussant l’audace plus loin, les agriculteurs ont carrément exigé le départ du subdivisionnaire qui aurait traité quelques-uns de voleurs, coupable, selon eux, de mauvaise conduite envers eux. Pour apaiser la tension, le DSA a mis en congé spécial le subdivisionnaire et envoyé à sa place une autre personne. Or, malgré ce remplacement, et voyant que le principe de marquage n’a pas été abandonné, des agriculteurs ont organisé un rassemblement à la mi-juin devant le siège de la DSA avant de se diriger vers le cabinet du wali pour exiger l’abandon de cette option de marquage. N’ayant pas eu gain de cause, les agriculteurs ont décidé ce mercredi de passer à la vitesse supérieure en fermant la RN15 reliant la RN5 à Béjaïa au niveau du pont de Raffour sur les limites entre M’chédallah et Chorfa. Pendant toute la matinée et jusqu’à 15 h, des centaines de véhicules allant ou venant de Béjaïa et Jijel ont été bloqués. Les agriculteurs, malgré la présence sur les lieux des trois P/APC de M’chédallah, Aghbalou et Chorfa, n’ont rien voulu savoir. Ils exigeaient toujours la suppression de la décision de marquage des oliviers. Après plusieurs heures de pourparlers au niveau du siège de la daïra de M’chédallah, entre les trois P/APC sus-cités, le DSA, le chef de daïra et les représentants des agriculteurs d’Aghbalou, un compromis a été enfin trouvé : la DSA abandonnera le principe du marquage des oliviers et les représentants des villages au niveau de la commune d’Aghbalou vont devoir accompagner les brigades de l’agriculture afin d’identifier les parcelles et éviter les doubles et triples déclarations. Après cette décision, les agriculteurs protestataires ont rouvert la voie à la circulation. Y. Y.
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