dimanche 06 juillet 2008
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Actualités : RÉSULTAT DE LA BAISSE DES PRIX
La pomme en crise ?


Après les producteurs de pomme de terre, c’est au tour de ceux qui cultivent les pommes de se plaindre de l’effondrement des prix. Ces derniers commercialisent actuellement leur production au niveau des marchés de gros entre 20 et 35 DA le kilogramme, soit une baisse de 50% par rapport à l’année dernière à cette même période.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Une situation qui s’explique par la surproduction et l’abondance des pommes. En effet, encouragés par la tendance haussière de l’année dernière, beaucoup de propriétaires de vergers se sont lancés dans la plantation de pommiers sans compter que l’accalmie connue par la région de Larbaâ et de Sidi Moussa a poussé beaucoup de propriétaires de terrains agricoles à reprendre leurs activités après plusieurs années d’arrêt forcé dû au terrorisme qui avait dévasté la région. C’est du moins le constat que font les premiers agriculteurs concernés rencontrés hier à Larbaâ. «Par rapport à l’année dernière, il est vrai que nous travaillons moins bien. L’année dernière, on vendait les pommes au marché de Bouinan (ex-Rovigo) à 40 DA pour la catégorie 0 et plus de 50 DA pour le gros calibre appelé 00. Cette année, il y a trop de pommes et ceux qui ont misé sur cette filière ne réaliseront pas beaucoup de profit», dit l’un d’entre eux. Les agriculteurs sont-ils pour autant en crise comme leurs compères de la filière pomme de terre ? Non, répond un autre agriculteur résigné qui dit que «lorsqu’on choisit de faire de l’agriculture, on accepte de prendre des risques. Ce n’est pas une science exacte et on ne peut pas être assuré de gagner à tous les coups. Il faut accepter le fait que certaines années, c’est moins rentable que d’autres». Une situation dont ne se plaindra certainement pas le consommateur qui, il y a si peu de temps encore, payait au prix fort les fruits sous prétexte de leur rareté dans un marché totalement désorganisé et en proie à des crises cycliques. De l’avis même des premiers responsables du commerce, les marchés de gros ne répondent à aucune norme et sont souvent à la base de la totale anarchie qui finit par toucher tous les maillons de la chaîne. L’Algérie ne dispose, en effet, que de 42 marchés de gros opérationnels et 9 sont en projet. Sur ces 42 structures, 3 seulement peuvent être considérées comme des marchés de gros. Il s’agit de ceux de Hattatba, de Mostaganem et de Constantine. Ces structures demeurent insuffisantes pour couvrir et organiser le maillage de tout le territoire national, sans compter que lorsque les spéculateurs de tout genre s’en mêlent, plus rien ne va.
N. I.

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